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Bulletin du Cancer

Le JM216, un dérivé du platine actif par voie orale Volume 87, numéros 7-8, Numéro double 7 - 8, Juillet -Août 2000

  • Auteur(s) : Amélie Lansiaux, Christian Bailly , Laboratoire de pharmacologie antitumorale du centre Oscar-Lambret, et Unité 524 Inserm, place de Verdun, 59045 Lille Cedex, France.
  • Page(s) : 531-6
  • Année de parution : 2000

Le platine est un métal précieux à bien des égards, particulièrement en oncologie. Le cis-diaminodichloroplatine (II), dénommé cisplatine (figure 1), était connu des chimistes en tant que chlorure de Peyrone, environ 120 ans avant la découverte fortuite, dans les années soixante, de ses activités bactériostatiques et cytotoxiques [1]. Depuis 1974, ce composé joue un rôle majeur en chimiothérapie antitumorale pour le traitement des cancers des voies aérodigestives supérieures, du poumon, de la vessie, des ovaires et des testicules. Mais son efficacité clinique s’accompagne de toxicités rénales gastro-intestinales et neurologiques importantes. Pour tenter de réduire ces effets nocifs indésirables, de nombreux analogues du cisplatine ont été développés et testés au cours des vingt dernières années. Au début des années quatre-vingt, le carboplatine (Paraplatine®, figure 1) a rejoint l’arsenal des médicaments anticancéreux. L’efficacité thérapeutique de ce dérivé de deuxième génération est semblable à celle du cisplatine et ses toxicités rénales et neurologiques sont plus faibles [2]. Le carboplatine (figure 1) est désormais prescrit en première intention pour le traitement des patientes atteintes de cancer ovarien avancé. Dans les cancers colorectaux et dans de nombreux protocoles de chimiothérapie, il tend à supplanter le cisplatine. Néanmoins, en dépit de l’intérêt indéniable et persistant du cisplatine et du carboplatine, de nombreux cancers présentent une résistance intrinsèque ou acquise à ces dérivés du platine, administrés par voie intraveineuse. C’est pourquoi l’oxaliplatine qui ne présente pas de résistance croisée expérimentale au cisplatine est prescrit dans les tumeurs coliques résistantes au cisplatine. De ces trois dérivés, le JM216 s’apparente davantage à l’oxaliplatine.

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