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Bulletin du Cancer

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Le coût de la chimiothérapie Volume 90, numéro 11, Novembre 2003

Auteurs
Service d‘information médicale, Service d‘études et de recherche en économie de la santé, Institut Gustave‐Roussy, 39 rue Camille‐Desmoulins, 94805 Villejuif Cedex
  • Mots-clés : cancer, chimiothérapie, molécule onéreuse, coût, financement
  • Page(s) : 976-82
  • Année de parution : 2003

En France comme à l‘étranger, les dépenses liées au cancer, et plus particulièrement à la chimiothérapie, ne cessent d‘augmenter d‘année en année depuis 1990. Selon une étude de l‘assurance maladie, les dépenses remboursées liées au cancer atteignaient 3,7 milliards d‘euros pour l‘année 1994 pour le régime général et 5,3 milliards d‘euros pour l‘ensemble des assurés sociaux (8 % du total du budget de la branche maladie). Deux études réalisées en 1996 et en 1999 à partir des données du Programme médicalisé des systèmes d‘information (PMSI) suggèrent que le cancer génère 15 à 25 % des séjours hospitaliers dans les structures publiques et privées participant au service public hospitalier. La dépense hospitalière correspondante (toutes structures confondues) est évaluée à environ 6 milliards d‘euros représentant un sixième des dépenses hospitalières totales. La chimiothérapie représente 16 à 18 % de cette activité (1,4 milliard d‘euros en 1999) et cette part est croissante. Si on utilise une méthode d‘estimation directe des ventes pharmaceutiques en se fondant sur les données publiées par l‘Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), on peut estimer que le coût des médicaments anticancéreux (antinéoplasiques, antiémétiques et antianémiques) s‘élevait à 1 milliard d‘euros pour le marché hospitalier en 2002 (32 % du marché pharmaceutique hospitalier). La dépense de ville imputable à la chimiothérapie était faible : 438 millions d‘euros en 2000 (3 % du marché officinal). En 2002, on peut considérer que le coût global des médicaments anticancéreux avoisinait 1,5 milliard d‘euros et représentait 1,4 % des dépenses totales de santé et 1,7 % des dépenses hospitalières. Outre le prix des molécules innovantes, l‘augmentation de l‘incidence des cancers, le vieillissement de la population et l‘évolution des prescriptions sont des facteurs explicatifs de l‘augmentation des dépenses liées à la chimiothérapie et plus globalement au cancer. Les dépenses liées aux médicaments anticancéreux ont un poids croissant dans le budget des établissements sous dotation globale de financement. Le système de tarification complexe de la chimiothérapie en France a certainement des conséquences sur la répartition des modes de prise en charge (hospitalisation de jour et hospitalisation conventionnelle) et entre les secteurs public et privé. ▴