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Bulletin du Cancer

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La résistance multicellulaire : un autre mécanisme de résistance pléiotropique ? Volume 85, numéro 9, Septembre 1998

Auteurs
  • Mots-clés : résistance multicellulaire, multidrug resistance (MDR), sphéroïdes, métastases, glycoprotéines P.
  • Page(s) : 785-93
  • Année de parution : 1998

Des cellules cultivées sous forme de sphéroïdes montrent une hétérogénéité similaire à celle observée dans les tumeurs in vitro. Dans les couches superficielles des sphéroïdes, les cellules prolifèrent, dans les couches plus profondes elles sont hors cycle, alors que dans le centre elles forment un noyau nécrotique. Une résistance multicellulaire apparaît dans les sphéroïdes, elle résulte du contact des cellules avec les voisines (cellules homologues ou hétérologues) et/ou avec la matrice extracellulaire. Le mécanisme de cette résistance n’est pas connu ; néanmoins, on peut penser qu’il est lié à l’hypoxie du centre du sphéroïde, à la quiescence d’une grande partie de la population cellulaire et à l’inhibition de l’apoptose due au contact cellulaire. Les mécanismes « classiques » ou « unicellulaire » de la résistance, comme mdr1 ou MRP, peuvent coexister avec la résistance multicellulaire, mais ils ne sont pas responsables de cette résistance. Le modèle de culture en sphéroïdes représente une opportunité pour étudier un type de résistance qui ressemble beaucoup à la résistance observée in vivo chez la souris et chez l’homme. Une nouvelle classe d’agents thérapeutiques est apparue, elle réussit à reverser cette résistance multicellulaire, à inhiber la croissance tumorale et à éviter les métastases. Le mécanisme d’action majeur de cette nouvelle classe pharmacologique est la rupture des forces intercellulaires d’adhésion. Les résultats préliminaires obtenus chez des patients avec ces nouveaux agents sont tout à fait prometteurs.