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Bulletin du Cancer

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La densité mammaire : un biomarqueur pour mieux comprendre et prévenir le cancer du sein Volume 93, numéro 9, Septembre 2006

Auteurs
Unité de recherche en santé des populations (URESP), Centre hospitalier affilié universitaire de Québec, 1050 chemin Sainte-Foy, Québec, Qc, Canada G1S 4L8, Centre des maladies du sein Deschênes-Fabia, Centre hospitalier affilié universitaire de Québec, 1050 Chemin Sainte-Foy, Québec, Qc, Canada G1S 4L8, Département de médecine sociale et préventive, Université Laval, Québec, Canada G1K 7P4, Institut national de santé publique du Québec, Systèmes de soins et services, 945 avenue Wolfe, Québec, Qc, Canada G1V 5B3
  • Mots-clés : densité mammaire, cancer du sein, prévention, vitamine D, calcium, facteurs de croissance analogues à l’insuline, polymorphismes génétiques
  • Page(s) : 847-55
  • Année de parution : 2006

Au Québec, le cancer représente maintenant la principale cause de mortalité. Ce programme de recherche épidémiologique a deux volets. Le premier, réalisé à l’Institut national de santé publique du Québec, porte sur la surveillance et l’évaluation des pratiques en oncologie et vise à fournir au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec des données sur lesquelles il peut appuyer ses politiques de lutte contre le cancer. Le second volet, réalisé à l’Unité de recherche en santé des populations (URESP) de l’université Laval, se penche sur l’étiologie et la prévention du cancer du sein. Le présent article décrit plus en détail ce second volet de recherche qui consiste principalement à utiliser la densité du tissu mammaire à la mammographie (densité mammaire) comme biomarqueur intermédiaire pour étudier les causes et les moyens de prévenir le cancer du sein. La densité mammaire est fortement associée au risque de cancer du sein ; les femmes avec des seins très denses à la mammographie ont un risque beaucoup plus élevé de cancer du sein que celles avec des seins moins denses. Récemment, nous avons été parmi les premiers à montrer que les femmes dont les apports en vitamine D et en calcium étaient élevés avaient moins de densité mammaire que celles dont les apports étaient faibles, en particulier chez les femmes préménopausées. Nous avons également contribué à démontrer que les femmes préménopausées ayant des niveaux élevés de IGF1 et faibles de IGFBP3 avaient plus de densité mammaire, une influence similaire à celle qu’on leur connaît sur le cancer du sein. Les études en cours mesurent l’effet sur la densité mammaire des niveaux sanguins de vitamine D et de facteurs de croissance additionnels, ainsi que de divers polymorphismes génétiques impliqués dans les voies de signalisation de la vitamine D, du calcium et des facteurs de croissance. L’augmentation des apports en vitamine D et en calcium pourrait s’avérer une stratégie de prévention du cancer du sein sécuritaire et peu coûteuse ; cette possibilité mérite d’être examinée avec attention le plus rapidement possible.