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Bulletin du Cancer

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La curiethérapie du cancer prostatique : une idée ancienne, des techniques modernes Volume 93, numéro 8, Août 2006

Auteurs
Département de radiothérapie, Institut Curie, 26, rue d’Ulm, 75005 Paris

Proposée depuis presque un siècle, la curiethérapie du cancer prostatique ne s’est vraiment imposée que récemment, grâce en particulier à la mise au point de l’échographie endorectale (permettant d’implanter « à vue »), grâce à la mise à disposition des curiethérapeutes de « grains » pour les implantions permanentes ainsi que de microsources radioactives pour les curiethérapies à haut débit de dose et, enfin, grâce au développement récent de programmes de dosimétrie tridimensionnelle hautement sophistiqués, permettant l’optimisation des applications en temps réel. Pour les patients porteurs de cancers prostatiques localisés et bien sélectionnés (PSA < 10, Gleason < 7, pas d’extension extracapsulaire, volume < 50-60 g), la curiethérapie de prostate par implants permanents (grains d’iode 125 ou plus rarement de palladium 103) offre des résultats à 10-15 ans qui paraissent superposables à ceux de la chirurgie. Les taux d’incontinence et d’impuissance sexuelle semblent inférieurs à ceux de la chirurgie classique. Par contre, les premiers mois post-implantation sont habituellement grevés d’une toxicité urinaire qui ne doit pas être occultée. La curiethérapie à haut débit de dose (HDR) pourrait, quant à elle, trouver une place, en association avec une radiothérapie conformationnelle, dans le traitement de formes plus évoluées (à risque « intermédiaire »). Elle pourrait également constituer une alternative à la curiethérapie par implants permanents pour les formes à bas risque vues plus haut, en particulier dans les pays en voie de développement où le coût des grains radioactifs freine l’émergence de cette technique. La curiethérapie du cancer prostatique devrait donc trouver de plus en plus d’indications, du fait de l’augmentation attendue du nombre global de cancers prostatiques (vieillissement de la population), de l’augmentation prévisible des formes de début (rôle du dépistage), de la demande de plus en plus pressante des patients d’une moindre toxicité et, enfin, du fait d’un coût qui est actuellement à peu près équivalent à celui de la chirurgie et qui pourrait diminuer dans un proche avenir.