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Bulletin du Cancer

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Interféron : une barrière antivirale efficace qui a ses faiblesses Volume 90, numéro 2, Février 2003

Auteurs
CNRS UMR 5094, établissement français du sang, 240, avenue Emile-Jeanbrau, 34094 Montpellier Cedex 5

Quinze pour cent des cancers humains seraient d'origine virale ; les virus sont, après le tabagisme, la deuxième cause de cancers. La connaissance des mécanismes cellulaires de défenses antivirales est donc essentielle pour le traitement et la prévention de l'évolution de certaines infections vers des pathologies cancéreuses. La sécrétion d'interféron (IFN) est le premier événement qui suit l'infection d'une cellule par un virus. Cette famille de cytokines possède diverses activités biologiques qui regroupent des propriétés antivirales, antiprolifératives, immunomodulatrices ainsi que des effets sur l'apoptose. L'ensemble de ces effets semble converger vers l'activité la mieux connue de l'IFN : son pouvoir antiviral. La conséquence de la sécrétion d'IFN sera, en premier lieu, la protection des cellules voisines contre l'agent pathogène, par l'induction de gènes spécifiques. L'IFN, par fixation à son récepteur spécifique, est responsable de l'induction de plus de deux cents gènes. Pourtant, seul un petit nombre d'entre eux sont à ce jour caractérisés. Les trois voies antivirales majeures connues dans le système IFN sont les voies de la PKR (dsRNA dependent protein kinase), la voie de la 2-5A synthétase/RNase L et la voie des protéines Mx (GTPases). Les études menées dans ce domaine depuis quelques années ont permis d'identifier de nouvelles protéines à caractéristiques antivirales induites par l'IFN. Si l'on considère que la plupart des gènes sous contrïle de cette cytokine ne sont pas connus, il est raisonnable de penser que d'autres voies antivirales sont encore à découvrir. Cependant, malgré ce système cellulaire de défense très efficace, les virus ont développé des stratégies pour contrecarrer ces effets au cours de leur évolution. L'objectif de cet article est de répertorier les différentes voies et protéines antivirales induites par l'IFN, ainsi que les différentes stratégies employées par les virus pour échapper à ce système de défense cellulaire.