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Bulletin du Cancer

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Impact des protocoles de chimiothérapie administrés pour cancer du sein métastatique sur le coût du traitement et la survie de 371 patientes traitées dans trois établissements de la région Rhône-Alpes Volume 96, numéro 10, octobre 2009

Auteurs
Université de Saint-Étienne, CHU de Saint-Étienne, hôpital Nord, SSPIM, bâtiment CIM 42, chemin de la Marandière, 42270 Saint-Étienne, France, Département de médecine, Centre Léon-Bérard, 28, rue Laennec, 69373 Lyon cedex 08, France, Département d’oncologie médicale, Institut de cancérologie de la Loire, 108 bis, avenue Albert-Raimond, 42270 Saint-Priest-en-Jarez, France, Service de santé publique et de l’information médicale, CHU de Saint-Étienne, université de Saint-Étienne, 42055 Saint-Étienne cedex 01, France
  • Mots-clés : chimiothérapie palliative, cancer du sein, métastase, coût, survie
  • DOI : 10.1684/bdc.2009.0920
  • Page(s) : 929-40
  • Année de parution : 2009

La chimiothérapie du cancer du sein métastatique se caractérise par la diversité des protocoles employés et l’utilisation de nouvelles molécules coûteuses posant le double problème du bénéfice pour les patients, et des conséquences financières pour les établissements de santé. Cette étude décrit les différents traitements chimiothérapiques prescrits dans les cancers du sein métastatiques et les coûts directs supportés par les établissements hospitaliers en relation avec la survie des patientes. Une série de 371 patientes traitées pour un cancer du sein métastatique a été suivie dans trois établissements de santé de la région Rhône-Alpes entre 2001 et 2006. Le détail de leurs différents traitements antinéoplasiques, ainsi que le coût d’acquisition des médicaments et leur coût d’administration hospitalier, le coût des autres hospitalisations sont présentés en relation avec leur survie. La survie médiane (35,8 mois ; IC 95 % : [31,7-39,1]) depuis la première évolution métastatique du cancer ne diffère pas significativement en fonction du centre. Quatre-vingt-treize protocoles différents sont observés associant une à cinq molécules. Trente-deux molécules différentes sont concernées. En première ligne, on observe une différence significative dans l’utilisation des nouvelles molécules selon le centre de soin (test du Chi 2 ; p < 10 –3). Le coût moyen d’une ligne est de 3 919 € (± 8 069 €), le coût le plus élevé est observé pour le trastuzumab (23 443 €). Le délai avant le début d’une nouvelle ligne est en moyenne de 212 jours (± 237 jours) et a donné lieu en moyenne à 3 903 € (± 4 097 €) de dépenses d’hospitalisation. Si aucun impact de la stratégie chimiothérapique n’a été mis en évidence sur la survie des patientes, il n’en est pas de même sur le coût hospitalier. Ces éléments plaident pour une meilleure régulation de la procédure d’autorisation de mise sur le marché (AMM) des nouvelles molécules et l’harmonisation des pratiques.