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Bulletin du Cancer

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Génétique des léiomyomes utérins Volume 86, numéro 11, Novembre 1999

Auteurs
Laboratoire de génétique, Hôpital de l’Archet, 151, route de Saint-Antoine-de-Ginestière, BP 3079, 06202 Nice Cedex 3.

Les léiomyomes utérins sont les tumeurs les plus fréquentes de la femme en âge de procréer. Bien que bénignes, elles sont responsables d’un important problème de santé publique et représentent notamment la principale indication des hystérectomies. Les facteurs biologiques responsables de leur progression sont encore mal connus. Les résultats des études génétiques menées au cours de ces dernières années ont apporté de nouveaux éléments concernant la pathobiologie de ces tumeurs. Les analyses cytogénétiques ont montré que les réarrangements les plus fréquents impliquaient les chromosomes 6, 7, 12 et 14, ce qui a permis la mise en évidence de l’altération et de la dérégulation des gènes HMGIC et HMGIY, respectivement localisés en 12q15 et 6p21. Ces deux gènes codent pour des protéines non histones d’architecture de l’ADN, de la famille des protéines du groupe de haute mobilité, et sont réarrangés dans de nombreuses autres tumeurs bénignes. Le réarrangement des gènes HMGIC et HMGIY, ainsi que des gènes non encore identifiés présents aux sites d’autres réarrangements chromosomiques observés dans les léiomyomes utérins pourrait n’être qu’un événement secondaire dans la genèse de ces tumeurs. En effet, les résultats des études chez les jumeaux, l’association de léiomyomes à d’autres symptômes décrite dans certains syndromes héréditaires, ainsi que l’existence de prédispositions familiales et ethniques suggèrent une base génétique pour le développement de ces tumeurs.