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Bulletin du Cancer

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Ganglions sentinelles avec micrométastases dans le cancer du sein : données histologiques et implications chirurgicales. À propos d’une série de 201 curages axillaires après identification peropératoire des ganglions sentinelles Volume 90, numéro 5, Mai 2003

Auteurs
Service d’anatomie pathologique, Service de gynécologie, Service de médecine nucléaire, Hôpital de Hautepierre, 1, avenue Molière, 67098 Strasbourg Cedex
  • Mots-clés : cancer du sein, curage axillaire, ganglion sentinelle, micrométastases.
  • Page(s) : 459-65
  • Année de parution : 2003

La pratique de l’exérèse systématique des ganglions non sentinelles (GNS) en cas de micrométastases ( 2 mm) dans les ganglions sentinelles (GS) est actuellement sujette à controverse. L’objectif du travail était d’identifier, à partir des caractères histologiques des micrométastases et des tumeurs primitives d’une série de 201 carcinomes mammaires infiltrants dont 57,2 % pT1, quels curages axillaires complémentaires pourraient être évités. Le curage axillaire était systématique après identification peropératoire des GS. Les GS ont été examinés après fixation en coloration HE et en immunohistochimie (IHC), sur toute leur épaisseur à partir de blocs tissulaires de 2 à 3 mm d’épaisseur et selon des niveaux de coupe histologique espacés de 500 μm. Ils étaient métastasés chez 87 patientes (43,3 %) et, dans 29/87 cas (33,3 %), il s’agissait de micrométastases dont les deux tiers étaient uniquement détectées par IHC. La capacité à découvrir des micrométastases était proportionnelle au nombre de plans de coupes analysés (respectivement 58,6 %, 82,7 % et 100 % de découverte avec 1, 3 et 5 niveaux par bloc). Les GNS étaient métastasés dans 8/29 cas (27,6 %) et, dans 6/8 cas, il s’agissait de macrométastases (> 2 mm). Prises séparément, les caractéristiques de la tumeur (taille, type histologique, grade, angio-invasion, multifocalité), des micrométastases (détection HE ou IHC, taille, nombre) et du site d’injection du radiotraceur (péritumoral ou sous-aréolaire) n’ont pas permis d’individualiser un groupe avec micrométastases dans les GS mais sans métastases dans les GNS. Toutefois, les 9 carcinomes canalaires pT1 sans angio-invasion étaient tous GNS-négatifs. En conclusion, ces résultats indiquent que la découverte de micrométastases dans les GS est susceptible de peser sur les indications chirurgicales de reprise et que la méthodologie d’analyse anatomopathologique est déterminante.