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Bulletin du Cancer

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Etude multicentrique de phase II de la gemcitabine dans les cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC) Volume 84, numéro 3, Mars 1997

Auteurs
Institut Gustave-Roussy, 39, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif, France.
  • Mots-clés : gemcitabine, cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC), monothérapie, phase II.
  • Page(s) : 282-8
  • Année de parution : 1997

La gemcitabine est un nouvel analogue pyrimidique efficace dans les tumeurs solides. Nous rapportons ici les résultats d’une étude multicentrique de phase II de la gemcitabine chez des patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) inopérable, non antérieurement traités par chimiothérapie. La gemcitabine a été administrée, à la dose de 1 250 mg/m2, en perfusion intraveineuse de 30 min, à raison d’une injection hebdomadaire, pendant 3 semaines, suivies d’une semaine de repos (1 cycle). L’ensemble des 161 patients inclus dans l’étude étaient évaluables pour la tolérance et 151 l’ont été pour l’efficacité. La majorité des patients avait un stade IIIb (31,1 %) ou IV (64,6 %) et un état général (PS) 0 ou 1 dans 93,2 % des cas et 2 dans 6,2 % des cas. L’étude histologique a montré l’existence d’un adénocarcinome chez 52,2 % des patients et d’un cancer épidermoïde chez 43,5 % des patients. Le taux de réponse objective (RO) a été de 21,8 % (intervalle de confiance à 95 % : 15,5-29,3 %) avec 3 réponses complètes et 30 réponses partielles. Toutes les réponses ont été validées par un panel d’experts indépendants. La durée médiane de réponse a été de 7,6 mois. Le délai médian d’apparition d’une progression a été de 4,6 mois (3,3 mois chez les patients non répondeurs et 7,6 mois chez les patients répondeurs). La médiane de survie pour l’ensemble des patients a été de 8,9 mois (0,1-21,9 mois), soit 7,3 mois pour les patients non répondeurs et 13,4 mois pour les répondeurs (p < 0,001). Une amélioration des symptômes et de l’état général a également été observée. Le traitement a été bien toléré. La seule toxicité limitante a été la neutropénie : une neutropénie de grades 3 et 4, selon l’OMS, a été retrouvée chez 19,6 % et 5,7 % des patients, respectivement. Avec 21,8 % de RO, cette étude multicentrique confirme l’activité de la gemcitabine en monothérapie dans les CBNPC. Sa bonne tolérance et son mode d’action en font une molécule de choix dans le traitement de ces tumeurs.