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Bulletin du Cancer

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Définition, données récentes en anatomopathologie et biologie moléculaire des tumeurs stromales gastro-intestinales Volume 93, supplément 4, Numéro spécial, Mars 2006

Auteur
Service d’anatomie pathologie, hôpital Cavale Blanche, CHU, Boulevard Tanguy-Prigent, 29609 Brest Cedex
  • Mots-clés : tumeurs stromales gastro-intestinales, GIST, KIT, PDGFRA, immunohistochimie, biologie moléculaire, imatinib
  • Page(s) : 157-65
  • Année de parution : 2006

Les tumeurs stromales gastro-intestinales (GIST) sont les tumeurs conjonctives les plus fréquentes du tube digestif. Elles correspondent à des tumeurs mésenchymateuses exprimant la protéine KIT et associées dans la plupart des cas à une mutation activatrice de ce gène. Les progrès récents de la biologie moléculaire et de la génétique ont permis de découvrir et de comprendre le rôle des mutations de ce gène dans le développement de ces tumeurs. L’intérêt porté à ces lésions s’est renforcé depuis la mise à disposition d’un traitement spécifique, l’imatinib, dont l’efficacité a révolutionné la prise en charge des GIST évoluées. Ce traitement constitue un des principaux modèles de thérapie ciblée en oncologie. Les GIST sont définies par le pathologiste selon différents critères : 1) critères cliniques : ces tumeurs sont développées à partir du tractus intestinal, éventuellement du mésentère ; 2) critères histologiques : la prolifération est constituée de cellules fusiformes (70 %), parfois de cellules épithélioïdes (20 %) ou d’une association de ces deux types cellulaires (10 %) ; 3) critères immunohistochimiques : les tumeurs expriment presque constamment KIT (95 %) et majoritairement CD34 (60-70 %). Les GIST sont caractérisées sur le plan moléculaire par l’existence de mutations « gain de fonction », mutuellement exclusives, de l’un des deux gènes cibles, KIT et PDGFRA, codant pour des récepteurs transmembranaires tyrosine kinase. L’activation constitutionnelle de ces récepteurs est impliquée dans la prolifération des cellules interstitielles de Cajal. La recherche d’une mutation spécifique n’est recommandée que dans le but diagnostique d’une tumeur KIT négative en immunohistochimie. Néanmoins, plusieurs études ont établi une corrélation étroite entre le type de mutation et la réponse au traitement par imatinib. Par ailleurs, la survenue de mutations secondaires du gène ainsi que l’existence d’autres anomalies moléculaires apparaissent actuellement comme des événements importants de la résistance secondaire au traitement et de la progression tumorale. La bonne connaissance de ce type tumoral et la maîtrise des critères diagnostiques et histopronostiques, précisés lors des récentes réunions de consensus, sont les éléments indispensables à la prise en charge appropriée des patients atteints de GIST.