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Bulletin du Cancer

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Conséquences d’une comorbidité trop souvent négligée en cancérologie : la dénutrition Volume 96, numéro 6, juin 2009

Auteurs
Centre régional Léon-Bérard, 28, rue Laennec, 69373 Lyon, France

La dénutrition est fréquente lors de la pathologie cancéreuse, sa prévalence varie de 30 à 80 %, selon la population et les outils de détection utilisés. Elle trouve, en partie, son origine dans les effets secondaires des traitements. La dénutrition est une cause majeure de morbidité et de mortalité chez les patients atteints de cancer. Elle s’associe à une atteinte fonctionnelle avec un retentissement physiopathologique, physique et sur la qualité de vie. L’impact sur la morbidité est constant avec une augmentation de la toxicité, de la chimiothérapie, un risque accru d’infection et de complications postopératoires. Une perte de poids importante est généralement associée à une mortalité plus élevée : une des raisons pourrait être l’impossibilité d’administrer le programme thérapeutique optimal pour stabiliser ou guérir la maladie, en particulier, du fait d’un mauvais état général ou d’une toxicité accrue des traitements. La cachexie des patients à un stade avancé peut être une cause directe de décès. Par ailleurs, les complications, liées directement ou indirectement à la dénutrition, augmentent les durées et le nombre d’hospitalisations, les coûts de traitement et accaparent des ressources humaines et matérielles. L’existence du risque nutritionnel ne peut plus être ignorée, et son dépistage doit faire partie de la prise en charge du cancer dès le diagnostic et dans l’optique du projet thérapeutique global envisagé.