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Bulletin du Cancer

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Carcinome épidermoïde métastatique de l’anus : étude rétrospective de l’efficacité de l’association de 5-fluoro-uracile en perfusion continue et de cisplatine Volume 86, numéro 10, Octobre 1999

Auteurs
Service d’hépato-gastro-entérologie et d’oncologie digestive, hôpital Ambroise-Paré, 9, avenue Charles-de-Gaulle, 92100 Boulogne.

Les cancers de l’anus sont rares et il y a peu d’études de l’efficacité de la chimiothérapie au stade métastatique. Nous avons traité 19 patients (3 hommes, 16 femmes) ayant des métastases de cancer de l’anus avec une association (FUP) de 5-fluoro-uracile (5FU) et de cisplatine (CDDP). L’âge médian des patients était de 58 ans, leur état général : grade OMS (G) 0-1 dans 68 % des cas et G2 dans 32 % des cas. Les métastases étaient synchrones dans 6 cas et métachrones dans 13 cas. Les sites métastatiques étaient hépatiques dans 10 cas, ganglionnaires dans 11 cas (lombo-aortiques 5 cas, iliaques 4 cas ou inguinaux 2 cas) et pulmonaires dans 3 cas ; les métastases ganglionnaires étaient isolées dans 9 cas, les métastases hépatiques dans 7 cas. Un patient a reçu cette chimiothérapie en situation adjuvante et n’est évaluable que pour la toxicité. Le protocole FUP combinait du 5FU en perfusion IV continue (1 g/m2/j x 5 jours) associé au CDDP (100 mg/m2 à J2) ; répété toutes les 4 semaines : 10 patients ont bénéficié d’un traitement complémentaire local. Dix-huit patients sont évaluables pour la réponse et 19 pour la toxicité ; le nombre médian de cycles fut de 4. Une réponse (R) tumorale, selon les critères de l’OMS, a été observée dans 66 % des cas (44-88 %, déviation standard 95 %) avec 1 R complète, 11 R partielles, 4 stabilisations et 2 progressions. La toxicité, évaluée selon les critères de l’OMS, a été acceptable ; une neutropénie G3-4 a été observée dans 13 % des cas sans aplasie fébrile, des vomissements G3 dans 30 % des cas et une néphrotoxicité G1-2 dans 2 cas. La survie actuarielle a été de 62,2 % à 1 an et de 32,2 % à 5 ans ; la survie médiane est de 34,5 mois et 3 patients sont survivants à 4, 5 et 7 ans (1 patient traité en situation adjuvante et 2 ayant bénéficié d’une chirurgie ou radiothérapie complémentaire au niveau des lésions de récidive après réponse à la chimiothérapie). L’association FUP donne des taux de réponses tumorales objectives élevés et contribue pour quelques patients, en association avec des traitements locaux, à permettre des survies prolongées, au prix d’une toxicité acceptable.