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Bulletin du Cancer

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Cancer micro-invasif du col utérin. Quelle approche en 1998 ? Volume 85, numéro 4, Avril 1998

Auteurs
  • Mots-clés : cancer micro-invasif du col utérin, extension paramétriale, extension lymphatique, traitement conservateur, risque de récidive.
  • Page(s) : 319-27
  • Année de parution : 1998

De multiples définitions ont été proposées pour caractériser les cancers micro-invasifs du col utérin (CMI). La Society of Gynecologic Oncology (SGO) définit les CMI par leur profondeur d’infiltration stromale et l’absence d’emboles lymphovasculaires (ELV). La Fédération internationale des gynécologues obstétriciens (Figo) prend en compte la largeur de la lésion, décrit des stades intermédiaires en fonction de la profondeur d’infiltration, mais ne tient pas compte de la présence ou de l’absence d’ELV. L’analyse de la littérature montre que la définition de la SGO est celle qui prend le mieux en compte les facteurs pronostiques. Le risque de métastase ganglionnaire et de récidive locale augmente avec la profondeur d’invasion. Les CMI qui envahissent le stroma sur 3 mm ont un risque faible d’atteinte ganglionnaire. Inversement, en cas d’infiltration supérieure à 3 mm, la fréquence des métastases lymphatiques est significativement augmentée (1 % versus 7,7 %). Les métastases paramétriales semblent plus rares et il n’est pas possible d’observer une variation de leur fréquence en fonction de l’invasion stromale. La surface de la lésion et surtout son volume jouent également un rôle pronostique important, mais sont plus difficiles à mesurer en routine. Les ELV sont toujours un facteur péjoratif. Certains auteurs leur accordent une valeur pronostique indépendante, augmentant le risque de métastase lymphatique quelle que soit la profondeur d’invasion stromale. Pour les lésions les plus profondes (? 3 mm), la fréquence des atteintes ganglionnaires atteint celle des cancers au stade Ib. Tout cela sous-tend que la définition de la SGO est la plus appropriée pour définir un groupe de cancers ayant un pronostic différent, et donc pouvant bénéficier d’un traitement différent. Les véritables CMI (invasion &inf; 3 mm, absence d’ELV) peuvent être traités de façon conservatrice : hystérectomie ou conisation. Les lésions profondes ou associées à des ELV doivent être considérées comme d’authentiques cancers invasifs. Les cas intermédiaires pourraient bénéficier d’un traitement conservateur sous couvert d’une lymphadénectomie endoscopique.