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Bulletin du Cancer

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Cancer et grossesse : le point de vue du chimiothérapeute Volume 89, numéro 9, Septembre 2002

Auteurs
Comité de gynécologie, Institut Gustave-Roussy, 39, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif.

La nécessité de débuter une chimiothérapie pendant une grossesse est un événement rare. La décision dépend de la drogue utilisée, de son mécanisme d'action, de la durée d'exposition du fœtus à la drogue et de l'âge gestationnel au moment de l'exposition. Il faut en effet connaître le potentiel de mutagénicité des médicaments utilisés, et donc le risque pour l'enfant, sans compromettre ni la vie, ni la santé de la mère. Ce problème se pose essentiellement pour les cancers du sein, les leucémies et les lymphomes. Le moment le plus critique pour la grossesse et pour le fœtus est le premier trimestre, moment de l'organogenèse ; les drogues les plus souvent associées au risque de malformations sont les antimétabolites. Par ailleurs, la chimiothérapie peut avoir une toxicité directe chez l'enfant exposé in utero ; la myélosuppression est la toxicité la plus répandue, elle peut induire des infections ou des hémorragies fœtales. Quant aux risques à long terme (de cancer, sur la fertilité, sur le développement intellectuel de l'enfant...), ils sont encore mal connus et doivent faire l'objet d'études prospectives et d'enregistrement des cas au sein de registres.