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Bulletin du Cancer

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Cancer du col et précarité, accès aux soins diagnostic et traitement Volume 96, numéro 10, octobre 2009

Auteurs
Service de gynécologie et obstétrique, hôpital Xavier-Bichat, 42, rue Henri-Huchard, 75018 Paris, France, Service de gynécologie et obstétrique, hôpital Jean-Verdier, avenue du 14-Juillet, 93140 Bondy, France, Département de chirurgie, institut Curie, 26, rue d’Ulm, 75005 Paris, France
  • Mots-clés : cancer du col, précarité, dépistage, accès aux soins
  • DOI : 10.1684/bdc.2009.0926
  • Page(s) : 961-9
  • Année de parution : 2009

ObjectifLe but de l’étude est d’évaluer l’accès à la prévention, au diagnostic et au traitement des femmes en situation de précarité et présentant un cancer du col de l’utérus et l’évolution de leur pathologie.MéthodeCette étude de cohorte rétrospective inclue 123 patientes atteintes d’un cancer du col et traitées à l’hôpital Bichat (Paris) ou à l’hôpital Verdier (Bondy) entre le 1 er janvier 1996 et le 31 décembre 2005.RésultatsLes patientes affiliées à la CMU-AME-ADE sont considérées comme précaires. En comparaison des patientes non précaires, elles sont plus souvent sans logement (43,90 vs 1,23 % ; p = 0,000 1) et sans emploi (90 vs 30 % ; p = 0,000 1). Elles ont peu recours au dépistage (25 vs 56,10 % ; p = 0,008). Après l’apparition des symptômes, elles consultent 1,8 mois plus tard (p = 0,027) le plus souvent aux urgences (51,22 vs 17,07 % ; p = 0,000 3) et non adressées par un médecin (41,46 vs 8,64 % ; p < 0,000 1). Il n’y a pas de différence significative quant au traitement mis en place entre les deux groupes. Les patientes non précaires demeurant à Bondy ont un accès aux soins similaire aux patientes précaires prises en charge à Paris. La moyenne de suivi est de 30,43 mois (± 26,64).ConclusionLe dépistage des lésions cervicales est insuffisant pour l’ensemble de la population. L’accès aux soins est souvent inadapté pour les patientes précaires. Il n’y a pas d’impact de la précarité en termes de récidive centropelvienne, métastase et décès. La sous-densité médicale est potentiellement responsable d’une précarisation sanitaire de patientes socialement non précaires.