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Bulletin du Cancer

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Allogreffes de cellules souches hématopoïétiques dans le traitement des hémopathies malignes Volume 88, numéro 9, Septembre 2001

Auteurs
Service d'hématologie, Hôpital Édouard-Herriot, 5, place d'Arsonval, 69437 Lyon Cedex 3.

L'allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (CSH) constitue un traitement curatif des hémopathies malignes et a pour but l'éradication du clone malin grâce au conflit immunologique inhérent à l'installation des CSH du donneur chez le receveur. Les différentes sources possibles de CSH (moelle, sang et sang placentaire) et la meilleure connaissance du typage HLA ont permis le développement de nouvelles techniques et modalités de greffe (greffe après conditionnement non myéloablatif, greffe haplo-identique...) qui devraient améliorer la survie des patients et permettre d'étendre les indications d'allogreffes. L'allogreffe de CSH s'accompagne de réactions immunologiques dues à la disparité d'histocompatibilité entre le donneur et le receveur. Il s'agit principalement des réactions du greffon contre l'hôte et du rejet de greffe. Ce conflit immunologique peut aussi être responsable de la reconnaissance et de la destruction des cellules tumorales résiduelles du receveur qui portent des antigènes tumoraux spécifiques et/ou des antigènes mineurs d'histocompatibilité (effet graft-versus-leukemia = GVL ou graft-versus-malignancy ou GVM). L'évolution après la greffe peut être également émaillée de diverses autres complications comme la maladie veino-occlusive, des complications endocriniennes, infectieuses et de néoplasies secondaires en relation avec un déficit immunitaire plus ou moins profond et durable. Les leucémies aiguës et chroniques constituent les indications majeures d'allogreffe de CSH dont les résultats sont variables et étroitement liés au patient, à la maladie hématologique et à la procédure de greffe. Les autres hémopathies sont également des indications d'allogreffe, mais plus rares, où néanmoins l'allogreffe reste le seul traitement curatif, parfois aux dépens d'une toxicité encore trop importante. L'amélioration des résultats des greffes réalisées en situation non apparentée, l'utilisation de greffons de CSH périphériques (CHSP), de conditionnements non myéloablatifs et le recours à des greffons de sang placentaire et à des techniques de manipulation ex vivo du greffon permettent effectivement d'étendre les indications d'allogreffe de CSH. D'autre part, l'efficacité antitumorale de l'injection de lymphocytes du donneur lors de certaines rechutes postgreffe est l'image de l'effet GVL et constitue la première étape d'une immunothérapie cellulaire ciblée utilisant des lymphocytes sensibilisés ou des cellules dendritiques.