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Bulletin du Cancer

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Actualités sur les hémopathies malignes Volume 89, numéro 1, Janvier 2002

Auteurs
Département d'hématologie et d'oncologie médicale, Hôtel-Dieu, 75181 Paris Cedex 04 et Inserm EMI9912/EA1529, Paris 6.

Le début du siècle a été marqué, dans notre discipline comme dans beaucoup d'autres, par deux révolutions : d'une part la mise en pratique des techniques de biologie moléculaire en routine pour affiner le pronostic des hémopathies (duplication du récepteur flt3 dans les leucémies aiguës myéloblastiques, profil mutationnel des gènes des immunoglobulines dans les leucémies lymphoïdes chroniques, profil d'expression génique dans les lymphomes agressifs explorés par les puces à ARN), d'autre part l'apparition de nouvelles molécules « intelligentes », ciblant la cellule tumorale. Dans cette catégorie, la plus séduisante est sans conteste le STI571 (Glivec®, Novartis), qui cible l'anomalie moléculaire des cellules exprimant la protéine bcr-abl (leucémie myéloïde chronique, leucémie aiguë lymphoblastique Ph1+). D'autres molécules ciblant des protéines de transduction du signal (inhibiteur de la farnésylation de ras par exemple) sont déjà en cours d'essais thérapeutiques. L'avènement des anticorps monoclonaux thérapeutiques est également à remarquer, avec surtout le rituximab dans les pathologies lymphoïdes B, des lymphomes aux maladies auto-immunes. Sa très bonne tolérance le rend utilisable en ambulatoire, et sa combinaison avec les chimiothérapies ou sa liaison avec des radio-éléments en font une molécule déjà indispensable. Le revers de ces nouvelles thérapeutiques est leur coût exorbitant, qui explique le « dérapage » financier en 2001 des hôpitaux abritant des activités d'onco-hématologie comme de cancérologie.