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Bulletin du Cancer

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Actualités sur le dépistage, le diagnostic et le traitement des cancers de prostate Volume 89, numéro 1, Janvier 2002

Auteurs
Institut Sainte-Catherine, BP 846, 84082 Avignon Cedex. 2

Les progrès récents en matière de cancer de prostate ont porté sur le dépistage et le traitement et contribuent à améliorer le pronostic de cette maladie. Le dépistage par le dosage du PSA et le toucher rectal permet d'avancer le moment du diagnostic de 5 à 10 ans et de porter le diagnostic à un stade localisé accessible à un traitement local curatif. Si l'intérêt d'un dépistage de masse reste encore controversé, le dépistage individuel, déjà largement répandu, a sans doute contribué à la diminution de mortalité par cancer de prostate observée aux États-Unis. Le PSA et le recours plus fréquent au curage ganglionnaire à visée diagnostique ont également contribué à une meilleure sélection des patients relevant d'un traitement local seul par prostatectomie ou radiothérapie. La prostatectomie est le traitement recommandé par les sociétés savantes d'urologie pour les patients de moins de 70 ans porteurs d'une tumeur intraprostatique de score de Gleason inférieur à 8 et avec un PSA inférieur à 15 ng/ml. Dans ces indications, les taux de survie sans récidive à 10 ans sont de l'ordre de 75 à 80 %. Les techniques de radiothérapie ont également progressé, permettant d'espérer un meilleur contrôle local grâce à l'augmentation de la dose au-delà de 70 Gy et à une moindre toxicité. La curiethérapie connaît un regain d'intérêt lié aux progrès techniques et apporte un bénéfice en termes de confort de traitement. Ses résultats à long terme, ses effets secondaires urinaires aigus et l'absence d'essai comparatif prospectif et d'amélioration démontrée des résultats carcinologiques en limitent l'intérêt. L'hormonothérapie a désormais une place dans le traitement initial des formes localisées de mauvais pronostic, en complément de la radiothérapie. Dans les formes disséminées hormonorésistantes, la chimiothérapie est de plus en plus utilisée mais son bénéfice reste modeste, limité à une amélioration temporaire des symptômes. Toutefois de nouveaux cytotoxiques sont en cours d'évaluation.