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Annales de Biologie Clinique

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Uranium : propriétés et effets biologiques après contamination interne Volume 67, numéro 1, janvier-février 2009

Auteurs
Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, Direction de la radioprotection de l’homme, IRSN, Fontenay-aux-Roses
  • Mots-clés : uranium, contamination chronique, contamination aiguë
  • DOI : 10.1684/abc.2008.0290
  • Page(s) : 23-38
  • Année de parution : 2009

L’uranium est un radionucléide présent dans l’environnement depuis l’origine de la terre. A cet uranium d’origine naturelle viennent s’ajouter des apports plus récents résultant des activités industrielles et militaires de l’homme. La toxicité de l’uranium résulterait d’une combinaison de ses propriétés chimiques (métal lourd) et radiologiques (émission de rayonnements ionisants). La toxicité aiguë se manifeste chez l’animal par une importante perte de poids et des signes d’atteinte rénale et cérébrale. Une altération de la formation osseuse, une modification du système reproducteur et des effets carcinogènes sont également couramment observés. A contrario, les effets biologiques d’une exposition chronique à de faibles doses sont peu connus. Cependant, les résultats de différentes études récentes suggèrent que la contamination chronique à faible niveau par l’uranium induirait des effets biologiques subtils mais significatifs dans des organes qui ne sont pas connus pour être des organes sensibles à la contamination par l’uranium. C’est le cas du système nerveux central par exemple puisque, récemment, ont été montrées une altération de la mémoire à court terme et une augmentation du niveau d’anxiété, associées à la présence d’uranium dans différentes structures cérébrales chez l’animal (essentiellement rongeur). La grande nouveauté dans la connaissance des effets d’une contamination chronique par l’uranium est la mise en évidence d’effets biologiques de l’uranium sur plusieurs métabolismes majeurs de l’organisme, incluant le métabolisme des médicaments, des hormones stéroïdiennes, de la vitamine D et du fer. Ces données scientifiques récentes suggèrent que l’uranium pourrait participer à l’augmentation des risques sanitaires liés à la pollution de l’environnement.