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Annales de Biologie Clinique

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Rôle de la protéine C3 du système complémentaire dans le contrôle de la réponse immunitaire spécifique Volume 57, numéro 2, Mars - Avril 1999

Auteurs
Laboratoire d’immunochimie, CEA-G, DBMS/ICH, Inserm U. 238 et Université Joseph-Fourier, 17, rue des Martyrs, F38054 Grenoble cedex 9
  • Mots-clés : Complément – C3 – CR2 – Réponse immunitaire – Apprêtement des antigènes.
  • Page(s) : 127-35
  • Année de parution : 1999

Alors que le système complémentaire a longtemps été considéré comme un moyen de défense faisant partie de l’inné, un de ses composants, C3, est maintenant reconnu comme un élément intervenant dans les mécanismes spécifiques de l’immunité adaptative. Cette fonction provient d’une part de la capacité de cette protéine à se lier de façon covalente à divers ligands dont les antigènes et d’autre part, de ses interactions avec plusieurs récepteurs répartis sur les cellules impliquées dans la réponse immunitaire. C3 subit dans le plasma plusieurs clivages protéolytiques qui conduisent à la formation de fragments doués d’activités biologiques diverses. De plus, la fixation de ces fragments sur différents récepteurs spécifiques présents à la surface des cellules impliquées dans la réponse immune, entraîne une modification des activités cellulaires (endocytose, flux calcique). Particulièrement observable lorsque la quantité d’antigène est faible, un déficit en C3 provoque une altération de la réponse immunitaire qui se traduit par une diminution importante du taux d’anticorps spécifiques et une perturbation de la commutation isotypique IgM/IgG. L’accent a été mis sur le rôle d’un des fragments (C3d) et de son récepteur CR2 dont l’absence entraîne les mêmes conséquences qu’un déficit en C3. L’absence de CR2 à la surface des lymphocytes B conduit à une diminution du nombre et de la taille des centres germinatifs. CR2 est également nécessaire à la surface des cellules dendritiques folliculaires pour l’établissement de la mémoire immunologique. Par ailleurs, C3 est impliqué dans les mécanismes d’apprêtement intracellulaires des antigènes puisque le remplacement de l’antigène seul par des complexes C3b-antigène conduit à la formation d’une plus grande quantité de molécules du complexe majeur d’histocompatibilité de classe II stables à la surface des cellules présentatrices. En résumé, C3 facilite les interactions entre cellules, déclenche une signalisation après sa fixation sur les récepteurs et, au niveau intracellulaire, amplifie et stabilise la présentation des antigènes. Une meilleure compréhension du rôle de C3 devrait à terme fournir des outils permettant la manipulation de la réponse immunitaire, notamment au niveau de l’établissement de la mémoire immunologique où le rôle de C3 semble particulièrement important.