John Libbey Eurotext

Annales de Biologie Clinique

Magazines des zones d’attente à l’hôpital : un réservoir microbien oublié ? Volume 75, numéro 6, Novembre-Décembre 2017

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteurs
1 Service d’hygiène hospitalière, CH Haguenau, France
2 Laboratoire de biologie médicale, CH Haguenau, France
* Tirés à part
  • Mots-clés : magazines, réservoir microbien, salle d’attente, infection, prévention, hygiène
  • DOI : 10.1684/abc.2017.1283
  • Page(s) : 673-81
  • Année de parution : 2017

L’environnement hospitalier représente une potentielle source de contamination microbienne. Ainsi, les magazines des salles d’attente à l’hôpital sont manipulés par les patients et visiteurs dont l’état de santé et les conditions d’hygiène peuvent être très variables. Dans ce contexte, nous avons mesuré la charge microbienne à la surface des magazines. Quinze magazines issus de 5 salles d’attente de l’hôpital sont prélevés par empreintes gélosées au niveau des zones prises en main. Les géloses sont incubées à 30 ̊C pendant 72 h. Les colonies sont dénombrées et identifiées par spectrométrie de masse Maldi-TOF (Vitek®-MS). Le rendement d’extraction des bactéries par la méthode des empreintes gélosées sur les magazines est calculé. Tous les prélèvements mettent en évidence une flore bactérienne variée : 32 UFC/gélose en moyenne. Les bactéries isolées proviennent principalement de la flore cutanée (> 60 %), mais on isole aussi des micro-organismes potentiellement pathogènes comme S. aureus, E. faecalis, A. viridans et Aspergillus sp. ainsi que des bactéries des flores oropharyngées comme A. iwolfii et M. osloensis et fécales comme B. stercoris. Des espèces peu décrites à l’hôpital sont également isolées telles que P. yeei ou K. sedentarius. Le rendement d’extraction de la méthode de prélèvement sur une revue est de 36 %. Notre étude, qui est la première à s’intéresser à la contamination bactérienne des magazines à l’hôpital, pourrait les faire considérer comme des réservoirs microbiens à contrôler, notamment pour les patients les plus fragiles. Les nouvelles techniques d’identification bactérienne comme le Maldi-TOF permettent d’y révéler la présence d’espèces peu décrites et souvent sous-estimée.