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Annales de Biologie Clinique

Les facteurs de virulence de Pseudomonas aeruginosa : mécanismes et modes de régulations Volume 69, numéro 4, Juillet-Août 2011

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  • Auteur(s) : Anis Ben Haj Khalifa, Didier Moissenet, Hoang Vu Thien, Mohamed Khedher , Service de microbiologie, Hôpital Tahar Sfar, Mahdia, Tunisie, Service de microbiologie, Hôpital Armand-Trousseau, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Paris, France
  • Mots-clés : <i>Pseudomonas aeruginosa</i>, facteurs de virulence, régulation, infection aiguë, infection chronique
  • Page(s) : 393-403
  • DOI : 10.1684/abc.2011.0589
  • Année de parution : 2011

Pseudomonas aeruginosa est un pathogène opportuniste responsable d’infections nosocomiales graves, d’infections potentiellement mortelles chez les personnes immunodéprimées et d’infections chroniques chez les patients atteints de mucoviscidose. La virulence de la bactérie dépend d’un grand nombre de facteurs associés aux cellules et extracellulaires. Les facteurs de virulence jouent un rôle important dans la colonisation, la survie de la bactérie et l’invasion des tissus. Il existe deux types de facteurs de virulence : 1) les facteurs impliqués dans l’infection aiguë : ces facteurs sont soit à la surface de P.  aeruginosa, soit sécrétés. Les pili permettent l’adhésion aux épithéliums. L’exoenzyme S ainsi que d’autres adhésines non pilées renforcent cette adhésion. L’exotoxine A agit d’une manière comparable à la toxine diphtérique, cytotoxine responsable d’une inflammation sévère et d’une nécrose tissulaire. La phospholipase C est une hémolysine thermolabile. Le rôle pathogène de l’exoenzyme S est attribuable à la perturbation de l’organisation du cytosquelette normal, la destruction de l’immunoglobuline G et A, conduit à la dépolymérisation des filaments d’actine et contribue à la résistance aux macrophages. P.  aeruginosa produit au moins quatre protéases ( LasA, LasB…) provoquant des hémorragies et des nécroses tissulaires ; 2) les facteurs impliqués dans l’infection chronique : sidérophores (pyoverdine et pyochéline), permettent aux bactéries de se multiplier en l’absence de fer libre. Les souches isolées chez les patients souffrant de mucoviscidose possèdent une pseudocapsule d’alginate qui protège la bactérie de la phagocytose, la déshydratation et des antibiotiques. De plus, elle améliore l’adhérence aux cellules épithéliales en formant un biofilm. La majorité de ces facteurs de virulence sont sous la dépendance de deux systèmes de régulation : le système à deux composants et le quorum sensing, qui permettent la survie et la multiplication de ce micro-organisme dans l’hôte.