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Annales de Biologie Clinique

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Les bartonelloses : I. Bartonella henselae Volume 56, numéro 6, Novembre - Décembre 1998

Auteurs
Institut de bactériologie, Faculté de médecine et Hôpitaux universitaires de Strasbourg, 3, rue Koeberlé, 67000 Strasbourg
  • Mots-clés : Bartonella henselae – Maladie des griffes du chat – Angiomatose bacillaire – Ctenocephalides felis – Afipia felis – Endocardite – Infections opportunistes.
  • Page(s) : 681-92
  • Année de parution : 1998

Bartonella henselae est une bactérie découverte en partie grâce aux techniques de biologie moléculaire appliquées au diagnostic et grâce à la description d’affections humaines nouvelles souvent liées au sida. Environ 10 % des chats domestiques et 33 % des chats errants hébergent cette bactérie dans leur sang. Chez les sujets immuno-compétents, cette bactérie est responsable de la maladie des griffes du chat humaine qui se traduit essentiellement par l’apparition d’adénopathies satellites du point d’inoculation de la bactérie. Cette affection survient plus volontiers chez les propriétaires de chatons de moins d’un an et infectés par des puces. La bactérie se transmet essentiellement par morsure ou par griffure. Sa transmission à l’homme par des puces est sûrement possible, mais non encore documentée. Dans 5 à 13 % des cas, la maladie des griffes du chat a une expression sévère : signes généraux, hépatite, syndrome oculo-glandulaire de Parinaud, complications neurologiques, rétinite stellaire. Chez les sujets immunodéprimés, B. henselae est responsable de nombreuses manifestations cliniques : angiomatose ou péliose bacillaire, bactériémie fébrile récurrente ou persistante, endocardite. Le diagnostic des infections à B. henselae peut s’effectuer par un examen sérologique approprié avec une spécificité et une sensibilité variant entre 75 et 100 %. La culture est difficile, particulièrement dans le cas de maladie des griffes du chat où elle est le plus souvent négative. Le test le plus sensible est l’amplification génique in vitro qui a cependant l’inconvénient de nécessiter un prélèvement ganglionnaire. Le traitement antibiotique de la maladie des griffes du chat est décevant. Au contraire, chez les patients immunodéprimés, ces infections seront traitées plus ou moins longtemps par des macrolides ou des tétracyclines ou de la rifampicine.