John Libbey Eurotext

Annales de Biologie Clinique

Influence du délai pré-analytique et de l’hydrocobalamine sur la mesure des lactates Article à paraître

Auteurs
1 Service de biochimie générale, Hôpital universitaire Necker-Enfants malades, Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Paris, France
2 Unité de technologies chimiques et biologiques pour la santé (UTCBS), CNRS UMR8258 - U1022, Faculté de pharmacie Paris-Descartes, Université Paris-Descartes, Paris, France
3 Service de toxicologie, Groupe hospitalier Lariboisière-Fernand Widal, Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Paris, France
4 Département d’anesthésie-réanimation-Samu de Paris, Hôpital universitaire Necker-Enfants malades, Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Paris, France
5 EA7323 Evaluation des thérapeutiques et pharmacologie périnatale et pédiatrique, Hôpitaux universitaires Cochin-Broca-Hôtel-Dieu, Site Tarnier, Université Paris-Descartes, Paris, France
6 Université Paris-Diderot, Paris, France
* Reprints
  • Mots-clés : lactate, intoxication au cyanure, hydroxocobalamine, délai de prélèvement, site de prélèvement
  • DOI : 10.1684/abc.2017.1310

Ce travail a pour but de quantifier l’influence du site de prélèvement, de la présence d’hydroxocobalamine et du délai entre le prélèvement et la mesure sur les valeurs de lactacidémie normale (< 2 mmol/L) et élevée (> 6 mmol/L). Une étude clinique a évalué les effets de l’origine veineuse ou artérielle des échantillons de sang. Deux études in vitro ont évalué l’effet d’un délai de 2 heures sur la mesure des concentrations plasmatiques de lactate puis l’interférence de deux concentrations plasmatiques d’hydroxocobalamine l’une faible (100 μmol/L), et l’autre élevée (300 μmmol/L) sur la mesure de la lactacidémie. Un changement relatif de 20 % dans la concentration mesurée en lactate a été jugé cliniquement significatif. Il n’y avait aucun effet cliniquement pertinent du site de prélèvement. Les concentrations plasmatiques de lactate ont été augmentées artificiellement par un délai de deux heures entre le prélèvement sanguin et la mesure de l’échantillon. Pour des valeurs de lactate normales, une concentration en hydroxocobalamine de 300 μmol/L a induit une augmentation artificielle des mesures de lactate qui pourraient être mal interprétées sur le plan clinique. Pour des concentrations plasmatiques élevées en lactate, comme celles retrouvées lors des intoxications aiguës au cyanure, aucune des concentrations d’hydroxocobalamine n’a provoqué une modification cliniquement pertinente des valeurs de lactate. En conclusion, les cliniciens doivent interpréter avec prudence des concentrations élevées en lactate s’il y a eu un délai de deux heures et plus entre le prélèvement sanguin et l’analyse en laboratoire, ou si le prélèvement a été réalisé peu de temps après la fin de l’administration d’une dose de 5 g d’hydroxocobalamine chez un adulte.