John Libbey Eurotext

Annales de Biologie Clinique

La cytométrie en flux : intérêt dans le diagnostic phénotypique et le suivi des hémopathies malignes Volume 60, numéro 6, Novembre - Décembre 2002

Illustrations

Ouvrir l'onglet

  • Auteur(s) : B. Drénou, O. Fardel, R. Fauchet, L. Amiot , Laboratoire d’hématologie-immunologie, Hôpital Pontchaillou, CHU Rennes, 35033 Rennes cedex 09
  • Mots-clés : cytométrie en flux, leucémie aiguë, leucémie chronique, lymphome, immunophénotypage, maladie résiduelle.
  • Page(s) : 663-72
  • Année de parution : 2002

Le diagnostic des hémopathies malignes, et en particulier celui des leucémies aiguës et des lymphomes malins non hodgkiniens, est basé sur une analyse multiparamétrique : à côté de la morphologie, des études phénotypiques et génétiques (cytogénétiques et moléculaires) sont actuellement nécessaires. Certaines entités ont été décrites ou ne sont reconnues que par l’une des ces approches. La cytométrie en flux permet de caractériser ainsi le composant normal cellulaire dont dérive la prolifération, le degré de différenciation au sein de cette lignée. En outre, elle définit la clonalité en particulier dans les proliférations lymphoïdes B mais aussi T, elle recherche l’existence éventuelle de critère de malignité tel que des trous phénotypiques ou des expressions d’antigène aberrant. Enfin, elle précise des critères pronostiques. Parmi les différentes hémopathies, les leucémies aiguës lymphoblastiques sont préférentiellement reconnues par cette approche, alors que dans les leucémies aiguës myéloblastiques le phénotypage permet une confirmation du diagnostic cytologique et la recherche de facteurs pronostiques. Un système de score (EGIL) permet d’assigner aux cellules tumorales leur contrepartie normale à une lignée en fonction de l’expression de différents marqueurs. Dans les lymphopathies chroniques, l’immunophénotypage peut faire le diagnostic grâce à un système analogue tel que le système du score de Matutes dans la leucémie lymphoïde chronique. Dans d’autres pathologies, comme les lymphomes du manteau, le lymphome folliculaire, les leucémies à tricholeucocytes, certaines combinaisons antigéniques permettent d’évoquer le diagnostic mieux qu’en immunohistochimie. En effet, la coexpression de plusieurs marqueurs est un élément essentiel de cette approche diagnostique qu’il peut être difficile à mettre en évidence sur coupe. Enfin, lors du suivi sous traitement, la détection de la maladie résiduelle basée sur la détection d’événements rares caractérisés par un phénotype spécifique est une approche qu’il convient d’évaluer par rapport, en particulier, aux techniques de biologie moléculaire.