John Libbey Eurotext

Annales de Biologie Clinique

Données actuelles sur le dosage de l’excrétion urinaire de l’albumine Volume 68, numéro 1, janvier-février 2010

Résumé : L’excrétion urinaire de l’albumine témoigne d’une atteinte rénale et est reconnue comme un facteur de risque de la progression de la maladie rénale et des pathologies cardiovasculaires. L’importance des dosages urinaires de l’albumine est démontrée par la nécessité pour les cliniciens de disposer de résultats précis et facilement interprétables. Le programme national d’éducation sur les maladies rénales (National kidney disease education program) et l’IFCC ont réalisé une conférence pour faire le point sur les données actuelles à la fois préanalytiques, analytiques et post-analytiques concernant le dosage urinaire de l’albumine, et pour dégager les besoins d’amélioration dans ce domaine. Les aspects biochimiques de l’élimination urinaire de l’albumine sont incomplètement connus. Les recommandations actuelles recommandent l’utilisation du rapport albumine/créatinine pour pallier l’erreur liée aux imprécisions du recueil des échantillons. Cependant aucune standardisation de la détermination de ce rapport n’est disponible bien que celui-ci puisse être affecté par la préparation du patient et l’heure de recueil des échantillons dans la journée. D’importantes différences inter essai ont été rapportées à la fois pour le dosage de l’albumine et pour le dosage de la créatinine et nous ne disposons pas aujourd’hui de procédure de référence pour le dosage de l’albumine, comme pour celui d’autres paramètres dosés dans les urines. Les intervalles de références recommandés pour les valeurs du ratio albumine/créatinine ne prennent pas en compte les différences parfois importantes de l’excrétion de la créatinine selon les sujets (par exemple différences liées à l’âge, au sexe et à l’ethnie). Hors l’utilisation en pratique clinique de ce rapport nécessite la standardisation de : a) les méthodes de recueil de l’urine, b) les méthodes de mesure urinaire de l’albumine et de la créatine sur la base d’un système de référence préalablement établi, c) l’existence et la publication des valeurs standardisées pour ces paramètres, et d) l’établissement des intervalles de référence pour le rapport albumine/créatinine.