ARTICLE
pnv.2011.0309
Auteur(s) : Anne Sonnic1,
Marc-Antoine Pistorius2, Florence
Delamarre-Damier3, Laure De Decker1, Bernard Planchon2, Gilles Berrut1 gilles.berrut@chu-nantes.fr
1 Pôle de gérontologie clinique, CHU de Nantes
2 Service de médecine interne, CHU de
Nantes ;
3 Service de gériatrie, CH de Cholet
Tirés à part : G. Berrut
Points clés
- •. L’évaluation gériatrique standardisée (EGS) validée
est l’élaboration d’un projet médical et social d’une personne
âgée, qui nécessite l’intervention de plusieurs professionnels et
demande du temps.
- •. Il est nécessaire de développer un outil de repérage
des personnes âgées pour lesquelles l’EGS est indiquée.
- •. Le test d’alerte gériatrique (TAG) est un
questionnaire de 6 items qui permet de dépister les personnes âgées
justifiant une évaluation gériatrique lors d’une consultation.
- •. Il peut être réalisé par un non-gériatre.
- •. Une réponse positive à l’une des questions permet de
proposer une EGS à 80 % des patients pour lesquels il sera
conseillé 2 propositions, et d’écarter 80 % des sujets âgés
qui n’auraient pas eu de bénéfice d’une EGS.
L’évaluation gériatrique standardisée (EGS) est une évaluation
multi-domaine associée à un plan d’aide multi-professionnel
concerté avec la personne âgée et ses proches. Elle représente la
prise en charge la plus adaptée pour les personnes âgées fragiles
ou ayant une dépendance pour moins de trois activités de vie
quotidienne. Le travail initial de Rubinstein [1] dans les années
1980, puis la méta-analyse de Stuck [2] au début des années 1990
avaient ouvert la voie à une reconnaissance de cette démarche comme
une procédure adaptée aux personnes âgées. Une méta-analyse récente
prenant en compte les travaux publiés à ce jour dans la littérature
et utilisant des méthodes d’analyses statistiques plus rigoureuses
a été publiée dans le cadre des revues Cochrane [3]. Elle
confirme le bénéfice de l’EGS sur la prévention de la perte
d’autonomie fonctionnelle, le maintien à domicile et dans une
moindre mesure sur la perte des capacités cognitives, quoique ce
dernier bénéfice puisse sembler non pertinent au regard de
l’amplitude de l’effet constaté. L’EGS s’affirme une nouvelle fois
comme la démarche gériatrique qui apporte un bénéfice au patient
âgé. Mais l’EGS demande des moyens importants du fait de la
nécessité de la disponibilité de plusieurs professionnels, du temps
nécessaire pour l’évaluation et l’élaboration du plan d’aide. Le
nombre accru de personnes âgées prises en soins ou sollicitant des
coordinations gérontologiques, l’augmentation démographique
attendue et la réduction des moyens disponibles imposent qu’une
réflexion soit menée sur l’indication de telles évaluations. De
plus, ce ne sont pas les personnes âgées dépendantes qui tirent le
plus de bénéfice de ces évaluations [3], mais celles qui
n’apparaissent pas au praticien cliniquement comme fragiles ;
et le recours à un gériatre pour un tel discernement ne peut être
valablement proposé par le nombre réduit de ceux-ci par rapport aux
besoins prévisibles. Il faut donc que ce repérage des personnes
âgées nécessitant une EGS puisse être réalisé par un médecin non
gériatre, voire un personnel d’une autre profession.
C’est pourquoi des outils de repérage bref, dans leur
réalisation sont recherchés. Certaines échelles ou questionnaires
ont déjà été publiés dans le contexte d’hospitalisations
[4, 5], aux services d’admission des urgences [6-8], dans des
coordinations gérontologiques [9, 10] ou lors de prises en
charge spécialisées [11]. Mais aucune ne vise une population de
personnes âgées venant en consultation externe.
Le but de cette étude est de montrer si le test d’alerte
gériatrique (TAG) est suffisant pour orienter à bon escient un
sujet âgé vers une évaluation gériatrique standardisée lors d’une
consultation externe hospitalière d’une spécialité non
gériatrique.
Méthodes
Cette étude prospective d’observation de validation d’un outil
d’orientation de personnes âgées vers une évaluation gériatrique
standardisée a été réalisée au sein d’un service de consultations
externes de médecine interne vasculaire.
Tous les patients venus pendant une durée de 6 mois, un jour
donné de la semaine (le mardi) en consultation vasculaire ont eu un
TAG, et une évaluation gériatrique standardisée.
En début de consultation, le praticien expliquait le protocole,
en particulier la réalisation d’une évaluation gériatrique
standardisée par un médecin gériatre après renseignement d’un
questionnaire. Le praticien posait les questions du TAG, puis
effectuait une consultation de médecine interne vasculaire de
manière usuelle. Ensuite, le même jour, de manière consécutive, le
patient changeait de salle de consultation et avait une évaluation
gériatrique standardisée par un médecin gériatre qui n’avait pas
connaissance du résultat au TAG. Le patient était informé que les
résultats de cette évaluation seraient adressés à son médecin
traitant.
Ont été inclus dans cette étude, tous les patients âgés de plus
de 70 ans ayant accepté de participer à cette étude après une
information par le médecin consultant. Étaient exclus les patients
de moins de 70 ans, ceux ne pouvant donner leur consentement ou
ayant refusé de participer.
Test d’alerte gériatrique
Le test d’alerte gériatrique (TAG) est composé de 6 questions
(Annexe 1) :
- –. la première question porte sur la survenue d’une
chute ayant entraîné une consultation ou une hospitalisation, dans
les trois derniers mois ;
- –. la deuxième question informe sur l’existence d’une
perte de poids ou d’une perte d’appétit ;
- –. la troisième question interroge sur la présence de
difficultés pour voir ou entendre ;
- –. la quatrième question explore le besoin d’aide dans
la vie quotidienne ;
- –. la cinquième question considère la présence d’une
altération des fonctions cognitives ;
- –. enfin, la sixième question est ouverte et invite le
médecin à indiquer si un avis gériatrique est nécessaire et pour
quelle raison.
Le TAG est considéré comme positif si au moins une réponse est
positive à l’un des items.
L’évaluation gériatrique standardisée
Quel que soit le résultat du TAG, une évaluation gériatrique
standardisée était réalisée.
Avant toute évaluation, nous avons rappelé l’objet de notre
démarche et obtenu de nouveau le consentement du patient, l’examen
demande 30 à 45 minutes.
L’évaluation gériatrique standardisée (EGS)
comportait :
- –. un questionnaire comprenant les items suivants :
la situation familiale, la présence d’aidant familial, l’habitat,
une éventuelle protection juridique, le motif de consultation en
médecine interne, les antécédents personnels et les pathologies
actuelles ;
- –. le traitement médicamenteux, les thérapeutiques non
médicamenteuses et les aides techniques déjà en place (lunettes,
audioprothèses, prothèses dentaires, chaussures orthopédiques,
cannes, déambulateurs, fauteuils, lits médicalisés) ;
- –. un Mini nutritionnal assesment (MNA)
[12] ;
- –. un questionnaire sur l’hygiène de
l’élimination ;
- –. une recherche d’une anomalie de la vision et de
l’audition ;
- –. un interrogatoire sur la présence ou non de troubles
du comportement, du sommeil, de l’alimentation et du
transit ;
- –. un Mini mental state (MMS) [13] ;
- –. une échelle des activités de la vie quotidienne
[14] ;
- –. une échelle des activités instrumentales de la vie
quotidienne [15] ;
- –. un Get-up and go test [16] et un test de
station unipodale [17] ;
- –. un examen clinique cardiologique ;
- –. un examen des pieds ;
- –. une grille AGGIR avec les variables discriminantes et
illustratives [18] ;
- –. un mini GDS [19].
À l’issue de l’EGS, étaient formulés des conseils adressés au
médecin vasculaire et au médecin traitant.
Pour l’analyse de la pertinence de l’EGS, ont été extraits 10
critères :
- –. la nécessité d’un conseil sur l’ordonnance (présence
simultanée sur l’ordonnance de deux neuroleptiques ou deux
benzodiazépines ou deux traitements à effet
anticholinergique) ;
- –. le Mini nutritionnal assessment (MNA)
inférieur à 17 et/ou l’Indice de masse corporelle (IMC) inférieur à
18 kg/m2. Ces 2 arguments de dénutrition justifient un
conseil diététique ;
- –. la nécessité d’un examen urodynamique ;
- –. la nécessité d’une consultation
ophtalmologique ;
- –. la nécessité d’une consultation ORL ;
- –. le Mini mental state inférieur à 18/30, en
l’absence de prise en charge connue d’un syndrome
démentiel ;
- –. la dépendance pour plus de 3 activités de la vie
quotidienne ;
- –. le risque de chute avec station unipodale et le lever
de chaise impossible ;
- –. l’hypertension artérielle avec des chiffres de
pression artérielle supérieure à 160/100 mmHg ;
- –. le Groupe iso ressource de 1 à 4 (AGGIR) sans demande
d’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou sans réévaluation
du plan d’aide.
Critères d’interprétation
L’évaluation gériatrique est considérée dans ce travail comme
indispensable s’il y a 3 critères ou plus présents, elle est dite
nécessaire s’il y en a 2.
Analyses statistiques
Les données ont été colligées sur un logiciel Excel 14.1
(Microsoft®). L’analyse entre les variables qualitatives
a été réalisée au moyen du test du Chi-2. La performance
intrinsèque du test en termes de sensibilités et spécificités a été
calculée selon que le jugement se fondait sur le caractère
indispensable (formulation de 3 conseils) ou nécessaire (2
conseils) de l’EGS.
Résultats
Trente patients (20 femmes et 10 hommes) ont été inclus. Ils
étaient âgés en moyenne de 83,4 ans (valeurs extrêmes :
72-96). La grande majorité habitait à leur domicile (n = 26 ;
86,66 %).
Renseignement du test d’alerte gériatrique
La répartition des patients selon le nombre de réponses au TAG
est la suivante : aucun item : 8 patients ;
1 = 5 ; 2 = 7 ; 3 = 7 ; 4 = 3 ; 5 et 6 items =
aucun patient.
Ainsi 26,7 % des patients n’avaient aucun item positif et
73,3 % étaient éligibles pour une EGS avec 1 à 4 items
positifs.
La fréquence des réponses aux différents items est indiquée dans
le tableau 1. Le besoin d’aide dans la
vie quotidienne est l’item le plus souvent noté (56,7 % des
patients). Le besoin d’un avis gériatrique était justifié par la
présence d’une douleur (n = 2), d’une somnolence inexpliquée
(n = 1) ou d’une réduction de la mobilité de marche (n = 1).
Tableau 1 Fréquence des réponses aux différents items du
test d’alerte gériatrique.
Frequency of the answers to the various items of the geriatric
warning test.
| N̊ item |
Enoncé item |
N |
Pourcentage |
| 1 |
Consultation ou hospitalisation pour chute
< 3 mois |
6 |
20,00 |
| 2 |
Perte de poids ou manque d’appétit |
9 |
30,00 |
| 3 |
Difficultés pour voir ou entendre |
12 |
40,00 |
| 4 |
Besoin dans la vie quotidienne |
17 |
56,67 |
| 5 |
Altération des fonctions cognitives |
4 |
13,33 |
| 6 |
Besoin d’avis gériatrique |
4 |
13,33 |
Les évaluations gériatriques standardisées
Pour 19 patients (63 %), l’évaluation gériatrique
standardisée (EGS) a permis de donner des conseils pour 2 critères,
donc conforme à la définition d’une EGS nécessaire, et pour 9
patients (30 %), l’EGS entraînait des conseils pour 3
critères, et était définie comme indispensable.
Au cours des EGS, les conseils ont été prodigués pour les
critères d’utilité selon la répartition suivante :
- –. nécessité d’un conseil sur ordonnance :
0 ;
- –. conseils nutritionnels : 2 ;
- –. avis urodynamique : 6 ;
- –. examen ophtalmologique : 9 ;
- –. examen ORL : 16 ;
- –. consultation mémoire : 3 ;
- –. besoin d’aide dans la vie quotidienne :
9 ;
- –. risque de chute : 14 ;
- –. révision du traitement antihypertenseur :
0 ;
- –. accessibilité à l’allocation personnalisée
d’autonomie : 9.
Performance du test d’alerte gériatrique
Alerte pour une EGS nécessaire
Le test d’alerte gériatrique (TAG) prenant en compte un item
pour être positif permet d’adresser les patients pour lesquels
l’EGS est nécessaire ; pour près de 70 % d’entre eux 2
conseils seront prodigués. Si l’on exige 2 items pour considérer le
TAG positif, environ 3 patients sur 10 pour lesquels l’EGS aurait
permis de donner 2 conseils ne seront pas adressés au gériatre,
sans améliorer le nombre de patients qui auront effectivement ces
conseils après l’EGS. La performance du test est correcte que ce
soit pour évaluer les patients qui en ont un bénéfice et écarter de
l’EGS ceux qui n’en ont pas besoin avec une erreur de 20 %
dans les 2 cas, comme le montrent les valeurs prédictives positive
et négative aux environs de 81 à 87 %.
Alerte pour une EGS indispensable
La positivité du TAG avec un seul item impose que tous les
patients sont adressés à l’EGS et seuls 4 patients sur 10 recevront
effectivement 3 conseils supplémentaires après l’EGS. La
performance ne présente pas de supériorité en prenant en
considération 2 items.
Discussion
Le TAG, positif sur un item, permet d’évaluer tous les patients
qui en ont besoin et 60 % d’entre eux en tireront une
information utile sur l’un des critères de l’EGS.
L’item 6 du TAG sous forme de commentaires a probablement fait
inclure quelques patients sur une appréciation subjective dépendant
du clinicien, mais le faible nombre de renseignements de l’item 6
atténue cette critique et tendrait à proposer un TAG avec 5
questions qui regrouperaient 98 % des réponses.
Dans cette étude, l’EGS conduit le plus souvent à indiquer une
exploration d’un risque de chute, d’un déficit ORL ou visuel. De
même, les patients qui venaient à cette consultation de médecine
interne vasculaire n’avaient pas besoin de conseils pour le
traitement antihypertenseur, ou pour le reste de la prescription,
et peu d’entre eux nécessitaient une consultation mémoire (3/30)
(tableau 2).
Tableau 2 Performance du test d’alerte gériatrique.
Geriatric warning test performance.
| Justification d’une EGS |
Nombre d’items positifs de la TAG |
Sensibilité (%) |
Spécificité (%) |
Valeur prédictive positive (%) |
Valeur prédictive négative (%) |
| Nécessaire |
|
|
|
| |
|
| 1 item |
94,7 |
63,6 |
81,8 |
87,5 |
|
| 2 items |
68,4 |
63,6 |
76,5 |
53,9 |
| Indispensable |
|
|
|
| |
|
| 1 item |
100 |
38,1 |
40,9 |
100 |
|
| 2 items |
88,9 |
57,1 |
47,1 |
92,3 |
L’EGS, en utilisant des outils validés [20], permet d’explorer
de façon systématique un certain nombre de fonctions :
fonctions cognitives, humeur, autonomie, état dentaire, état
nutritionnel, fonctions sphinctériennes, marche et équilibre,
vision, audition. Cette méthode permet de proposer une stratégie de
prise en charge et de suivi [21].
De nombreuses études prouvent que l’EGS améliore le niveau de
santé et d’autonomie des personnes âgées : l’étude de
Rubenstein rapporte une augmentation de la survie, une amélioration
du statut fonctionnel, une diminution des durées
d’hospitalisations, des ré-hospitalisations et des dépenses de
santé [1]. La méta-analyse de Stuck montre que les différents
programmes d’EGS rapportés dans la littérature permettent une
réduction de 14 % de la mortalité, de 12 % des
hospitalisations, augmentent la survie à domicile de 26 %,
améliorent les fonctions cognitives de 41 % et le statut
fonctionnel de 72 % [2]. La méta-analyse de Kuo montre que
l’EGS est plus efficace quand elle est réalisée dans des unités
d’évaluation gériatrique hospitalières spécialisées [22]. La
finalité de l’EGS est de guider les orientations diagnostiques,
thérapeutiques et rééducatives. L’une des difficultés de l’EGS
réside en son temps de réalisation qui limite sa pratique sur le
terrain. Au regard de l’augmentation attendue des personnes âgées
[23], des tests ultra-courts peuvent trouver leur place en vue de
déterminer les patients âgés pour lesquels la réalisation d’une EGS
est la plus profitable.
Plusieurs grilles visant à détecter, dans un temps très réduit,
des éléments de fragilité et cibler les patients à risque sont en
cours de validation :
- –. aux USA, le HARP (Hospital admission risk
profile) de Sager [4] évalue le risque de déclin fonctionnel
associé à l’hospitalisation et persistant dans les semaines suivant
la sortie. Cet outil comprend 3 facteurs de risque : le score
pour les activités instrumentales de la vie quotidienne
2 semaines avant l’admission, l’âge et le score au MMS. Ces
données sont facilement accessibles lors de l’anamnèse réalisée par
le médecin des urgences mais, selon Cornette [24], mériteraient
d’être enrichies de nouveaux critères pour être plus
prédictives ;
- –. en Belgique, le SHERPA (Score hospitalier
d’évaluation du risque de perte d’autonomie) est adapté du HARP et
a été développé et validé par Cornette [5, 24]. Son but est de
prédire le risque de déclin fonctionnel à 3 mois après la sortie de
l’hôpital pour les personnes âgées se présentant aux urgences. Il
est une adaptation belge de l’outil américain HARP. Il reste un
test qui demande du temps en raison de la présence du
MMS ;
- –. le SEGA (Short emergency geriatric assesment)
développé par l’équipe du Professeur Swine [25]. Le volet A porte
sur le signalement et les caractéristiques relatives au profil
gériatrique (âge, lieu de vie, médicaments, fonctions cognitives et
fonctionnelles, humeur, comorbidités) et le volet B regroupe les
facteurs susceptibles d’influencer le plan de sortie et/ou de
prolonger le séjour en raison des difficultés à réaliser le projet
de sortie. Cet outil est destiné à l’évaluation rapide du profil
gériatrique des patients âgés de plus de 70 ans admis aux urgences,
au service d’admission ou admis sans programmation, mais il n’est
pas validé ;
- –. la VIP (valeur indicative du placement) [6], facile
d’utilisation mais non complètement validée ;
- –. au Canada, le score ISAR (Identification of senior
at risk) a été publié par Mc Custer [7] ; il permet de
prédire le déclin cognitif, la dépression, la mortalité et
l’institutionnalisation et il a une bonne valeur prédictive [26].
Cet outil est simple d’utilisation et est composé de 6 questions
qui ne requièrent pas de compétences, il est fondé sur
l’interrogatoire du patient et/ou de son entourage et prend moins
de 5 minutes. Une revue systématique conduite par Aminzadeh
identifie l’échelle ISAR comme un outil de screening valide
[27] ;
- –. l’Edmonton frail scale est une échelle
permettant d’identifier les patients âgés fragiles développée par
Rolfson [8], il se veut un outil facile d’utilisation et utilisable
par un médecin ou une infirmière. Il couvre neufs domaines :
état cognitif, état général, indépendance fonctionnelle, support
social, utilisation de médicaments, nutrition, humeur, continence,
performance fonctionnelle. Sa fiabilité et sa validité ont été
démontrées ;
- –. le Prisma-7 est un outil de repérage pour identifier
les personnes âgées en perte d’autonomie significative [9]. Simple
et rapide, il est composé de 7 questions et a été créé dans le
cadre de la mise en place d’un réseau intégré de services pour
personnes âgées (RISPA) ; un seuil de 3 réponses positives ou
plus permet d’identifier les personnes ayant un SMAF (Grille
canadienne de l’évaluation de l’autonomie) de -15 ou moins. Une
évaluation complète avec le SMAF doit ensuite être effectuée auprès
des cas identifiés positifs. Il permet de cibler les évaluations
complètes en évitant le problème de temps lié à l’évaluation de
toutes les personnes âgées et s’utilise par téléphone, par écrit ou
face à face. Il est issu du Prisma [10] (Programme de recherche sur
l’intégration des services de maintien à domicile) dont le but est
d’élaborer, de mettre en œuvre et d’évaluer des mécanismes et des
outils destinés à améliorer la continuité des soins et à intégrer
les services de santé offerts aux personnes âgées du Canada en
perte d’autonomie ;
- –. en France, plusieurs applications ont été faites de
ces outils, par exemple Gonthier et al., dans leur étude sur
176 patients, identifient 9 critères de fragilité pour
individualiser les personnes âgées de plus de 75 ans aux urgences
[28]. On trouve des applications plus spécifiques de ce repérage de
la fragilité de la personne âgée, par exemple en cancérologie, dans
un but d’amélioration de la prise en charge thérapeutique
[29] ;
- –. le TAG montre une efficacité à repérer les personnes
âgées qui tirent bénéfice d’une EGS. Ce test peut être utilisé par
un médecin non gériatre et, dans notre étude, lors d’une
consultation externe. Ce test, qui peut être déjà utilisé dans ce
contexte, doit être validé lors de situations cliniques différentes
et lors de prises en charge dans des coordinations
gérontologiques.
Conflits d’intérêts: aucun.
Annexe 1 . Le test d’alerte gériatrique
Annex 1. The geriatric warning test
Une réponse positive aux items suivants justifie une
évaluation gériatrique standardisée
1) Votre patient a-t-il consulté ou été hospitalisé pour une
chute dans les 3 derniers mois ?
Oui Non
2) Votre patient a-t-il perdu du poids ou n’a-t-il pas
d’appétit ?
Oui
Non
3) Votre patient a-t-il des difficultés pour voir ou
entendre ?
Oui
Non
4) Votre patient a-t-il besoin d’aide dans la vie
quotidienne ?
Oui
Non
5) Votre patient a-t-il une altération des fonctions
cognitives ?
Oui
Non
6) Votre patient a-t-il besoin d’un avis gériatrique pour une ou
plusieurs autres raisons que celles citées précédemment ?
Oui
Non
Citez-la(les) :
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