ARTICLE
Les défenses anti-infectieuses regroupent un ensemble de mécanismes
visant à éviter l'introduction et le développement
d'un agent pathogène dans l'organisme. Schématiquement,
on distingue les mécanismes non spécifiques et les mécanismes
spécifiques. Les virus subissent, comme les autres agents pathogènes,
l'action des mécanismes non spécifiques de défense.
Le système du complément participe à la défense
contre les virus en agissant de plusieurs façons. Il permet en
effet d'augmenter l'efficacité de l'action antivirale des anticorps,
mais il peut également agir sans l'aide des anticorps par l'intermédiaire
du complexe d'attaque. Des cytokines, telles que l'IL1, le TGFb, l'IL13,
ont, entre autres, une action antivirale, mais elle est faible comparée
aux autres cytokines. Une cytokine majeure à activité antivirale
est le TNFa (tumor necrosis factor a). Le TNFa peut limiter la
réplication virale en provoquant la lyse des cellules infectées
par un virus [1]. Il a une action antivirale probablement par l'intermédiaire
des interférons (IFN) de type I en augmentant leur action et en
stimulant la synthèse d'IFNa [2]. Les interférons sont les
cytokines les plus efficaces pour lutter contre les virus.
Les interférons
de type I
Les interférons sont classés en deux types (I et II) en
fonction de leurs propriétés antigéniques, biologiques
et physico-chimiques. D'autre part, ceux de type I (IFNa et b) partagent
le même récepteur et comprennent les interférons a,
b et w. L'interféron de type II (IFNg) possède son propre
récepteur. Les gènes des interférons de type I sont
situés sur le chromosome 9. Le gène de l'IFNg se situe sur
le chromosome 12 [3, 4].
Dix-huit gènes (A1, A2...) ont été dénombrés
pour les interférons a, un seul pour l'IFNb, cinq (dont quatre
pseudogènes) pour l'IFNw. Les gènes des interférons
de classe I sont situés sur le bras court du chromosome 9. Plus
de vingt molécules d'IFNa, une seule molécule d'IFNb et
une seule molécule d'IFNw ont été identifiées,
leur poids moléculaire variant de 17 000 à 25 000 daltons.
Les fibroblastes peuvent synthétiser une très faible quantité
d'IFNa. Les principales cellules productrices d'IFNa sont surtout les
monocytes, les lymphocytes B et une population peu nombreuse de cellules
mononuclées HLA-DR+, ne possédant ni marqueur
T ni marqueur B (natural interferon producing cells ou NIPC) qui
sont probablement des cellules dendritiques immatures [5, 6]. Les fibroblastes,
les cellules épithéliales et endothéliales produisent
de l'IFNb.
Évolution des gènes d'IFNa
humain
La carte des gènes d'IFNa humain montre l'existence d'au moins
deux groupes de gènes : un groupe ancestral comportant les loci
: IFNA1, 2, 5, 6, 8, 13 et IFNAP22, qui sont regroupés
du côté proximal du groupe des gènes, et un groupe
dit « moderne » comportant l'IFNA 4, 7, 10, 16, 17 et
21, localisés sur l'extrémité distale. Le
gène de l'IFNa14 est une chimère semblable aux membres des
deux groupes. Il a été suggéré aussi que l'expansion
du groupe « moderne » des gènes d'IFNa est secondaire
à une diversification du récepteur d'IFNa qui est capable
de distinguer les produits du groupe « ancestral » de ceux du
groupe « moderne ». Cela implique que ces deux groupes d'IFNa
ont des effets distincts provoqués par des différences au
niveau des sous-unités du récepteur d'IFNa [7].
Les allèles du
gène d'IFNa
Bien qu'il existe au moins 3 allèles d'IFNA2 dans la population
humaine, des études récentes ont montré que l'IFNA2b
est l'allèle prédominant aux États-Unis, alors que
l'IFNA2c est très rare et l'IFNA2a n'est pas détecté
[8]. Ces résultats ont été confirmés aujourd'hui
par une autre étude japonaise [9]. De plus, Golovleva et al.
ont mis en évidence un polymorphisme dans les autres loci d'IFNa
: IFNA1, 10, 13, 14 et 17. Les seuls loci qui montrent
un polymorphisme significatif sont l'IFNA10 et l'IFNA17
[10].
Structure de l'IFNa et de son récepteur
La structure tridimensionnelle de l'IFNa humain a été
déduite de celle de l'IFNb murin en raison de leur fixation sur
le même récepteur [11, 12]. L'IFNb murin est constitué
de quatre hélices a empaquetées : A, B, C et E interagissant
étroitement entre elles, et une cinquième hélice
D attachée aux hélices B et E (figure
1) [13]. Les domaines fonctionnels importants dans la fixation
au récepteur sont constitués par les régions correspondant
aux résidus 29-35 (boucle AB) et 123-140 (hélice D et boucle
DE), alors que la région 78-95 (hélice C) porte la spécificité
d'espèce [14].
Le récepteur de l'IFNa/b est un hétérodimère
constitué d'au moins deux chaînes polypeptidiques désignées
IFNAR-1 (sous-unité a) et IFNAR-2 (sous-unité b), appartenant
aux récepteurs de classe II des cytokines à hélices
a. La super-famille des récepteurs de cette classe des cytokines
comporte le récepteur de classe I de l'hormone de croissance, les
récepteurs d'IFNa et d'IL10 et les récepteurs de facteurs
tissulaires humains. Ces récepteurs sont caractérisés
par un domaine extracellulaire D200 composé de deux sous-domaines
globulaires d'environ 100 acides aminés (SD100) ressemblant aux
domaines type III de la fibronectine avec sept feuillets b [15]. La partie
extracellulaire d'IFNAR-1 est dupliquée (2 D200) et consiste ainsi
en quatre domaines globulaires avec une conformation b à double
couche, suggérant la présence de deux domaines de fixation
(figure 2). La région
intracellulaire contient quatre résidus tyrosine et un domaine
de fixation de la tyrosine kinase TYK2. Récemment, il a été
démontré que l'IFNAR-2 existe sous trois formes : une forme
soluble (IFNAR-2a d'environ 45 kDa) et deux formes membranaires différenciées
par la longueur de la région intracellulaire : une forme courte
(IFNAR-2b ou sous-unité bS d'environ 55 kDa) et une forme longue
(IFNAR-2c ou sous-unité bL d'environ 95-100 kDa). La partie extracellulaire
IFNAR-2 est formée d'un seul domaine D200. La région intracellulaire
de la sous-unité bL comporte sept résidus tyrosine et des
domaines de fixation des protéines kinases JAK1 et STAT2 [16].
La chaîne IFNAR-2 est responsable de la fixation d'IFNa/b alors
que la chaîne IFNAR-1 est nécessaire pour augmenter l'affinité
du récepteur et pour le recrutement des protéines de transduction
du signal JAK/STAT [17, 18].
Les interférons de type I se fixent sur un récepteur spécifique
à la surface de la membrane cellulaire. Cela a pour conséquence,
entre autres, l'induction d'un état antiviral dans la cellule.
En plus de ce récepteur membranaire, une forme soluble a été
mise en évidence [19]. La forme soluble du récepteur ne
serait pas le produit de la coupure du récepteur membranaire mais
d'une synthèse de novo, comme le suggère la présence
d'ARN messagers codant spécifiquement pour la forme soluble du
récepteur. Cette forme soluble aurait une action de blocage des
interférons de type I et donc jouerait un rôle important
dans la modulation de l'effet des interférons de type I [20].
Les inducteurs des interférons
de type I
Les inducteurs des interférons de type I sont surtout les virus
réplicatifs, mais d'autres inducteurs existent comme des particules
virales non infectieuses, inactivées par la chaleur ou les UV [21].
D'autre part, des cellules infectées par certains virus, comme
le virus de la diarrhée transmissible du porcelet ou le virus herpès
simplex de type I, sont capables également d'induire la synthèse
d'IFNa in vitro [22, 23]. C'est par l'intermédiaire d'antigènes
viraux situés à leur surface membranaire que ces cellules
infectées peuvent stimuler la synthèse d'IFNa. Plus récemment,
Capobianchi et al. [24] ont montré que la glycoprotéine
d'enveloppe gp120 du VIH1 pouvait induire la synthèse d'IFNa in
vitro par des cellules mononucléées du sang périphérique.
Enfin, Lebon et al. [25] ont montré que des entérovirus
en présence d'immunoglobulines polyvalentes sont de bons inducteurs
de la synthèse d'IFNa in vitro alors qu'ils sont peu efficaces
en l'absence d'anticorps.
Des substances de synthèse sont inductrices d'interférons.
L'une d'entre elles, l'imiquimod (1-(2-méthylpropyl)-1H-imidazo[4,5-c]quinoléine-4-amine),
est capable d'induire la synthèse d'interférons de type
I par les cellules mononucléées du sang périphérique
mises en culture selon des mécanismes proches de ceux mis en jeu
lors de l'induction d'IFNa par le virus Sendaï [26, 27]. Les polyribonucléosides
bicaténaires (poly(I)poly(C)) peuvent aussi induire la synthèse
d'IFNa.
Mécanismes moléculaires de l'induction
des interférons de type I
Les interférons de type I ne sont pas spontanément produits,
excepté l'IFNa5 mais à taux faibles [28]. Le mécanisme
d'induction de l'IFNb est mieux connu que celui de l'IFNa. Il existe deux
domaines chevauchant situés au niveau du promoteur du gène
IFNB : PRD1 et PRD2 (PRD ou positive regulatory domain).
Ces deux domaines peuvent se lier à deux facteurs intracellulaires
IRF1 et IRF2 (interferon regulatory domain). Malgré la forte
homologie de séquence entre ces deux facteurs, ils ont une activité
opposée (compétition). Les virus, l'ARN bicaténaire
et l'IFNb lui-même stimulent la synthèse d'IRF1 qui provoque
à son tour (via PRD1) la transcription du gène de
l'IFNb [29]. L'IRF2, quant à lui, joue un rôle inhibiteur
et serait déplacé de son site de liaison (PRD2) lorsque
l'inducteur est présent dans la cellule. IRF1 n'agit pas seul mais
forme un complexe avec NF-kB et ATF2/Cjun (figure
3). Ce complexe s'associe lui-même à des protéines
de haute mobilité pour former un enhancéosome. Bien qu'IRF1
joue un rôle central dans l'induction de l'IFNb, d'autres voies
sont capables de provoquer la synthèse des interférons de
type I [30]. Elles ne sont pas encore connues mais pKR (une protéine
induite par les interférons de type I) pourrait activer la synthèse
d'interférons. Pour les IFNa, les mécanismes sont moins
bien connus et semblent plus complexes. Les gènes des IFNa (IFNA)
sont nombreux, ne comportent pas d'introns mais présentent entre
eux 94 % d'homologie dans leur séquence nucléotidique. L'abondance
des gènes IFNA ne s'explique pas encore. Tous les sous-types
d'IFNa ont une action antivirale, antiproliférative et immunomodulante
mais à des degrés divers en fonction du type cellulaire.
Des travaux réalisés à l'aide de lignées cellulaires
d'origines murine et humaine montrent que la balance entre IRF1 et IRF2
est impliquée dans l'induction de l'expression des gènes
IFNA. Cependant, ils ne sont pas les seuls à agir comme
le montrent les travaux réalisés chez les souris ne possédant
pas le gène d'IRF1. En fait, il semble que d'autres protéines
puissent se fixer sur le site de IRF1 se situant au niveau du promoteur
des gènes IFNA. En effet, IRF1 appartient à une famille
de protéines qui présentent des similitudes entre elles
au niveau des séquences terminales d'acides aminés. D'autre
part un complexe protéique, nommé AF1, joue également
un rôle dans l'induction de l'expression des IFNA [31]. Ce
complexe est bien différent de IRF1 et se fixe sur une autre région
du promoteur des gènes IFNA [32]. AF1 est composé
d'au moins deux protéines (78 et 96 kD) qui se fixent sur l'ADN
pour former un complexe de haute mobilité, complexe présent
également dans des cellules non infectées. L'infection virale
provoque non pas la fixation d'une nouvelle protéine mais plutôt
la modification des interactions de AF1 avec d'autres protéines.
Il apparaît donc que pour l'induction des gènes IFNA,
deux sites situés sur le promoteur de ces gènes jouent un
rôle synergique. Il semble donc que, plus que IRF1 lui-même,
c'est la séquence liant IRF1 au niveau du promoteur des IFNA
qui est importante.
Les sous-types d'IFNa
Les sous-types d'IFNa, par leur fixation à un récepteur
commun, jouent un rôle primordial dans la défense antivirale
en amont du système immunitaire et de ce fait se distinguent des
autres cytokines. À cette activité antivirale s'ajoutent
des activités antiprolifératives et immunomodulantes, dues
à la grande variété des sous-types constituant le
système de l'IFNa : au moins quinze sous-types ont été
détectés dans les surnageants de cultures des leucocytes
stimulés avec des virus ou des polyribonucléotides bicaténaires
(poly(ri) poly(rc)) (IFNa1, IFNa2, IFNa4, IFNa5, IFNa7, IFNa8, IFNa10,
IFNa13, IFNa14, IFNa17, IFNa21...). Ainsi, la stimulation des cellules
mononucléées du sang périphérique avec le
virus de la maladie de Newcastle ou le poly(ri).poly(rc) provoque l'expression
des multiples gènes d'IFNa avec prédominance d'IFNa1 et
IFNa2 [33]. Une prédominance de production d'IFNa1/a13, IFNa2b,
IFNa14 et IFNa21 ainsi qu'une faible quantité d'IFNa10 ont été
obtenues après activation des cellules mononucléées
du sang périphérique avec le virus Sendaï [34]. Les
sous-types les plus abondants induits par le virus Sendaï sont IFNa1/a13
et IFNa2b. Cependant, Di Paola et al. ont rapporté que les
cellules mononucléées du sang périphérique
stimulées avec le virus Sendaï produisent en majorité
IFNa2b, IFNa8b, IFNa10a, IFNa14c et IFNa17b [35].
Des effets antagonistes comme des effets synergiques entre les sous-types
d'IFNa ont été observés in vitro. Ainsi, l'IFNa1
et l'IFNa2 ensemble provoquent une augmentation de l'activité antivirale
plus importante que celle observée avec un seul sous-type isolément.
En revanche, l'IFNa7 est capable d'inhiber la stimulation de l'activité
des cellules natural killer (NK) induite par l'IFNa2 [36]. Les
effets des sous-types d'IFNa sur les molécules du complexe majeur
d'histocompatibilité (CMH) sont différents : alors que l'IFNa1
stimule l'expression des antigènes de classe II du CMH, l'IFNa2
stimule l'expression des antigènes de classe I [37].
Les propriétés antivirales de l'IFNa
et de ses sous-types
L'IFNa provoque dans la cellule sensible un état antiviral en
induisant des modifications cellulaires touchant entre autres la membrane
cytoplasmique. Des cellules L murines en culture ont une membrane plus
rigide lorsqu'elles sont traitées par de l'IFNa, ce qui diminue
la pénétration du virus [38]. Le traitement par l'IFNa de
cellules en culture provoque également une inhibition de la fusion
entre la membrane cellulaire et un virus comme le virus Sendaï [39].
Enfin, Jay et al. [40] ont montré que des virions de virus
de la stomatite vésiculeuse libérés de cellules traitées
par IFNa étaient déficients en protéines d'enveloppe
impliquées dans la fixation du virus à la cellule.
La synthèse constitutive de l'IFNa5 en absence de toute stimulation
exogène, dans les tissus normaux et les cellules U937 [28], permet
l'expression basale des molécules de classe I du CMH dans les cellules
lymphoïdes, maintenant ainsi une réponse immune efficace contre
toute infection virale.
Une différence significative dans l'expression des ARNm individuels
d'IFNa selon les types cellulaires, a été observée.
Ainsi, dans les cellules L murines infectées par le virus de la
maladie de Newcastle, la quantité d'ARNm d'IFNa4 détectée
était beaucoup plus élevée que celle de l'IFNa1,
mais l'ARNm d'IFNa6 n'était pas exprimé ; alors que dans
les macrophages murins infectés par le virus, les trois ARNm étaient
exprimés au même niveau. Cette expression préférentielle
de certains gènes d'IFNa dans un type cellulaire particulier, est
aussi observée dans les cellules humaines : il a été
démontré que l'IFNA1 et l'IFNA2 sont exprimés
surtout dans les cellules lymphoïdes [41]. Dans une même population
cellulaire, des virus peuvent induire des sous-types d'IFNa différents
avec des activités antivirales distinctes. Les monocytes humains
stimulés avec le virus respiratoire syncitial produisent des sous-types
d'IFNa présentant une activité antivirale contre le virus
respiratoire syncitial, le virus influenza et le virus de la stomatite
vésiculeuse. Les même cellules stimulées avec le virus
influenza, produisent des sous-types d'IFNa actifs contre le virus influenza
et le virus de la stomatite vésiculeuse, mais leur activité
antivirale contre le virus respiratoire syncitial est 250 fois plus faible
[42]. L'IFNa produit par des cellules mononucléées du sang
périphérique cocultivées avec des monocytes infectés
avec le virus de l'immunodéficience humaine de type I, possède
une activité antivirale vis-à-vis du virus de l'immunodéficience
humaine ou du virus de la stomatite vésiculeuse vingt fois plus
faible que celle obtenue avec l'IFNa2b recombinant à concentrations
égales [43]. De plus, l'expression du transgène IFNA1
murin protège mieux les souris contre une infection par le cytomégalovirus
murin (MCMV) que l'expression des gènes IFNA4 et IFNA9
[44].
Interactions entre l'IFNa et son récepteur
à la surface de la cellule
La séquence N terminale de l'IFNa humain constitue le déterminant
majeur de cette diversité d'activité. Un anticorps monoclonal
qui neutralise l'activité d'IFNa2 et a4 sur une lignée cellulaire
épithéliale, ne neutralise que l'IFNa4 sur les cellules
lymphoïdes. Cet anticorps reconnaît des épitopes dans
la région N terminale d'IFNa et précisément les premiers
23 acides aminés qui couvrent la queue de la région N terminale
et l'hélice A, suggérant que l'hélice A n'est pas
impliquée directement dans la fixation au récepteur mais
peut jouer un rôle dans les interactions ultérieures du complexe
ligand-recepteur [45]. Des peptides de synthèse de l'IFNa (76-80,
73-80 et 69-80) fixés sur un site allostérique du récepteur
d'IFNa peuvent influencer l'activité du récepteur ou de
la molécule d'IFNa par des changements conformationnels en stabilisant
la structure du récepteur. L'acide aminé en position 80
est impliqué dans le site fonctionnel spécifique de chaque
sous-type d'IFNa [46]. L'une des chaînes polypeptidiques du récepteur
d'IFNa (IFNAR-1) interagit avec les hélices A et C, alors que la
boucle AB et l'hélice D interagissent avec l'autre chaîne
polypeptidique du récepteur (IFNAR-2) (figure
4) [47]. Les cellules qui, par mutagenèse dirigée,
n'expriment pas l'IFNAR-1, sont capables de fixer les boucles AB et DE
mais cette interaction n'aboutit pas à la transduction du signal
[48]. Les formes purifiées d'IFNa2b et IFNa21 recombinants ont
une forte activité antiproliférative sur les cellules de
la lignée Daudi, cependant, les expériences de compétition
indiquent que l'IFNa21 n'entre pas en compétition avec 125I-IFNa2b
sur la surface de ces cellules. Pourtant, l'IFNa2b entre efficacement
en compétition avec 125I-IFNa21, suggérant qu'il
existe au moins deux types de sites de fixation sur les cellules de la
lignée Daudi : des sites abondants de haute affinité qui
fixent l'IFNa2b et non l'IFNa21, et des sites de fixation de faible affinité
moins abondants qui fixent les deux sous-types d'IFNa [49].
La diversité des activités biologiques de l'IFNa est le
reflet de mécanismes variés : une diversité de sous-types
d'IFNa avec une fonction propre à chaque sous-type, une diversité
des effets synergiques ou antagonistes entre les sous-types, des modalités
diverses de fixation ligand-récepteur relatives à l'affinité
ou à la conformation du récepteur, transduisant des signaux
différents.
CONCLUSION
Des virus, comme les poxvirus, peuvent inhiber l'action d'une des protéines
antivirales induites par l'IFNa, notamment pKR, en provoquant la synthèse
d'une protéine se fixant aux ARN double-brins, empêchant
ainsi l'activation de la pKR [50]. Ils peuvent également provoquer
la synthèse d'une protéine ressemblant au facteur elF-2a,
protéine jouant un rôle dans l'initiation de la traduction
des protéines. Comme l'une des cibles de la pKR est le facteur
elF-2a, le virus peut ainsi piéger le système [51]. Ces
stratégies concernent les effets des interférons sur la
cellule. Cependant, certains virus, comme le virus de la vaccine, sont
capables d'agir directement sur les interférons de type I. En effet
ce virus synthétise des facteurs solubles capables de se lier aux
interférons de type I [52]. Les interférons sont ainsi détournés
de leur récepteur membranaire. Les stratégies d'échappement
aux interférons de type I élaborées par les virus
prouvent indirectement que ces molécules jouent un rôle essentiel
dans la lutte antivirale. Les mécanismes de la production et de
l'activité des interférons de type I, et notamment de l'IFNa,
ne sont pas entièrement élucidés, mais une meilleure
connaissance des sous-types d'IFNa et de leur mode d'action est indispensable
pour comprendre le fonctionement du système de l'IFNa.
Article reçu le 27 octobre 1998, accepté le 16 janvier
1999.
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