ARTICLE
san.2011.0274
Auteur(s) : Hajer Mabrouk1,,2 hajer_mabrouk@yahoo.fr, Haithem
Mechria2 mechriahaithem@yahoo.com,
Anwar Mechri2 anwar_mec@yahoo.fr, Wahiba Douki1,2 wahiba.douki@yahoo.fr, Lotfi
Gaha2 gaha.lotfi@rns.tn, Mohamed Fadhel
Najjar1 najjar.fadhel@rns.tn
1 Hôpital universitaire Fattouma-Bourguiba de
Monastir
Laboratoire de biochimie-toxicologie
5000 Monastir
Tunisie
2 Hôpital universitaire Fattouma-Bourguiba de
Monastir
Laboratoire « Vulnérabilité aux psychoses » LR 10 ES 05
Service de psychiatrie
5000 Monastir
Tunisie
Tirés à part : H. Mabrouk
Le cannabis, de son nom scientifique Cannabis sativa, est
une plante à chanvre successivement utilisée pour la fabrication de
papier, comme plante sacrée, comme médicament sédatif et
antalgique, puis enfin comme drogue psychodysleptique [1].
Le cannabis est le produit psychoactif illicite le plus
fréquemment consommé chez les adolescents et les jeunes adultes en
France et dans les pays occidentaux [2, 3]. L’usage du
cannabis est en baisse depuis 2003 [4]. La consommation à raison de
dix fois dans le mois est plus fréquente chez les jeunes de
17 ans (6,8 % des filles et 17,7 % des garçons) et
de 18 à 25 ans (6,3 %) que chez les adultes de
26 à 44 ans (1,3 %) [5–7]. Selon l’enquête sur les
toxicomanies au Canada (ETC) en 2004, près de 61,4 % des
jeunes ont consommé du cannabis au cours de leur vie et 37 %
en ont consommé au moins une fois au cours des 12 derniers
mois [8].
En 2004, selon l’Observatoire français des drogues et des
toxicomanies (OFDT), le développement d’une consommation régulière
parmi les adolescents et les jeunes adultes ainsi que les niveaux
atteints conduisent à s’interroger sur les modalités de
consommation ainsi que sur les conséquences somatiques et
psychiatriques de ces niveaux d’usage [7]. En effet, selon
l’enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de
préparation à la défense (ESCAPAD), en 2008, 2,2 % des jeunes
de 17 ans ont déjà fumé du cannabis au cours de leur vie
[4].
La Tunisie est également concernée par les conduites
toxicomaniaques malgré une législation répressive.
Notre travail a pour objectifs d’étudier le profil
sociodémographique des consommateurs de cannabis, ainsi que les
caractéristiques et les effets de la consommation.
Population d’étude et méthode
Population d’étude
Notre étude a concerné 205 sujets (14 femmes et
191 hommes) âgés de 25,9 ± 7,9 ans (16 à
79 ans), résidant dans les gouvernorats de Monastir ou de
Mahdia (figure 1),
interpellés pour suspicion d’usage de stupéfiants, examinés dans le
service de psychiatrie du CHU de Monastir et qui ont bénéficié d’un
bilan toxicologique dans le cadre d’une expertise
médico-légale.
Méthode
Nous avons effectué une étude transversale descriptive durant
neuf mois (janvier-août 2009). Les données ont été recueillies sur
une fiche comportant divers renseignements (âge, sexe, habitudes de
vie, antécédents psychiatriques personnels et familiaux, âge de
début et rythme de consommation du cannabis, modalités de
consommation et résultats des analyses toxicologiques).
L’interview s’est déroulée après le consentement verbal et
éclairé du sujet ainsi que l’assurance de son anonymat et de la
confidentialité du contenu de cet entretien, en présence d’un
psychiatre qui a assuré l’examen clinique.
La consommation de médicaments psychotropes et/ou de cannabis a
été confirmée par une analyse toxicologique.
Les données ont été analysées par le logiciel Statistical
Package for Social Sciences (SPSS® 15.0). Nous avons
utilisé les statistiques descriptives (pourcentage, moyenne et
écart type).
Résultats
Sur les 205 sujets interrogés, 125 ont reconnu avoir
déjà consommé au moins une fois du cannabis, ce qui représente une
fréquence globale de 61 %.
Chez cette population, nous avons noté une nette prédominance
masculine avec 118 hommes (94,4 %) pour sept femmes
(5,6 %). Les consommateurs sont âgés de 16 à 79 ans
avec une moyenne de 25,8 ± 8,8 ans, en majorité célibataires
(81,6 %), de niveau scolaire primaire (62,4 %), ayant une
activité professionnelle (72 %) et résidant dans des zones
urbaines (77,6 %). Dans cette étude, 28,8 % de notre
population avaient des antécédents personnels psychiatriques et
25,6 % de nos sujets avaient des antécédents familiaux
psychiatriques (tableau
1).
Tableau 1 Caractéristiques sociodémographiques des
consommateurs de cannabis (n = 125).
Social and demographic characteristics of cannabis users
(n = 125).
|
| n |
% |
| Âge moyen |
25,8 ± 8,8 |
|
| Sexe |
| |
| Hommes |
118 |
94,4 |
| Femmes |
7 |
5,6 |
| Statut marital |
| |
| Célibataires |
102 |
81,6 |
| Mariés |
19 |
15,2 |
| Divorcés |
4 |
3,2 |
| Niveau scolaire |
| |
| Analphabète |
1 |
0,8 |
| Primaire |
78 |
62,4 |
| Secondaire |
39 |
31,2 |
| Supérieur |
7 |
5,6 |
| Activité professionnelle |
| |
| Professionnel en activité |
90 |
72 |
| Chômeurs |
25 |
20 |
| Scolarisés |
10 |
8 |
| Lieu de résidence |
| |
| Urbain |
97 |
77,6 |
| Semi-urbain |
28 |
22,4 |
| Antécédents familiaux psychiatriques |
32 |
25,6 |
| Antécédents personnels psychiatriques |
36 |
28,8 |
L’âge moyen du début de consommation était de
20,6 ± 5,6 ans avec des extrêmes de huit et de 49 ans.
Nous avons noté que, en général, le début de la consommation de
tabac et d’alcool était antérieur à celui du cannabis chez les
usagers de notre étude (15,6 ± 3,2 ans pour le tabac et
17,6 ± 3,9 ans pour l’alcool) (figure
2).
Soixante-douze pour cent des sujets ont associé le tabac et
l’alcool au cannabis. Les médicaments psychotropes étaient
également fréquemment associés (15,2 %), alors qu’une minorité
(1,6 %) a associé au cannabis d’autres drogues illicites.
Quarante pour cent consommaient du cannabis quotidiennement et
29,6 % de façon hebdomadaire. Cette consommation était
mensuelle dans 11,2 % des cas et occasionnelle dans 8 %
(tableau 2).
Tableau 2 Répartition des sujets selon les drogues
associées et selon la fréquence de consommation du cannabis.
Distribution of subjects according to drugs associated with and
frequency of consumption of cannabis.
| Drogues associées |
Nombre |
% |
| Tabac + alcool |
90 |
72 |
| Tabac + alcool + médicaments psychotropes |
18 |
14,4 |
| Tabac |
12 |
9,6 |
| Alcool |
3 |
2,4 |
| Alcool + drogues illicites |
1 |
0,8 |
| Tabac + alcool + médicaments
psychotropes + drogues illicites |
1 |
0,8 |
| Rythme |
Fréquence de consommation |
Nombre |
% |
| Quotidien |
Une fois par jour |
19 |
15,2 |
| Plusieurs fois par jour |
31 |
24,8 |
| Hebdomadaire |
Une fois par semaine |
16 |
12,8 |
| Deux à quatre fois par semaine |
21 |
16,8 |
| Mensuel |
Une fois par mois |
10 |
8 |
| Deux à trois fois par mois |
4 |
3,2 |
| Occasionnel |
Au moins une fois dans les six derniers mois |
8 |
6,4 |
| Deux à cinq fois dans les six derniers mois |
2 |
1,6 |
| Non précisé |
14 |
11,2 |
Parmi les sujets, 52,8 % ont déclaré consommer fréquemment
le cannabis avec des amis et 36 % seuls.
Les motivations des individus ayant consommé au cours de l’année
apparaissent plus contrastées. Les principales raisons sont la
fuite des problèmes (29,3 %), la recherche de relaxation
(20,2 %), le besoin d’expérimentation (18,2 %) et la
recherche de plaisir (16,7 %). Une minorité a cité comme motif
de consommation la recherche de sensations fortes ou bien la
considère comme un moyen de vaincre sa timidité (figure
3).
Discussion
Dans notre étude, la consommation de cannabis était nettement
plus fréquente chez les sujets de sexe masculin. Ce résultat
concorde avec ceux d’autres études concernant la toxicomanie au
cannabis. Ainsi, Beck et al. [9] ont rapporté que la
consommation de cannabis est plus fréquemment rencontrée chez les
hommes que chez les femmes dans tous les pays européens (7,3 %
des hommes versus 2,5 % des femmes), la différence
étant d’autant plus importante que l’on observe des niveaux d’usage
élevés. Par ailleurs, l’usage fréquent de cannabis est une pratique
croissante en France qui concerne surtout les adolescents et les
jeunes adultes et plus les hommes que les femmes [10–13].
La fréquence de la consommation de cannabis dans notre étude
(61 %) était plus élevée que celle de 50 % rapportée par
Worne et al. [1] et que celle de 54 % rapportée
par Ducongé et Chabrol [14] en 2005. Selon ces auteurs, 67 %
des garçons et 45 % des filles ont consommé du cannabis au
moins une fois.
Selon l’OFDT [13], l’expérimentation du cannabis a lieu très
massivement au cours de l’adolescence, les prévalences croissent
très rapidement avec l’âge au cours de cette période de la vie. En
2005, 49,5 % des jeunes de 17 ans déclaraient avoir déjà
pris du cannabis au cours de leur vie.
Dans notre étude, 63,2 % des sujets consommateurs étaient
âgés de 19 à 25 ans et 3,2 % des mineurs étaient
âgés de 16 à 18 ans. En accord avec nos résultats,
plusieurs auteurs ont prouvé que la toxicomanie concerne les
adultes jeunes [10, 15]. En effet, la jeunesse constitue une
période d’expérimentation, incluant souvent l’expérience de la
drogue, d’autant que les jeunes forment une population
particulièrement vulnérable et influençable [15].
La majorité de nos sujets résidaient dans des zones urbaines. Le
milieu urbain constituerait un facteur favorisant la consommation
de drogues. Selon Amaral Dias [16], les sujets résidant en milieu
urbain sont plus nombreux que ceux des zones rurales à avoir essayé
(37 % versus 29 %) ou à consommer régulièrement
(14 % versus 9 %) du cannabis. L’émigration vers
les villes, liée à l’industrialisation et à la modernisation, a été
décrite comme facteur favorisant de toxicomanie. Les grandes villes
forment une concentration, non seulement d’habitants, mais aussi
d’institutions scolaires et universitaires et d’industries de
toutes sortes, terrains propices aussi bien pour les revendeurs que
pour les consommateurs de drogues.
La majorité de célibataires retrouvée dans notre étude concorde
avec les résultats de Bernoussi et Brandibas [17] qui ont recensé
75 % de célibataires. En fait, la fréquence des célibataires
parmi les consommateurs de cannabis peut être liée à leur âge
relativement jeune, aux difficultés sociales engendrées par la
consommation de drogues ou à l’instabilité professionnelle et
matérielle liée à la toxicomanie.
L’usage du cannabis apparaît particulièrement plus répandu parmi
les actifs par rapport aux chômeurs et ceux dont le niveau
d’instruction n’est pas très élevé. Selon Beck et al.
[18], l’usage du cannabis apparaît plus répandu parmi les élèves et
les étudiants alors qu’il est faible parmi les inactifs. Bello
et al. [10] ont rapporté que les usagers se révèlent
plus répandus chez les personnes disposant d’un niveau
d’instruction élevé ainsi que chez les chômeurs. Selon l’OFDT [12],
les chômeurs apparaissent plus consommateurs que les actifs, alors
que les étudiants apparaissent nettement surconsommateurs de
cannabis comparés aux actifs.
Dans notre étude, 28,8 % des consommateurs présentaient des
antécédents psychiatriques personnels. Selon Laqueille [19], l’abus
et la dépendance au cannabis sont plus fréquents chez les
schizophrènes (15 à 40 %) que dans la population générale
(5,6 à 7,7 %). De plus, Dervaux et al. [20]
rapportent que 26 % parmi 114 patients schizophrènes
hospitalisés présentaient ou avaient présenté une dépendance et/ou
un abus.
Quarante pour cent des consommateurs ont eu une première
expérience avec le cannabis avant l’âge de 20 ans, suggérant
qu’ils l’ont eu durant l’adolescence, période au cours de laquelle
l’individu éprouve le besoin de s’affirmer et où il est exposé à
toutes sortes de tentations. Worne et al. [1] ont noté
que 50 % des sujets ont commencé l’usage de cannabis avant
l’âge de 19 ans. De même, Simmat-Durand [21] a montré que la
consommation de cannabis était bien connue chez les moins de
19 ans. En 2007, l’OFDT [13] a rapporté que 49,5 % des
jeunes de 17 ans déclaraient avoir déjà pris du cannabis au
cours de leur vie.
En 2007, dans l’enquête European School Survey On Alcohol and
Other Drugs (ESPAD), 31 % des élèves de 16 ans
reconnaissaient avoir déjà fumé du cannabis au cours de leur vie
[22]. Cette influence d’une entrée précoce dans l’usage a parfois
été jugée primordiale, pouvant compromettre l’apprentissage
cognitif et être liée à une comorbidité psychiatrique ou à des
problèmes sociaux tels que le chômage, l’échec scolaire ou la
délinquance [23].
Dans notre série, les usages du cannabis sont, en général,
associés ou ont été précédés par la consommation de tabac et
d’alcool dans 72 % de cas, même si l’usage n’a pas lieu au
même moment et pour les mêmes raisons. Près de la moitié des sujets
ont débuté dans la même année l’usage du tabac et du cannabis.
Selon Michaud et Chossis [24], de nombreux sujets jeunes
débuteraient par l’usage du cannabis, devenant par la suite des
utilisateurs de cigarettes, inversant ainsi la porte d’entrée vers
les substances illégales. En 2001, l’étude de Chabrol
et al. [14] auprès de 285 lycéens, évaluant la
consommation du cannabis, les symptômes de dépendance et les
représentations, a montré que le début de la consommation de tabac
était antérieur à celui du cannabis mais cet intervalle était
réduit. Près de la moitié des adolescents commençaient, dans la
même année, l’usage des deux substances.
Selon une enquête de l’OFDT [7], la consommation de tabac et
d’alcool est en hausse par rapport à la population générale. En
2002, parmi les consommateurs réguliers du cannabis, 81 % ont
fumé du tabac, 41 % déclaraient avoir consommé de l’alcool au
moins trois fois par semaine et 12,9 % en consommaient tous
les jours. Beck et al. [23] ont rapporté que les usages
réguliers de tabac ou d’alcool apparaissent relativement rares
avant 14 ans et ceux du cannabis exceptionnels avant l’âge de
15 ans. De même, Obradovic [11] a rapporté que la
quasi-totalité des consultants usagers du cannabis sont fumeurs de
tabac et qu’un sur quatre boit régulièrement de l’alcool. Michaud
et Chossis [24] ont rapporté que les adolescents débuteraient leur
trajectoire de consommation avec des drogues légales dans 42 %
des cas (nicotine, alcool) et que seuls 32 % des usagers
débuteraient par l’usage de drogues illégales (d’abord le
cannabis). Selon l’ESPAD, en 2007, 29 % des jeunes de
16 ans ont déclaré avoir consommé les trois produits
(cannabis, alcool, tabac) au cours de leur vie, mais 0,7 %
seulement disent n’avoir pris que du tabac et du cannabis et moins
de 1,2 % seulement de l’alcool et du cannabis [22]. Cette
polyconsommation est favorisée par une meilleure accessibilité à
ces substances (tabac, alcool et plus récemment cannabis) et par
les rencontres dans l’espace urbain et festif.
Dans notre étude, le cannabis était parfois associé à des
médicaments psychotropes et plus rarement à des drogues illicites
(cocaïne, héroïne, ecstasy). Trois sujets ont déclaré avoir
consommé plusieurs produits en même temps ou successivement. Le
choix des produits dépend, certes, de leurs effets, mais aussi de
leur disponibilité dans l’environnement géographique, de leur
facilité d’accès et de leur coût. Le cannabis est souvent considéré
comme moins dangereux que les autres drogues [25].
Selon Bello et al. [10], en 2004, la consommation
des produits illicites autres que le cannabis concerne plutôt des
produits stimulants (ecstasy : 16 %, cocaïne :
13 % et amphétamines : 8 %).
Dans notre étude, la consommation de cannabis est quotidienne
dans 40 % des cas et occasionnelle chez 8 % des sujets.
Dans cette population d’étude, la majorité des consommateurs a fumé
du cannabis au cours d’une réunion avec des amis. Il semble que ces
jeunes se laissent tenter par la drogue sous la pression de leur
entourage amical « par curiosité » ou « pour faire
comme les autres » et par crainte d’être isolés de leur groupe
d’amis. La consommation a lieu aux domiciles dans la plupart des
cas. Ces résultats concordent avec ceux de Bello et al.
[10] qui ont rapporté que la consommation se fait le plus souvent
en groupe (83 %), quotidiennement (78 %) et à domicile
(66 %).
Selon Cottencin et al. [3], la consommation se
faisait le plus souvent en groupe (42,2 %), occasionnellement
(54 %) et dans un contexte festif (47,3 %). En revanche,
Simmat-Durand [21] a rapporté que la majorité des étudiants
(54 %) consommaient du cannabis de manière occasionnelle et
que seule une minorité (17 %) en prenait quotidiennement.
Concernant les motifs de consommation, parmi les sujets qui ont
déjà eu recours à la drogue, près du tiers ont déclaré l’avoir fait
pour fuir des problèmes et/ou pour se relaxer, d’autres affirment
l’avoir fait à la recherche de plaisir et par curiosité. La drogue
peut être considérée par les jeunes comme un moyen de surmonter
certaines difficultés, dont principalement la timidité. Rares sont
ceux qui déclarent avoir recherché des sensations fortes. L’usage
du cannabis est donc surtout motivé par des considérations
hédoniques et son abandon l’est tout autant par la lassitude ou le
manque d’intérêt. Néanmoins, il convient de s’attarder sur les
usagers en situation d’usage problématique.
Bello et al. [10] ont rapporté des motifs de
consommation multiples. Les trois les plus fréquemment mis en avant
sont plutôt de tonalité conviviale : se relaxer et se
détendre, être avec des amis, partager et faire la fête. De même,
selon l’OFDT [13], les motifs de consommation de cannabis déclarés
par les consommateurs réguliers sont divers et multiples :
relaxation, partage, fête, habitudes, endormissement, défonce…
Cette multiplicité est une traduction de la diversité des effets
recherchés.
Selon l’étude de l’ESCAPAD 2008 [4], les motifs de consommation
de cannabis sont également festifs, mais la recherche de
« défonce » s’avère nettement plus fréquente (38 %
des usagers), de même que les consommations à visées anxiolytiques,
hypnotiques ou compensatrices et les consommations d’habitude ou
liées à un sentiment de dépendance.
Selon l’ETC [8], près de la moitié des jeunes (49,3 %)
déclarent que la raison la plus importante pour commencer à
consommer de la drogue est « pour essayer et
expérimenter ». Les deux autres raisons les plus fréquentes
sont « pour être euphorique » (11,2 %) et
« parce que ma famille ou mes amis en consommaient »
(10,8 %).
Conclusion
Cette étude donne une image préoccupante de la consommation de
cannabis chez les adultes jeunes où elle apparaît caractérisée par
la fréquence de la consommation. En effet, la diffusion progressive
de l’expérimentation du cannabis et de son usage, la découverte de
cette substance à un âge apparemment de plus en plus précoce, mais
également l’étendue actuelle de l’usage du cannabis au sein de la
population adulte, témoignent de la globalisation de ce phénomène
dans notre société. La consommation du cannabis peut avoir des
conséquences sur les plans somatique, psychologique, psychiatrique
et social de n’importe quel consommateur et ses effets peuvent être
encore plus importants si ce consommateur est jeune.
Remerciements et autres mentions
Financement : aucun ; conflits
d’intérêts : aucun.
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