ARTICLE
Auteur(s) : Anne
Ducros
Urgences céphalées, Hôpital Lariboisière, Paris
Plan expérimental
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• Nom de l’étude : High-flow oxygen for treatment of
cluster headache. A randomized trial [1].
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• Pathologie incluse : algie vasculaire de la face
(AVF) épisodique ou chronique.
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• Médicament testé : oxygène normobare 100 %, 12
L/min, au masque facial, pendant 15 minutes.
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• Type d’essai : double aveugle, contrôlé, contre
placebo (air), en cross-over.
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• Contexte : le traitement le plus efficace de la crise
d’algie vasculaire de la face est le sumatriptan 6 mg sous-cutanés,
qui a été démontré significativement supérieur au placebo dès 15
minutes après la prise dans deux essais contrôlés en double
aveugle. Le sumatriptan 20 mg en spray nasal et le zolmitriptan 5
mg ou 10 mg en spray nasal ne sont supérieurs au placebo que 30
minutes après la prise. La dose quotidienne de sumatriptan
sous-cutané est limitée à deux injections. Par ailleurs, le
sumatriptan est contre-indiqué en cas d’antécédent vasculaire.
L’autre traitement de crise est l’oxygénothérapie à forte dose et
fort débit. Dans une étude ouverte publiée en 1981, l’oxygène
100 % administré au masque à 7 L/min pendant 15 minutes
entraînait un soulagement significatif chez 75 % des 52
patients. Dans un essai contrôlé contre placebo en double aveugle
et cross-over sur 19 patients, publié en 1985, l’oxygène 6
L/min pendant 15 minutes était considéré efficace dans
80 % ou plus des crises traitées chez 9 patients sur 16
(56 %) versus seulement 1 sur 14 patients (7 %)
recevant de l’air. Sur la base de ces deux petites études pilotes
et sur l’observation de son efficacité en pratique clinique,
l’oxygénothérapie en traitement de crise de l’AVF est recommandée
par l’EFNS (European Federation of Neurological Societies) et a
fait l’objet d’une AMM en France.
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• Hypothèse testée : l’oxygène 100 % à 12 L/min au
masque pendant 15 minutes est supérieur au placebo (air) administré
dans les mêmes conditions dans l’obtention d’une disparition de la
douleur à 15 minutes.
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• Nombre de patients : 334 patients sélectionnés, 109
randomisés et 76 analysés en ITT (57 AVF épisodiques et 19 AVF
chroniques).
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• Nombre de centres : 1 centre (Londres,
Grande-Bretagne).
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• Critères d’inclusion : patients ayant une AVF
épisodique ou chronique définie selon les critères de la première
classification des céphalées de l’International Headache Society
(1988) ; une crise tous les deux jours à 5 crises par jour,
avec une durée comprise entre 45 minutes et 3 heures ; un âge
compris entre 18 et 70 ans.
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• Critères d’exclusion : patients ayant une migraine
chronique (cependant, les patients ayant une AVF et d’autres
céphalées primaires étaient inclus s’ils pouvaient distinguer les
différents types de crises) ; femmes enceintes ou
allaitantes ; BPCO modérée à sévère ; intolérance au
masque facial ; et patients ayant déjà utilisé l’oxygène à 4
L/min ou plus.
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• Durée de suivi : 4 crises d’AVF traitées ; durée
de l’étude 2002 à 2007.
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• Critère de jugement principal : disparition de la
céphalée à 15 minutes notée sur un agenda de crise ou, en cas de
perte des agendas, avis « de soulagement adéquat à 15
minutes » recueilli après la fin de l’étude chez 9 patients
(8 % des patients randomisés et 12 % des patients
analysés).
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• Critères de jugement secondaire : disparition de la
céphalée à 30 minutes ; soulagement de la céphalée à 15, 30,
45 et 60 minutes (mais dans les résultats ce critère est modifié,
et le soulagement est donné à 15, 20, 30 et 60 minutes) ;
nécessité d’un traitement de secours à 15 minutes ; réponse
globale et handicap fonctionnel ; et effet sur les symptômes
associés.
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• Échantillon envisagé : 70 patients.
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• Taille de l’échantillon et hypothèses statistiques :
en tenant compte des essais contrôlés du sumatriptan nasal et
sous-cutané dans la crise d’AVF, une différence de 25 % entre
placebo et principe actif a été considérée significative. Un
échantillon de 55 patients était nécessaire à l’obtention d’une
puissance de 80 % avec un risque alpha de 5 %. Le taux de
sortie d’étude a été estimé à 15 %, donc 70 patients devaient
être recrutés. L’analyse statistique a porté uniquement sur le
critère de jugement primaire et pour éviter les comparaisons
multiples, les critères de jugement secondaires sont rapportés de
manière brute. En raison du schéma en cross-over, les crises
traitées chez un même patient ne pouvaient pas être considérées
comme strictement indépendantes, une analyse multivariée a donc été
faite pour déterminer les effets respectifs du traitement, de
l’ordre de randomisation, du sexe et du type d’AVF épisodique ou
chronique.
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• Randomisation : les patients ont été randomisés entre
mars 2003 et avril 2007 en deux groupes : les premiers
devant traiter 4 crises dans l’ordre air (placebo)-
oxygène-air-oxygène et les seconds devant traiter 4 crises dans
l’ordre oxygène-air-oxygène-air. Chaque patient recevait à son
domicile deux bonbonnes de gaz identiques et un masque. Après 15
minutes, les patients pouvaient prendre un traitement de secours à
leur guise. Sur les 109 patients randomisés, 33 n’ont pas reçu
le traitement pour les raisons suivantes : arrêt de l’épisode
d’AVF chez 17 patients, 9 perdus de vue, 6 ont arrêté l’étude avant
de commencer, et 1 patient est décédé avant de recevoir le
traitement. Au total, 76 patients ont reçu le traitement, dont 36
l’air en premier (28 AVF épisodiques et 8 AVF chroniques) et 40
l’oxygène en premier. Un patient dans le premier groupe a été exclu
de l’analyse finale car il n’a pas eu de 4e crise (fin
d’épisode). Deux patients du deuxième groupe ont été exclus de
l’analyse finale : chez l’un, l’épisode s’est terminé après le
traitement de la première crise et l’autre patient a arrêté l’étude
après avoir traité la 3e crise.
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• Source de financement : University College of London
et BOC (maintenant Linde).
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Résultats
Tableaux 1 et 2.
Tableau 1 Efficacité de l'oxygène 12 L/min dans la
crise d'algie vasculaire de la face
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Nombre de crises évaluéesa
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Air
n = 148 crises traitées
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Oxygène
n = 150 crises traitées
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Critère primaire
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n (%)
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n (%)
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Disparition de la douleur à 15 min*
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298
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29 (20 %)
IC 95 % : 14-26 %*
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116 (78 %)
IC 95 % : 71-85 %*
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Critères secondaires
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Disparition de la douleur à 30 min
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187
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19 (24 %)
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78 (72 %)
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Soulagement de la douleur à :
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- 15 min
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256
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25 (20 %)
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88 (68 %)
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- 20 minb
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209
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28 (30 %)
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93 (81 %)
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- 30 minb
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182
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28 (38 %)
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93 (85 %)
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- 60 minb
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167
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38 (59 %)
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95 (92 %)
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Prise d’un traitement de secours à 15 min
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249
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76 (53 %)
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30 (28 %)
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Réponse globale au traitementb
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248
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18 (15 %)
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75 (60 %)
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Effet sur les signes associésb
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250
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40 (31 %)
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81 (66 %)
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a Nombre de crises analysées variables
selon la compliance des patients à remplir les agendas.
b Excluant les crises ayant nécessité un
traitement de secours.
* χ2= 66,7, p < 0,001 ;
l’analyse de régression logistique n’a pas montré d’effet de
l’ordre de randomisation, du sexe et du type d’AVF épisodique ou
chronique.
Tableau 2 Effets indésirables et sécurité :
absence d’effets indésirables sérieux attribués au traitement.
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Événements indésirables
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Liés au traitement
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Arrêt de l’étude
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1. Toux durant 3 semaines
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Non
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Non
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2. Décès par leucémie myéloïde aiguë avant le début du
traitement
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Non
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Oui
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3. Fatigue modérée
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Non
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Non
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4. Crise prolongée
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Possiblement
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Non
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5. Hospitalisé pour gastrite et calculs biliaires
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Non
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Non (traitements introduits)
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6. Fourmillements, nausées, crise d’asthme
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Probablement non
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Non
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7. Tête plus sensible qu’après une injection
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Possiblement
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Non
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8. Bouteille de gaz vide après 10 minutes
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Oui
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Non
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9. Bouteille de gaz vide après 12 minutes
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Oui
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Non
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Conclusion des auteurs
L’oxygène 100 % à 12 L/min pendant 15 minutes est supérieur
au placebo dans la disparition de la céphalée de la crise d’algie
vasculaire de la face à 15 minutes.
Référence
1 Cohen AS, Burns B, Goadsby PJ. High-Flow Oxygen for Treatment
of Cluster Headache: A Randomized Trial. JAMA 2009 ; 302 :
2451-7.
Commentaire
Que savait-on avant l’essai ?
Il y a plus de 25 ans, deux petites études, dont une seule
contre placebo, avaient montré l’efficacité de l’oxygène à débit
moyen (6-7 L/min) sur la douleur de la crise d’AVF. Après ces deux
études, l’usage de l’oxygénothérapie s’est répandu de diverses
manières selon les pays. Il faut souligner, qu’au vu des bons
résultats en pratique clinique et dans l’intérêt des malades ayant
plus de deux crises par jour et/ou ne pouvant utiliser le
sumatriptan, l’oxygénothérapie a obtenu l’AMM en France (nationale)
dès le 10 juin 1997 sous l’impulsion des experts.
Qu’a montré l’étude ?
Elle a montré très clairement la supériorité de l’oxygène
100 % à 12 L/min pendant 15 minutes sur le placebo dans
la disparition de la douleur à 15 minutes, en l’absence d’effet
secondaire.
Qu’a apporté l’étude sur le plan méthodologique ?
Elle souligne les difficultés des essais thérapeutiques dans
l’AVF et les difficultés de la médecine fondée sur les preuves à
confirmer les résultats de l’observation clinique pratique. Il a
fallu sélectionner 334 patients en 6 ans pour que seulement 109
(33 %) soient randomisés et que 76 (23 %) puissent
finalement compléter l’étude. Les trois motifs principaux
d’exclusion étaient :
- l’utilisation préalable d’oxygène ;
- la cessation de l’épisode d’AVF avant la
randomisation ;
- le refus de participer à une étude comportant un placebo alors
qu’un traitement très efficace est disponible.
En revanche, l’adhésion au protocole était excellente avec
seulement 3 sorties d’essais sur 76 patients, dont 2 pour cessation
de l’épisode d’AVF et un seul pour raison personnelle. Enfin, cette
étude consolide le choix d’un essai en cross-over dans
l’AVF.
Que reste-t-il de cette étude aujourd’hui ?
L’information majeure est que l’oxygène à très fort débit (12
L/min) permet la disparition de la douleur chez 78 % des
patients. Les débits d’oxygène utilisés sont le plus souvent
inférieurs : 7 L/min dans l’AMM française et 9 ou 10 L/min en
pratique courante « empirique ». De manière surprenante,
le choix de 12 L/min n’est jamais discuté dans le papier du
JAMA.
Quelles perspectives ?
Cet essai permettra de promouvoir l’oxygénothérapie à très fort
débit en traitement de la crise d’AVF chez les patients ayant plus
de deux crises par jour, ou lorsque le sumatriptan est
contre-indiqué.
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