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Cancer de la prostate « Dépistage » ou « détection précoce » ?


Médecine. Volume 8, Numéro 3, 129-33, Mars 2012, Concepts et outils

DOI : 10.1684/med.2012.0814

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Paul Perrin , CHU La Pierre-Bénite, Service d'urologie, Lyon .

Résumé : Comme dans de nombreux pays, le cancer de la prostate est le premier cancer de l'homme en France avec plus de 70 000 nouveaux cas en 2010. Son incidence a plus que triplé depuis l'utilisation intensive du dosage sérique du PSA au début des années 1980, sans doute aussi en conséquence du vieillissement de la population, de l'amélioration des techniques diagnostiques et de la déclaration des cas. Sa mortalité tient la troisième place avec 9 300 décès en 2009, soit 3 % des causes de décès chez l'homme après les cancers du poumon et du côlon-rectum. Si l'utilisation du dosage de PSA permet de diagnostiquer plus de cancers de la prostate, l'incertitude demeure, après les résultats contradictoires des deux grands essais randomisés PLCO et ERSPC publiés en 2009, quant à sa capacité à diminuer la mortalité [1, 2].

Mots-clés : antigène spécifique de la prostate \; détection précoce de cancer \; tumeurs de la prostate

Illustrations

ARTICLE

Préalables épidémiologiques

De nombreux pays recommandent de ne pas « organiser » de dépistage systématisé du cancer de la prostate et de s'en tenir au principe de détection précoce et individuelle, au cas par cas. Les études randomisées concernant le dépistage de masse du cancer de la prostate et l'analyse de la consommation de dosage de PSA en France permettent d'éclairer un peu mieux les pratiques dans ce domaine. Pour comprendre les enjeux du débat, il faut dans un premier temps préciser les concepts épidémiologiques que recouvre le terme « dépistage » et éviter une ambiguïté sémantique qui participe à la confusion.

Le dépistage dit de masse (ou systématique, organisé, programmé...)

Il est décidé à l'échelle d'une population ciblée par un facteur de risque (par exemple : les hommes de plus de 50 ans). Ce dépistage est pris en charge par une instance supérieure (État, collectivité ou entreprise). Il ne peut être mis en place sans avoir fait la preuve de son bénéfice pour la population ciblée, c'est-à-dire de diminution de la mortalité dans la population. La charge de la preuve du bénéfice repose sur l'instance qui préconise le programme de dépistage. Ainsi, un dépistage programmé est un risque « institutionnalisé » qui doit être compensé par un bénéfice : la baisse de la mortalité. Il s'agit d'un problème de santé publique qui implique tous les décideurs d'une société.

Le diagnostic précoce (appelé aussi ­ très malheureusement ­ dépistage individuel, ce qui participe à la confusion avec le dépistage de masse)

Il est décidé à l'échelle individuelle par le couple patient/médecin (« une confiance qui rencontre une conscience » et donc une compétence). Sa mise en place repose sur la conviction du patient et de son médecin que la détection précoce apporte un bénéfice : diminution de la morbidité, et/ou allongement de la survie. Il s'agit d'une décision médicale qui implique un médecin et son patient dans le respect des données scientifiques dont les recommandations des sociétés savantes font généralement une synthèse.

La distinction entre ces deux concepts est souvent difficile à comprendre

C'est d'autant plus difficile que, dans les deux cas, sont utilisés les mêmes outils : toucher rectal, mesure du PSA sérique et en cas de doute biopsie prostatique. Intuitivement, on pourrait penser que ce qui est bon à l'échelle individuelle, dans le cabinet du médecin, est forcément bon à l'échelle du groupe et inversement. Malheureusement, il n'en est pas ainsi et un test diagnostique, justifié à l'échelle d'un individu, ne l'est pas forcément à l'échelle du groupe. Il en est de même pour un traitement. Cette différence tient au profil de la population sélectionnée. C'est pour cela qu'avant de généraliser à l'échelle d'une population une démarche diagnostique et thérapeutique qui est intuitivement bénéfique à l'échelle individuelle, il faut s'entourer de « garanties » qui assurent que le dépistage de masse est associé à un gain pour la population en terme d'année de vie gagnée et de morbidité épargnée.

La frontière entre dépistage de masse et la détection précoce peut être floue quand la promotion de la recherche du cancer de la prostate utilise les médias et oriente des hommes, à leur insu, vers un dépistage qu'ils n'envisageaient pas, sans toujours comprendre la balance risque-bénéfice.

Il revient aux professionnels de santé d'éviter la confusion entre dépistage de masse (qui relève de la santé publique) et détection précoce (qui relève de la médecine de soins) par une bonne communication auprès de leurs patients en expliquant avantages et inconvénients de la recherche d'un cancer de la prostate. En l'absence d'obligation d'un consentement éclairé, c'est au niveau d'une information claire, loyale et complète que se situent les contraintes éthiques les plus prégnantes de la recherche du cancer de la prostate. Faute de preuves formelles dans un sens ou un autre, la communication devient très difficile tant pour le médecin que pour le patient et il est plus facile et rapide de prescrire un dosage de PSA lors de consultations déjà surchargées.

Études randomisées : le dépistage de masse entre 50 et 75 ans ne modifie pas la survie globale de la population

Ces deux études comparent les résultats d'une population soumise à un dépistage intensif sur une période de 4 à 6 ans et suivie 9 ans en moyenne à ceux d'une population suivie selon les pratiques courantes. Cette information doit être interprétée selon plusieurs axes :

­ Aucune étude ne répond au bien-fondé d'un dépistage de masse avant 50 ans et après 74 ans.

­ L'absence de bénéfice en survie globale dans l'intervalle 55-74 ans s'explique par le fait que ces études n'étaient pas construites pour avoir la puissance nécessaire pour répondre à cette question.

­ Les résultats ne concernent donc que la survie spécifique liée au cancer de la prostate.

L'étude américaine PLCO

PLCO [1] n'a pas démontré de bénéfice pour les hommes de 55 à 74 ans dans des conditions où le groupe dépisté avait une exposition au PSA de 85 % 6 années de suite, avec un suivi moyen de 9 ans. La population contrôle a eu durant cette même période une exposition au PSA de 52 %. Pour information, en France, pour cette même tranche d'âge, 77,3 % des hommes sans cancer ont au moins un dosage de PSA dans les 3 ans.

L'étude européenne ERSPC

ERSPC [2] a montré pour le sous-groupe des 55-69 ans une diminution de 20 % de la survie spécifique après 2 passages espacés de 4 ans pour une population soumise à un taux d'exposition de 75 % par passage comparée à une population contrôle soumise à une exposition d'environ 20 % après un suivi de 9 ans. Il s'agit pour l'instant de la seule étude ayant montré un bénéfice du dépistage en termes de survie spécifique. Ces résultats ne sont pas généralisables à la population française du fait de la très grande hétérogénéité de la population d'étude de l'ERSPC qui est constitué des 7 cohortes de pays différents et qui perd sa significativité si l'on exclut la Suède qui souffre d'un risque de mort par cancer presque double de celui de la France pour les hommes de 65-74 ans (figure 1).

Absence de preuves et doute

En somme, les études contrôlées sur le dépistage de masse du cancer de la prostate confirment l'absence de preuves d'une baisse de la mortalité globale et laissent planer un doute quant à la réalité d'un bénéfice en survie spécifique. Dans l'hypothèse d'un bénéfice en survie spécifique pour l'ERSPC, l'étude ne répond pas à la question ultime du bien-fondé d'un dépistage de masse puisqu'elle ne met pas en perspective les gains et pertes d'années de vie ou de morbidité dans la population malade par rapport à la population saine.

Consommation des dosages du PSA en France

Dépistage de masse « non-dit » ?

L'analyse des données de l'assurance-maladie laisse penser que nous sommes déjà dans un programme de dépistage de masse non-dit et non justifié, avec tous les risques que cela représente pour la population. La consommation annuelle moyenne de dosage de PSA chez les hommes de plus de 40 ans est de 30,7 % en France, alors qu'elle était en 2007 de 6 % chez les hommes de 44 à 89 ans au Royaume Uni [3] et en 2005 de 23,2 % chez les hommes de plus de 40 ans aux États-Unis [4], avec une grande variabilité selon les tranches d'âges (figure 2).

Pourtant, le dosage du PSA n'est pas un test « neutre »

Il sous-tend d'avoir compris la chaîne d'aval diagnostique et thérapeutique qu'il peut entraîner et surtout les incertitudes qui accompagnent la prescription du fait de la méconnaissance de l'histoire naturelle du cancer de la prostate (surdiagnostic, surtraitement, surmorbidité, surmortalité). À l'échelle de la population, chaque année de vie gagnée (grâce au dépistage) a son « prix » en années de vie perdues (du fait du diagnostic ou du traitement). Ainsi, même en prenant l'hypothèse favorable d'ERSPC que le dépistage organisé est efficace puisqu'il a un « gain » d'environ 20 % sur la mortalité par cancer de la prostate, il faut dépister 1 410 hommes et en traiter 48 pour éviter un décès. Cela a impliqué selon les auteurs de l'étude eux-mêmes un surdiagnostic (défini comme diagnostic de cancer chez des hommes qui n'auraient pas présenté de symptômes cliniques au cours de leur vie) qu'ils évaluent à 50 % dans le groupe dépisté. Cela a impliqué aussi dans ce groupe 24 % de biopsies. Le taux de décès est évalué à 2 pour 1 000 biopsies [5] et 5 pour 1 000 prostatectomies [6], même si l'on peut espérer qu'il soit possible de baisser cette mortalité liée à l'intervention même de dépistage. Mais combien faudrait-il gagner d'années de vie chez un homme atteint de cancer de la prostate pour qu'il devienne acceptable d'en perdre une chez un homme « sain », et qui n'a rien demandé, sinon sur pression médiatique, ou simplement médicale parce que son médecin est « convaincu » de l'intérêt de ce dépistage ?

Une démarche diagnostique au cas par cas

En attendant la disponibilité de marqueurs tumoraux spécifiques tant sur le plan diagnostique que pronostique, la seule démarche diagnostique envisageable est une démarche de détection précoce, c'est-à-dire une décision concertée entre un patient et son médecin. Le manque d'arguments incontournables en faveur du dépistage de masse par le dosage du taux de PSA doit engager le médecin à expliquer à son patient les risques et bénéfices de cette démarche. Les médecins favorables au dépistage doivent en expliquer les limites (surdiagnostic, surtraitement) et les médecins opposés doivent prévenir que le dépistage est possible et qu'il peut dans certains cas sauver des vies [7]. L'analyse des études randomisées à la lumière de l'étude PCPT [8] permet certaines règles pour la pratique courante.

Valeur seuil du PSA

La valeur de 4 ng/mL représente un seuil de suspicion robuste avec une sensibilité de 44 % pour une spécificité de 92 % [9]. Une sensibilité de 44 % implique de ne pas détecter 56 % des tumeurs. L'analyse des séries de dépistage révèle qu'environ 60 % des cancers détectés ne portent pas en eux les critères de progression. Les 56 % des cancers laissés en place sont les moins agressifs. Utiliser une valeur seuil plus basse entraînerait à augmenter le taux de biopsie et le nombre de cancers indolents détectés.

Fluctuation du taux de PSA : un élément important à prendre en compte

Biologiquement les valeurs de PSA varient avec le temps par rapport à la valeur initiale [10-12]. L'analyse des séries récentes de dépistage révèle une décroissance lors des dosages successifs dans 20 % des cas en moyenne. Cette décroissance (régression à la moyenne ?) porte en elle-même une information importante puisque 3 décroissances de suite sont associées à un risque nul de cancer de la prostate. On voit ici l'importance du contrôle d'une valeur de PSA dans le temps ­ il reste à définir l'intervalle optimal ­ avant toute conclusion [13, 14].

Association PSA/toucher rectal : la démarche la plus efficiente

Le toucher rectal, « traditionnellement » l'examen de base de la détection précoce du cancer de la prostate, est un geste qui peut être inconfortable pour le patient et chronophage pour le médecin. On comprend donc facilement pourquoi il est tombé dans une certaine désuétude avec l'arrivée du dosage de PSA, plus sensible et plus facile à faire faire. Cependant, il permet de découvrir les cancers de prostate chez les hommes à taux de PSA < 4 ng/mL. Ces cancers représentent dans les essais PLCO et ERSPC environ 16 % des cancers détectés à un stade avancé [13, 15]. L'association PSA < à 4 ng/mL et toucher rectal représente le meilleur compromis entre la sensibilité et spécificité pour recherche du cancer.

Conclusion

Au-delà des préférences personnelles du médecin, son rôle est d'informer le patient non pas sur le prélèvement lui-même, qui ne pose aucun problème, mais sur les conséquences d'un dosage anormal qui pourrait le conduire, à son insu, vers une prise en charge qu'il n'aurait pas désirée ou qui ne serait pas justifiée. À ce jour, il n'y a aucun argument en faveur du dépistage systématique du cancer de la prostate. La démarche diagnostique de détection précoce évoquée n'est en aucun cas une façon d'éluder le débat ou de rendre finalement quasi systématique la prescription du dosage de PSA.

Dans ce contexte, trois situations sont envisageables :

­ Tout d'abord, les données scientifiques actuellement disponibles ne permettent pas de conclure que la détection précoce d'un cancer de la prostate est toujours synonyme de bénéfice pour le patient. Ce n'est vrai que pour quelques-unes, au prix d'effets négatifs importants pour d'autres. Un médecin conscient de ce risque n'a en aucun cas l'« obligation » de proposer un dosage de PSA ­ et/ou de toucher rectal ­ sur le simple argument de l'âge à un homme qui ne le lui demande pas. Cette « abstention » ne traduit en aucun cas une quelconque incompétence qui lui serait « opposable » a posteriori.

­ Ensuite, toute demande d'un patient inquiet du risque de cancer de la prostate nécessite une information aussi complète que possible sur l'ensemble de la chaîne d'aval diagnostique et thérapeutique. Cette information doit aller jusqu'à discuter de l'éventualité de la découverte ultérieure d'un cancer de la prostate au stade métastatique. La réponse la plus appropriée, s'il fait alors le choix d'une détection précoce, est la combinaison du dosage de PSA et du toucher rectal.

­ Enfin, le médecin, quelles que soient ses convictions, ne peut en aucun cas refuser un dosage de PSA au patient qui le demande et maintient cette demande après information. Il s'exposerait à coup sûr, en cas de développement d'un cancer ultérieur, à des poursuites judiciaires, dans une position difficilement défendable pour avoir fait passer ses propres convictions avant la volonté du patient.

Les hommes pourraient « assumer » que le dosage du taux de PSA repose sur le même niveau d'évidence ­ et d'incertitudes ­ que d'autres démarches de dépistage qui leur sont familières : HTA, cancer du sein, cancer colorectal, etc. La question cruciale est donc bien pour chaque médecin celle de l'information à délivrer pour guider le choix de son patient. Malheureusement, la pratique médicale n'est pas seulement dictée par des arguments de santé, mais aussi par une pression économique qui limite le temps dévolu à la réflexion et au patient, pour discuter des mesures de prévention ou de détection appropriées tel que l'arrêt du tabac, le contrôle du poids ou la recherche de sang dans les selles. Il est plus facile de prescrire un dosage de PSA que d'en expliquer les tenants et les aboutissants.

Déclaration d'intérêt : Paul Perrin est urologue, chef de service d'urologie au CGU de Lyon. Conflits d'intérêts : intervention ponctuelle : prise en charge pour le congrès américain d'urologie.

Références

  1. Andriole GL, Grubb III RL, Buys SS, Chia D, Church TR, et al. for the PLCO Project Team. Mortality results from a randomized prostate-cancer screening trial. N Engl J Med. 2009;360:1310-9.
  2. Schröder FH, Hugosson J, Roobol MJ, Tammela TLJ, Ciatto S, Nelen V, et al. Screening and prostate-cancer mortality in a randomized European study. N Engl J Med. 2009;360:1320-8.
  3. Williams N, Hughes LJ, Turner EL, Donovan JL, Hamdy FC, Neal DE, et al. Prostate-specific antigen testing rates remain low in UK general practice: a cross-sectional study in six English cities. BJU Int. 2011;108:1402-8.
  4. Drazer MW, Huo D, Schonberg MA, Razmaria A, Eggener SE. Population-based patterns and predictors of prostate-specific antigen screening among older men in the United States. J Clin Oncol. 2011;29:1736-43.
  5. Gallina A, Suardi N, Montorsi F, Capitanio U, Jeldres C, Saad F, et al. Mortality at 120 days after prostatic biopsy: A population-based study of 22,175 men. Int J Cancer. 2008;123:647-52.
  6. Walz J, Montorsi F, Jeldres C, Suardi N, Shariat SF. The effect of surgical volume, age and comorbidities on 30-day mortality after radical prostatectomy: a population-based analysis of 9208 consecutive cases. BJUI. 2008;101:826-32.
  7. Singer EA, Penson DF, Palapattu GS. PSA screening and elderly men. JAMA. 2007;297:949. Author reply 949-50.
  8. Thompson IM, Pauler DK, Goodman PJ, Tangen CM, Lucia MS, Parnes HL, et al. Prevalence of prostate cancer among men with a prostate-specific antigen level < or = 4.0 ng per milliliter. N Engl J Med. 2004;350:2239-46.
  9. Holmström B, Johansson M, Bergh A, Ulf-Hakan S, Hallmans G, Stattin P. Prostate specific antigen for early detection of prostate cancer: longitudinal study. BMJ. 2009;339:b3537.
  10. Nixon RG, Wener MH, Smith KM, Parson RE, Strobel SA, Brawer MK. Biological variation of prostate specific antigen levels in serum: an evaluation of day-to-day physiological fluctuations in a well-defined cohort of 24 patients. J Urol. 1997;157:2183-90.
  11. Ornstein DK, Smith DS, Rao GS, Basler JW, Ratliff TL, Catalona WJ. Biological variation of total, free and percent free serum prostate specific antigen levels in screening volunteers. J Urol. 1997;157:2179-82.
  12. Eastham JA, Riedel E, Scardino PT, Shike M, Fleisher M, Schatzkin A, et al. Polyp Prevention Trial Study Group. Variation of serum prostate-specific antigen levels: an evaluation of year-to-year fluctuations. JAMA. 2003;289:2695-700.
  13. Grubb RLIII, Pinsky PF, Greenlee RT, Izmirlian G, Miller AB, Hickey TP, et al. for the PLCO Project Team. Prostate cancer screening in the Prostate, Lung, Colorectal and Ovarian cancer screening trial: update on findings from the initial four rounds of screening in a randomized trial. BJUI. 2008;102:1524-30.
  14. Ankerst DP, Miyamoto R, Nair PV, Pollock BH, Thompson IM, Parekh DJ. Yearly prostate specific antigen and digital rectal examination fluctuations in a screened population. J Urol. 2009;181:2071-5; discussion 2076.
  15. Schröder FH, van der Maas P, Beemsterboer P, Kruger AB, Hoedemaeker R, Rietbergen J, Kranse R. On Behalf of the Rotterdam section of the European Randomized Study of Screening for Prostate Cancer, et al. Evaluation of the digital rectal examination as a screening test for prostate cancer. J Natl Cancer Inst. 1998;90:1817-23.

Cancer de la prostate : « Dépistage » ou « détection précoce » ?

­ De nombreux pays recommandent de ne pas « organiser » de dépistage systématisé du cancer de la prostate et de s'en tenir au principe de détection précoce et individuelle. Les études contrôlées PLCO et ERSPC confirment l'absence de baisse de la mortalité globale, laissent planer le doute sur un bénéfice en termes de survie spécifique, sans mettre en perspectives gains et pertes (en années de vie ou morbidité). La seule démarche de détection précoce actuellement envisageable nécessite une décision concertée entre un patient et son médecin. Les contraintes éthiques les plus fortes à ce sujet concernent l'information, claire, loyale et complète sur les risques, bénéfices et surtout incertitudes de la chaîne d'aval diagnostique et thérapeutique que la démarche peut entraîner.


 

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