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Attention à la colchicine !
Suite au récent décès d'une patiente traitée par Colchimax® après quelques
jours de clarithromycine, l'Afssaps rappelle que l'association de la colchicine
(Colchicine opocalcium® et Colchimax®) aux macrolides et
à la pristinamycine est contre-indiquée : l'association provoque un surdosage
en colchicine par diminution de son métabolisme ; ses effets toxiques peuvent
être mortels. D'autres associations sont déconseillées (ciclosporine, vérapamil,
inhibiteurs des protéases) ou nécessitent des précautions d'emploi (AVK, inhibiteurs
de l'HMG-CoA réductase). La colchicine est par ailleurs contre-indiquée en cas
d'insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine < 30 mL/min) ou insuffisance
hépatique sévère.
Dans la crise aiguë de goutte, chez les patients âgés de plus de 75
ans et/ou avec une insuffisance rénale et/ou hépatique, évaluer la clairance
de la créatinine avant traitement et diminuer les posologies du début de traitement
; en cas de premiers signes de surdosage (nausées, vomissements, diarrhée profuse),
arrêter la colchicine ou réduire la posologie après contrôle de la NFS-plaquettes,
de l'ionogramme et de la clairance de la créatinine.
En traitement au long cours, ne pas dépasser 1 mg/jour (risque
d'accumulation tissulaire et de toxicité) ; durant le premier mois ou en cas
de risque d'interaction médicamenteuse, surveiller la NFS-plaquettes, l'ionogramme
et la clairance de la créatinine.
Mots clés : antigoutteux ; goutte [Gout suppressants ; Gout]
Référence :
- Afssaps. Mise en garde pour les spécialités à base de colchicine. 26 septembre
2011.
AINS et troubles du rythme auriculaire
Dans une étude cas-témoins Danoise (32 602 patients atteints de fibrillation ou
de flutter auriculaire et 325 918 témoins appariés pour l'âge et le sexe), 2 925
cas (9 %) et 21 871 contrôles (7 %) étaient utilisateurs actuels d'AINS non sélectifs
(A1) ou d'inhibiteurs de COX 2 (A2). Comparativement aux non-utilisateurs, le
ratio d'incidence de fibrillation ou de flutter était de 1,33 (1,26-1,41) pour
A1 et 1,50 (1,42-1,59) pour A2, 1,17 (1,10-1,24) et 1,27 (1,20-1,34) après ajustements
pour l'âge, le sexe et les facteurs de risque de fibrillation ou de flutter auriculaire.
Chez les « nouveaux » utilisateurs (1re prescription dans les 60 jours
précédents), ce ratio ajusté était plus important : 1,46 (1,33 à 1,62) pour A1
et 1,71 (1,56-1,88) pour A2. La fibrillation auriculaire ou le flutter font donc
partie des risques cardiovasculaires à prendre en considération avant de prescrire
des AINS, non sélectifs (40 % d'augmentation de risque) ou sélectifs (70 % !).
À éviter lorsqu'ils ne sont pas indispensables !
Mots clés : anti-inflammatoires non stéroïdiens ; fibrillation auriculaire
[Anti-Inflammatory Agents, Non-Steroidal ; Atrial Fibrillation]
Référence :
- Schmidt M, Christiansen CF, Mehnert F, Rothman KJ, Sørensen HT. Non-steroidal
anti-inflammatory drug use and risk of atrial fibrillation or flutter: population
based case-control study. BMJ. 2011;343:d3450.
Dompéridone : arythmies ventriculaires graves et morts subites...
Les risques d'allongement de l'intervalle QTc et d'arythmie ventriculaire mortelle
sont signalés dans le RCP de la dompéridone (Motilium®). En 2010,
deux nouvelles études épidémiologiques ont rapporté une association faible avec
des morts subites, notamment à des doses élevées (> 30 mg/jour) ou chez les
patients de plus de 60 ans [1]. L'Afssaps rappelle que, depuis 1980, la dompéridone
a comme indication le soulagement des nausées et vomissements, sensations
de ballonnements, gênes et régurgitations gastriques, avec comme effet secondaire
possible une galactorrhée due à son action antagoniste de la dopamine. Mais
la dompéridone n'a pas d'AMM dans la stimulation de la lactation bien
que de nombreux documents, notamment sur Internet, incitent à cette utilisation,
qui plus est à doses dépassant de très loin les 30 mg quotidiens. Les risques
cardiaques existent chez la femme allaitante et potentiellement chez le nouveau-né
allaité et la dompéridone ne doit donc pas être utilisée dans cette indication,
comme le précise le RCP du produit [2].
Mots clés : fibrillation ventriculaire ; troubles du rythme cardiaque
[Arrhythmias Cardiac ; Ventricular Fibrillation]
Références
- Afssaps. Médicaments à base de dompéridone et sécurité d'emploi cardiovasculaire
Lettre aux professionnels de santé. 06/12/2011.
- Afssaps. Utilisation hors AMM de la dompéridone dans la stimulation de la
lactation : mise en garde Point d'information. 16/12/2011.
Maladie d'Alzheimer et dépression : pas d'ISRS en première ligne...
Une étude randomisée anglaise auprès de 326 patients atteints de maladie d'Alzheimer
le plus vaste essai d'antidépresseurs dans la démence, presque le total combiné
des travaux déjà publiés a évalué l'efficacité et la sécurité de deux antidépresseurs
couramment prescrits, sertraline (150 mg/j, 107 patients) et mirtazapine (45 mg/j,
108 patients), vs placebo (111 patients). Il n'a été observé aucune différence
significative entre les scores de dépression à 13 semaines dans les 3 groupes,
ni à 39 semaines. Les patients du groupe placebo avaient moins de réactions adverses
(29/111) que ceux des groupes sertraline (46/107 ; p = 0,010) ou mirtazapine (44/108
; p = 0,031), et moins de réactions considérées comme graves (p = 0,003). Cinq
patients de chaque groupe étaient décédés à 39 semaines. Absence d'efficacité
et risques majorés : les antidépresseurs ne sont en aucun cas le traitement de
première ligne de la dépression chez ces malades, pour lesquels l'approche psychosociale
reste le socle de toute intervention.
Mots clés : maladie d'Alzheimer ; trouble dépressif [Alzheimer
disease ; Depressive Disorder]
Référence :
- Banerjee S, Hellier J, Dewey M, Romeo R, Ballard C, Baldwin R, et al. Sertraline
or mirtazapine for depression in dementia (HTA-SADD): a randomised, multicentre,
double-blind, placebo-controlled trial. Lancet 2011; 378:403-11.
Les « poppers » interdits à la vente
Ces préparations liquides de nitrites destinées à être inhalées sont apparues
à la fin des années 1970 et utilisées à des fins « récréatives » [1]. Entre 1999
et mars 2011, 940 cas d'exposition ont été rapportés en France, dont 817 cas symptomatiques
(146 cas graves de méthémoglobinémie élevée, cyanose, coma, troubles respiratoires
et cardiaques, dont 6 décès un nouveau décès en avril). Sur les 883 cas d'exposition
recueillis entre 1999 et 2010, 34 cas d'atteintes oculaires ont été enregistrés
; 2 études récentes font également état de baisses de l'acuité visuelle, visions
colorées (et photophobie chez des utilisateurs chroniques) : l'imagerie de la
rétine a révélé une dégradation d'une partie des cellules photoréceptrices. Plusieurs
enquêtes (Observatoire français des drogues et toxicomanies mettent en 2007 et
2008, Baromètre santé en 2011) montrent que la consommation augmente régulièrement,
notamment chez les jeunes (plus de 10 % des 18-25 ans en 2010 contre 4 % en 2005).
Le ministère de la Santé a donc interdit la vente et la cession au public des
poppers [2].
Mots clés : abus d'inhalants [inhalant abuse]
Références
- Afssaps. Vigilances no 55. Novembre 2011.
- Arrêté du 29 juin 2011 publié au Journal officiel du 7 juillet 2011 portant
application de la réglementation des stupéfiants aux produits contenant des
nitrites d'alkyle, aliphatiques cycliques, hétérocycliques ou leurs isomères.
Interaction méthotrexate-IPP
Le méthotrexate (MTX) (Imeth®, Méthotrexate
Bellon®, Novatrex®) par voie orale est indiqué dans le traitement
de la polyarthrite rhumatoïde active (PR), le psoriasis de l'adulte et le traitement
d'entretien des leucémies aigües lymphoblastiques en une prise unique hebdomadaire.
Des cas de surdosage, notamment par prises quotidiennes au lieu d'hebdomadaires,
ont été responsables d'évènements indésirables graves parfois mortels (deux décès
par erreur de prescription depuis le début 2011). Mais un cas rapporté récemment
au CRPV de Rennes sort de ce cadre connu : la prescription de MTX (10 à 15 mg/semaine)
et Inexium® (20 mg/j) à une femme de 71 ans souffrant de PR a entraîné
rapidement un syndrome myopathique proximal (crampes, puis douleurs persistantes)
qui a disparu progressivement à l'arrêt du traitement ; la réintroduction du MTX
(10 mg/semaine) n'a pas entraîné sa réapparition. Le MTX et les IPP peuvent entraîner
de rares cas de myalgies et plusieurs cas cliniques publiés et des études récentes
ont mis en évidence une interaction entre les deux, avec diminution de la cinétique
d'élimination du MTX. L'association IPP-MTX (notamment à plus de 20 mg/semaine)
est déconseillée (à prendre en compte pour des doses inférieures).
Mot clé : crampe musculaire [Cramp]
Référence :
- CRPV Rennes. Méthotrexate et risque de surdosage. Lettre d'information no
3. Juillet 2011.
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