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L'Information Psychiatrique

Approche du vieillissement à travers l’expérience subjective Volume 83, numéro 3, Mars 2007

Auteur(s) : Benoît Fromage1

1MCU de Psychologie, HDR, Université d’Angers, Département de Psychologie, UPRES 2646, 11 bd Lavoisier, 49045 Angers

Vieillissement et vieillesse sont souvent amalgamés. On pense pouvoir définir facilement la vieillesse comme la dernière période de la vie et le vieillissement comme un processus descriptible en termes de changements successifs survenant chez un individu dans un certain contexte. La vieillesse est ainsi un phénomène objectivable, c’est-à-dire mesurable. Cette perspective rejoint le sens commun, lui-même adossé à l’évidence d’une évolution biologique marquée par l’usure, la dégradation, l’affaiblissement et la mort. Le vieillissement est un processus inhérent à la vie mais, par un curieux raccourci, il est l’apanage d’une période spécifique de la vie qui a pour nom vieillesse. Dans nos sociétés, on entre dans cet espace par la porte de la retraite comme dans une forteresse.Retranché dans cette citadelle établie derrière de hauts remparts avec chemins de ronde et tours de garde, l’individu vieillissant renforce et veille les entrées, scrute l’horizon, épiant tous signes précurseurs : rides, cheveux blancs, baisse des performances, etc. Le vieillissement saisi comme une pathologie ou comme un cortège de pertes dans le cadre d’une économie de l’avoir confine l’être au biologique, contraignant l’individu à une lutte perpétuelle pour maintenir ses acquis, conserver ses propriétés [6]. Et quand chaque jour la tenue de ces objets devient plus fragile et illusoire, la vieillesse peut devenir attente sans objet, précipitant maintes décompensations. Le vécu d’assiégé n’est pas confortable…Plus généralement, l’avancée en âge, notamment à partir du mitan de la vie qui installe la conscience d’une fin inéluctable – la finitude – s’associe à un rapprochement inexorable de la vieillesse et donc de la mort. Par cette anticipation, la vieillesse s’enracine loin en avant dans la vie, dès la maturité, et ce avec la mort… On la vit parfois bien longtemps avant d’être vieux et même sans en avoir conscience !Mais tout comme la bordure du trottoir fait naître la ville sur la campagne, la muraille surgir la citadelle sur l’espace environnant, l’homme provoque le monde par ses catégories mentales. Nous évoquerons ces représentations à la faveur d’images [12]. L’image implique une opération de transfert où le « réel » est confié à un substitut aérien qui en tient lieu. Elle libère des présupposés de la matière ou plus exactement des pièges de la forme [3]. Le simulacre imagé permet de disposer d’un équivalent qui condense des objets trop dispersés ou trop vastes : comment dire l’homme en prise avec le temps qui passe et la mort qui s’en vient clore une vie ? L’image ramasse et récapitule, elle a une fonction de synthèse. La métaphore, procédé de langage, participe de la même mécanique substitutive. Elle ne démontre rien mais a pour fonction de susciter la créativité, de suggérer sur un mode analogique des voies à explorer, d’esquisser d’autres possibles. Sur un ton léger, elle autorise et suscite le questionnement, le doute en modifiant l’angle de vision. Elle ouvre à l’approfondissement des présupposés. De tout temps, elle a joué un grand rôle dans la recherche [14] car elle est expression d’un imaginaire à concevoir comme lieu d’un « entre-savoirs » [5].La phénoménologie a pour vocation d’explorer les choses et les expériences en tant que telles. Se détournant des évidences communes (commodes ?) fussent-elles affublées d’apparences scientifiques. Notre propos sera de faire découvrir intuitivement par la métaphore la structure implicite de l’expérience du vieillir ou son dévers. À la différence du vieillissement, le vieillir n’a pas d’âge, posé par définition au-dessus du champ des conjugaisons, il est simplement toujours actuel. Cette réflexion ontologique, nous la mènerons d’abord dans le rapport au temps qui passe avec l’image du sablier et de ses effets dans le travail d’usure (le véhicule) et ensuite dans le rapport à la mort (le blé) qui achèvera dans l’estuaire de ce grand fleuve qu’est la vie…

Le sablier

La plage sur un bord de mer bien vaste, face à l’océan immense… Un enfant joue, assis sur le sable. Il semble absorbé dans ses pensées contemplant ses mains. Que fait-il ? Il prend dans une main du sable sec puis, serrant le poing, il s’efforce de le retenir tandis que celui-ci inexorablement s’échappe en petits filets. L’enfant recommence et s’acharne si fort que les jointures du poing sont blanches. Prendre encore du sable dans la main, essayer de le retenir de toutes ses forces et quand la main, malgré l’effort, est presque vide, recommencer…

Dans les mains de l’enfant glisse le sable du temps que rien ni personne ne peut jamais arrêter. Prendre et laisser partir, prise et lâcher prise, tenir et lâcher, saisir et se dessaisir… mais finalement ne rien tenir car il n’y a rien à prendre si ce n’est l’espace du glissement régulier des grains de sable : voici l’expérience fondamentale de l’existence. Du sablier, on ne retient que le mouvement qui figure l’écoulement d’un temps contrôlé et mesuré par l’ingénieux dispositif oubliant cette appréhension impossible entre le « ne plus » et le « pas encore », cet espace intenable du grain qui file… la vie. Vouloir retenir le sable, c’est s’installer en propriétaire cantonné dans le registre de l’avoir qui implique fatalement l’impossibilité à maintenir l’état présent. À cela s’oppose l’expérience d’être simplement présent au sable qui s’écoule dans un présent vécu qui définit la temporalité. La métrique du temps contenue dans le sablier n’épuise en rien l’expérience du temps vécu dans l’illusion toujours déçue de la prise. Ainsi l’enfant explore la vie non pas dans le tenir mais dans le renouvellement perpétuel de cette expérience paradoxale de la prise et du lâcher prise. À avancer en âge si on ne peut que vieillir, cette impuissance demeure relative à une épistémê, une conception du monde qui peut être relayée par un contexte social. Deux options s’offrent à l’existant : ou s’identifier à l’écoulement du sable ou n’y voir qu’une possibilité d’expérience, d’actualisation, scène où l’être se donne à voir.

Le vieux véhicule

Dans la plaine alanguie des promesses de la moisson proche, on peut entendre le crissement régulier de la faux courber vers le sol la chevelure blonde des blés dressés en sobres andains. Sur le bord du chemin, une vieille épave de voiture rouillée attend comme abandonnée. On peut noter d’innombrables signes d’usure et pourtant, en s’approchant, elle semble encore bien utilisée… Les perceptions simples ont besoin d’être revisitées. La connaissance scientifique opère non selon une voie cumulative mais par rupture épistémologique en rectifiant les préjugés, les habitudes, les perceptions immédiates [1], en s’opposant à l’évidence…

En gérontologie, les savoirs populaires sont souvent parés de doctes propos : avec l’âge, la mémoire à long terme est relativement préservée tandis que la mémoire de travail se met en retraite, la vitesse de traitement de l’information ralentit ou encore l’espace psychique du dément se troue, etc. Les paradigmes, les théories et les méthodes diffèrent mais il y a un accord de fond : on décrit la bagnole qui rouille et pas le déplacement du véhicule. Pourtant, ça continue d’avancer tant que « ça » peut !

On peut détailler les lignes désuètes du véhicule à moins que l’on exhume à l’occasion d’un anniversaire un centenaire attardé sur cette terre comme on voit parfois défiler sur nos routes des engins ante diluviens bichonnés par des passionnés. Ici le critère est esthétique.

On peut décrire une rotule qui flanche, des freins qui se lâchent, un cardan qui grenaille, un carburateur obstrué, la déglingue des amortisseurs, etc. La liste des déficiences est quasi infinie et il faut au plus vite filer chez le réparateur, éventuellement y stationner comme dans une maison de retraite. Le critère est fonctionnel.

Ces perspectives prolongent et étayent le sens populaire – « Que voulez-vous, l’âge est là… on ne peut pas faire du neuf avec du vieux ! » – rencontrent l’assentiment et la demande sociale explicite : sans attendre il faut prévenir, guérir, rétablir l’ordre ancien, conjurer le temps qui passe ! Mais tout comme la route génère la voiture (et vice versa), une gérontologie axée uniquement sur le corps et les conduites observables génère une friche qui s’étend, celle de l’expérience du sujet à lui-même. Somatisations, dépression, plaintes sont autant de manières pour l’ancien de répondre à l’offre qu’une culture lui fait, lui ôtant la possibilité de converser avec lui-même [7].

Le vieillissement est aussi cette expérience subjective et solitaire nullement apanage des âgés, manière toute spéciale d’écrire une histoire – la sienne –, de s’investir dans son histoire en bosses et creux que sillonnent larmes de joie et de tristesse comme autant de rides sur l’étendue plane du temps. L’expérience subjective ou sentiment même de soi [4] est ce colloque intime qui accompagne instant par instant notre existence. On prend acte de temps en temps de ce soi-même pressenti pérenne quand s’opère un décollement entre celui-ci et les figurants qu’il supporte comme autant de personnages transitoires. Le sens de l’ipséité s’inscrit en sourdine comme la sensation d’être soi-même, toujours le même, bien distinct des apparences concrètes données à voir et expérimentées familièrement. On perçoit que ce soi-même là est bien différent du moi empirique. Hors du temps chronologique, il semble échapper à la mort.

Parce qu’il ne peut plus marcher, écouter parler d’une voix rauque, un ancien allongé sur son lit au seuil de l’infini, l’entendre évoquer sa jeunesse, rêver avec lui de ces paysages anciens que l’on ne connaît pas et pourtant étonnamment proches, l’accompagner dans ce ravaudage sans relâche de ce qui lui reste d’habits : les souvenirs… Laisser dans la chambre recueillie sur l’instant le temps ancien se distendre, se rassembler et s’approcher par ce corps défiguré, abusé, révoqué par l’âge, c’est entrer un peu dans cette expérience subjective du vieillir qui convie chacun à une rencontre avec soi-même, à palper ce principe d’identité qui fonde nos existences. Car finalement être vieux est une fiction ! Le vieux en soi on ne le rencontre que de temps en temps, à la faveur du regard de l’autre sur soi ou dans les gémissements de son propre corps fatigué. L’aliénation vient de ce corps qui parle et fait parler… Pour le reste l’ancien se ressent toujours le même depuis sa naissance. Dans chaque vieux veille l’enfant et, dans l’enfant, sommeille le vieux : par-delà les formes, l’être est bien différent du moi qui a chaque phase s’agrippe à ses possessions et que décrivent de concert sens populaire et experts…

Ainsi évoquer des souvenirs peut laisser penser au ressassement d’un passé révolu. Mais le vieux peut s’y diriger activement, s’y mouvoir et alors le passé revit et le vieillard avec : reviviscence ! Le psychisme est cette possibilité toujours présente d’animer le monde, monde interne des souvenirs ou des cogitations innombrables, monde externe sur lequel s’exerce sans relâche l’intentionnalité (intendere = tendre vers). L’intentionnalité définit le fait psychique [2] et c’est par cette énergie initialement indéterminée que le sujet âgé continue de vivre et de faire vivre.

À la perspective « pragmatique » du vieillissement couplée à la biologie et à une perspective positiviste s’oppose, irréductible et non moins réaliste, la vitalité psychique définie comme une énergie toujours a priori orientée vers. Le psychisme c’est d’abord de l’énergie, une potentialité de mouvement, une tendance vers, une orientation a priori. Le psychisme c’est du « perpétuellement en instance de départ », de l’énergie en partance pour. Peu importe l’allure du véhicule servant de monture à cette énergie, l’objet est toujours second, initié en quelque sorte par le psychisme à travers cette énergie d’intentionnalité.

La gérontologie actuelle, portée par le flux ambiant au prétexte de la prévention et du soin, méconnaît (ou feint de ?) ce dialogue intérieur privilégié de soi à soi, cette intimité secrète qui fait exister, c’est-à-dire étymologiquement « être hors de soi », n’être plus seulement dans un temps chronologique (chronos) soumettant à la dégradation et à l’usure mais également dans un kairos défini comme l’expérience dense et subjective de sa propre participation à l’instant vécu. Il est urgent de restaurer le point de vue à la première personne comme source authentique d’un savoir complémentaire de la rationalité à la troisième personne issue des sciences de la nature. Ce que le sujet sait ou peut dire en parole comme en actes de son expérience du vieillissement qualifie et légitime un niveau phénoménologique irréductible [13]. Indépendamment de ses déterminations particulières, le sujet continue d’exister dans ce « jet » permanent au-devant de lui-même qui fait jaillir chaque existant.

Le blé

Dans le jour qui décline, la plaine ondulante est couchée, désormais plane et silencieuse comme un cimetière. La vie s’en est allée.

La « grande faucheuse », allégorie utilisant les images de l’époque, désigne la mort qui, tel un agent extérieur, vient en coupant l’amarrage au sol arrêter une histoire et brutalement ouvrir à la délocalisation. Arrêtons-nous sur ce blé qui vient à l’instant de mourir, retraçons son parcours.

Un léger et fragile duvet vert s’était éveillé du long sommeil hivernal dans le printemps encore frissonnant. Il avait forci au point de couvrir le sol d’un plantureux herbu dont la couleur invitait à toutes les promesses. Cette « herbe » avait grandi et le vert soutenu avait progressivement pali et viré au jaune paille. Le pied s’était alors desséché aux premiers feux de l’été et le blé, car c’était bien de cela qu’il s’agissait, avait migré, se condensant dans le grain au haut de l’épi. Et tout ce bel ensemble était maintenant au sol, inanimé !

Encore quelques jours et la plaine serait complètement vide, le tendre duvet printanier remplacé par un chaume hérissé : le pied resté en terre abandonné aux labours futurs, le grain et la paille dispersés, l’un parti vers le moulin, l’autre vers l’étable.

L’un dans le vacarme des meules succédant au silence du champ se transformera en farine et en son. L’autre dispensera sous forme de litière la bonne chaleur sèche et odorante de l’été à l’animal grelottant dans la froidure de l’hiver : transformation.

Où est le blé ? Dans la graine qui germe et se meurt ? Dans le blé en herbe ? Dans l’épi qui s’élance ? Dans l’épillet qui gonfle et mûrit ? Dans les graines qui s’amoncellent au bout du champ ou dans le grenier ? Dans la pâte souple et moelleuse que l’on enfourne ? Dans l’odeur qui inonde le fournil, dans le pain mordoré et croustillant que l’on s’apprête à déguster ?

À chaque étape, le blé est là, complètement, et si par malheur il s’arrête à un stade, il meurt à ce pour quoi il a été lancé dans le monde ! Ces graines blondes et replètes que le paysan jette avec désinvolture sur le sol automnal pour les recouvrir ensuite de terre : abandon ? Et pour le béotien quel espoir de récolte peut porter la terre nue que roidit le froid de l’hiver ?

Généralement, la mort est présentée comme un événement à venir qui interrompt la vie et auquel il faut se préparer. Pourtant, elle est ce qui détermine la vie elle-même, saisie pour ce qu’elle est, une possibilité d’impossibilité [11], mais aussi possibilité d’assumer son être le plus propre dans une rencontre authentique, retrouvailles ultimes du dasein et de l’être-en-soi [8]. La temporalité comme expérience vécue du temps réside dans le présent : de chaque instant jaillit simultanément en provenance du futur un « pas encore » tandis que se précipite vers le passé un « jamais plus ». L’actuel se nourrit de ces deux composantes inactuelles par expérience, le futur et le passé. L’existant est dans ce glissement dont l’apparente continuité s’élabore par et dans « ce qui existe ». Chaque instant, cordé entre un avant et un après, fuse en un présent vivant. Le présent pour exister a besoin de passé et de futur. En conséquence, il ne saurait y avoir ni présent de la naissance, ni présent de la mort si l’on considère que, avant l’un et après l’autre, il n’y a rien, ni passé, ni futur. La naissance comme la mort, figés dans la posture d’un commencement ou d’un arrêt absolu, constituent une pensée déréelle pourtant largement admise et seule la métaphore peut faire pont entre cette analyse radicale et abstraite et l’expérience quotidienne.

L’apprivoisement de cette position reste laborieux et concomitant à l’existence elle-même. Pourtant, dénier la mort c’est créer un fardeau qui va aller s’alourdissant, poids mort, membre fantôme gangrenant d’autant plus la vie de l’individu que le déni est puissant. La mort est événement qui clôt la vie mais aussi ce qui lui donne valeur, repère. On peut reconnaître cette présence de la mort à chaque instant de la vie à travers le mouvement de transformation perpétuelle, disparition/apparition de tous les phénomènes. Départs et arrivées, débuts et fins se succèdent sans cesse au long de l’existence, la faisant concrètement. La mort devient alors seuil [10].

Ce champ si tendu de vie que rase avec une fanatique méthode la faux, la souffrance de l’épi qui perçoit son tour approcher et qui comme ses semblables d’un coup voit son histoire s’incliner et s’affaisser sur le sol… Souffrance éperdue de l’épi oublié dans un coin de champ et qui demeure seul… Le paysan sur la plaine hivernale voit la moisson future, le boulanger dans les sacs de farine voit des milliers de pains et ce pain que, sans prendre garde, on mâche, qui pourra en faire l’histoire ?

À chaque fois derrière les apparences, le blé meurt et renaît. Il se transforme. La fin d’une étape est ouverture à une autre aventure. Toujours. Si le mourir existe avec son cortège de souffrances qui questionnent le sens de la vie, la mort n’existe pas [9]. La mort, regard posé sur un moment, réside dans l’illusion d’une forme de passage. Le blé est mort si on l’identifie à l’une de ses manifestations : graine, herbe ou épi…

Le fleuve…

Et ce flux du végétal se poursuit selon la métaphore héraclitéenne à la manière d’un grand fleuve traversant d’innombrables paysages. Le sujet âgé peut s’engouffrer dans le discours ambiant qui identifie le vieux à son corps dans une magistrale confusion entre l’habitation et son occupant qui un jour ou l’autre s’émancipe. La perspective unilatérale liée à l’avoir et à son maintien (cf. le sablier) confine à la dégradation inexorable et à la mort.

Vieillir est de chaque instant, non décliné, atemporel à sa manière. L’expérience subjective du vieillissement développée comme une relation authentique à soi par-delà les apparences s’étend de la source à l’embouchure de la vie. Elle n’est pas qu’une affaire de vieux et d’ailleurs où est le vieux ?

Où est le fleuve ? Sans cesse, il passe hâtif ou lent, puis disparaît, toujours là dans l’instant de la rencontre, jamais identifiable aux paysages traversés. Parfois détourné, rien ne peut l’arrêter et, quand il s’enfonce dans l’océan immense, à quoi meurt-il ?