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Dermato Mag

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Le dermatologue de 2017 confronté à ses doutes ? Volume 5, numéro 4, Octobre - Novembre - Décembre 2017

Si on fait le bilan de l’année 2017, trois sujets ont défrayé la chronique médiatique professionnelle ou grand public : la maladie de Lyme, le Levothyrox et la nouvelle campagne de onze vaccins décidée en juillet 2017.

Trois sujets auxquels le dermatologue est confronté, soit au niveau de sa patientèle, soit au niveau personnel, soit au niveau de sa formation continue ou plutôt « évolutive » dans le cas présent.

Pour la maladie de Lyme, tout semblait décidé mais plusieurs voix dissonantes contre l’ordre établi ou des dogmes scientifiques se sont élevées du côté des patients comme des médecins [1] ; certains mènent des combats qui, à force de conviction et de ténacité, sont gagnants : rappelons-nous l’affaire du Mediator grâce à l’implication d’une pneumologue…

Certaines avancées scientifiques ont entraîné parfois non sans mal l’effondrement de vérités qui semblaient pourtant bien établies : qui aurait pu imaginer que l’ulcère de l’estomac était dû à Helicobacter pilori ?Plus récemment, qui aurait imaginé que les troubles auto-immuns et neurologiques de la maladie de Whipple étaient dus à une bactérie (Tropheryma whipple) ? Il en est de même pour les avancées de l’imputabilité du Demodex et son contenu digestif dans la rosacée…

Les plaintes et le bon sens des patients doivent être colligés. Bien entendu, des cas de maladie de Lyme non ou sous-diagnostiqués sont avérés, des sérologies Elisa mises en défaut (faux séropositif ou séronégatif en Elisa).

Tout ceci induit le doute, d’où la « Lyme-mania » ou « Lyme-phobie », avec le risque de dérive (cf. l’article de Florence Corgibet page 246). La nécessité s’impose donc de rester en veille ou en éveil, de se former. Pourquoi ne pas assister aux DPC sur ce thème (cf. l’article de ève Pépin sur le DPC page 214) ?

Ainsi le patient doute sur une maladie, sur un diagnostic ou sur un traitement. Un simple changement de formule peut engendrer un cataclysme médiatique, surtout quand la prescription concerne 3 millions de patients. Jamais il n’y a eu autant d’effets indésirables déclarés (15 000 cas au 15 octobre 2017) en si peu de temps. Ceux qui étaient étiquetés au début pour certains patients comme effets peu probables ou du domaine « psychiatrique » s’avèrent être réels, nécessitant de la part de l’ANSM une décision de mise à disposition de thérapeutiques alternatives dès octobre 2017, ce qui n’a pas empêché une perquisition de son siège liée à une enquête ouverte pour « tromperie aggravée, atteintes involontaires à l’intégrité physique et mise en danger de la vie d’autrui »

Ce déballage médiatique génère du doute chez les patients comme chez les professionnels de santé que nous sommes.

Il nous semble utile que chacun lise attentivement la mise au point publiée par l’ANSM à ce sujet [2, 3].

En cette fin d’année 2017, un autre débat est en train d’éclore, mené par les « anti- » vaccinations et les « pro- » vaccinations, avec des arguments défendables dans les deux camps. Notre avis nous sera demandé par nos patients ou dans notre cellule familiale. Pourrez-vous répondre « oui bien sûr » ou « non bien sûr » sans aucun doute ?

Bonne lecture et bonnes fêtes.

 

Références :

1- Borgermans L, Perronne C, Balicer R, Plasek O, Obsomer V. Lyme disease: time for a new approach? Br Med J 2015 ; 351. doi: http://dx.doi.org/10.1136/bmj.h6520

2- http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/d2ff2f7bc3abe1a5f043019b10dd2477.pdf

3- http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Diversification-de-l-offre-de-specialites-a-base-de-levothyroxine-Point-d-Information