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Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement
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The fate of the couple in dementia


Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement. Volume 9, Number 4, 447-54, Décembre 2011, Synthèse

DOI : 10.1684/pnv.2011.0299

Résumé   Summary  

Author(s) : Audrey Rieucau, Jean-Philippe David, Catherine Bungener, Laboratoire de psychopathologie et processus de santé, EA 4057, Université Paris Descartes, AP-HP, Hôpital Emile Roux, Service de gérontologie 3, Limeil Brévannes.

Summary : Helping and caring for patients suffering from Alzheimer's disease and related dementias are mostly provided by the patient's entourage at his home. The non-professional caregivers are described under the name of « natural or informal help ». Although more and more studies are coming out concerning the notion of caregiver burden, very few deal with the consequences upon the intrapsychic experience of the person sharing the life of the demented patient. Even fewer studies are devoted to specific aspects of the conjugal bond at the center of dementia. How will time and old age affect this bond, both on the objectal and narcissistic levels? What can explain the fact that, for some, the conjugal bond becomes pathological? What will happen when one adds dementia to the equation? In a situation of aging conjugopathy, where one member of the couple develops a neurodegenerative disease, what allows some caregivers to take advantage of new psychic investments whereas others fall apart? The propensity to experience satisfactions in the caregiving situation seems to depend, among other things, upon personality traits, as illustrated by one clinical case.

Keywords : caregiver, couple, dementia, conjugopathy, aging

ARTICLE

pnv.2011.0299

Auteur(s) : Audrey Rieucau1,,2 audrey.rieucau@erx.aphp.fr, Jean-Philippe David2, Catherine Bungener1

1 Laboratoire de psychopathologie et processus de santé, EA 4057, Université Paris Descartes

2 AP-HP, Hôpital Emile Roux, Service de gérontologie 3, Limeil Brévannes

Tirés à part : A. Rieucau

Points clés

  • •. Toute une catégorie de la population est amenée actuellement à incarner le rôle d’aidant informel, de façon plus ou moins volontaire, plus ou moins brutale, plus ou moins transitoire et surtout, plus ou moins acceptée par le dit aidé.
  • •. L’angle de vue psychanalytique offre un éclairage supplémentaire pour comprendre ce qui se joue dans cette relation, notamment dans la dynamique des couples vieillissants.


L’aide et les soins aux malades atteints de la maladie d’Alzheimer et autres démences apparentées sont principalement pris en charge par l’entourage du patient, à domicile. Ces soignants non professionnels sont regroupés sous le terme d’aidants naturels ou informels [1]. Ces aidants étant aujourd’hui les principaux acteurs du recul de la mise en institution de leurs proches, il est devenu indispensable pour les pouvoirs publics de leur apporter un soutien. Si de plus en plus de travaux paraissent sur la notion de fardeau de l’aidant, très peu traitent des répercussions sur le vécu intrapsychique de la personne partageant la vie du sujet dément, et encore moins étudient la particularité du lien conjugal au sein de la démence.

Freud proposait dès 1905 une conception du choix d’objet par étayage : on aime soit la femme qui nourrit, soit l’homme qui protège [2]. En 1914, il y ajoutait une dimension narcissique : on aime ce qu’on est, ce qu’on a été et ce qu’on voudrait être [3]. Lemaire [4] ajoute que le choix du conjoint dépend des possibilités communes de satisfactions, mais également de caractéristiques susceptibles de venir renforcer le moi de chacun dans son organisation défensive. L’Œdipe, positif comme négatif, guide le choix amoureux, soit directement vers un choix d’objet se référant à l’une des figures parentales, soit indirectement vers un conjoint qui en sera le parfait négatif, se défendant ainsi de désirs incestueux, refoulés mais non dépassés. Ainsi, « pour chaque membre du couple, l’autre est celui qui satisfait les pulsions en procurant tour à tour plaisir et déplaisir, mais aussi celui dont il reçoit des identifications renforçant l’image et l’amour de soi » [5]. Comment le temps et la vieillesse vont-ils agir sur ce lien, tant sur le plan objectal que narcissique ? Qu’est-ce qui explique que, pour certains, le lien conjugal devient pathologique, à l’image d’Emile et Marguerite dans le film « Le Chat » [6] ?

Vieillissement psychique

Il arrive un âge où le sujet voit ses enfants partir de la maison et commencer leur vie d’adulte. Ses propres parents entrent à ce moment dans le quatrième âge, celui de la dépendance, ou sont décédés, tandis que lui-même prend conscience de certaines modifications dans son corps. Il réalise alors qu’il arrive à une période de sa vie où bien des choses qu’il avait rêvé de réaliser ne pourront l’être : « la conscience de la frustration à venir est particulièrement intense » [7]. Les problématiques qui sont en jeu entrent alors en écho avec l’Œdipe : elles renvoient à l’élaboration de l’angoisse de castration (abandonner des projets devenus irréalisables) et au renoncement des objets œdipiens [8]. Le déni de la mort, qui imprégnait la jeunesse, va ainsi s’effondrer [9]. La mort n’est plus le fait d’accidents ou du très grand âge, elle devient personnelle en même temps qu’inéluctable.

Par les modifications sociales et corporelles qui en découlent, le vieillissement amène également à une crise identitaire, l’identité étant ici à comprendre comme reposant sur la succession d’identifications constitutives au moi [5]. C’est de sa qualité que va dépendre le risque d’être affaibli par les changements et situations traumatiques amenées par la vieillesse [10]. Le sujet va vivre une véritable « rupture de l’alliance narcissique » [11] : du fait des atteintes subies, « ce qui va se jouer au cours du vieillissement, c’est un balancement (…) entre l’investissement de soi et le désinvestissement qui opère à la manière d’une force active » [12]. Bergeret ajoute que la crise de la sénescence serait à rapprocher de celle de l’adolescence tant les « investissements affectifs profonds demeurent beaucoup plus narcissiques que génitaux » [11].

L’ensemble des renoncements ainsi demandés ne va être possible que si de nouveaux investissements objectaux et sublimatoires sont trouvés [13]. Bergeret met en avant l’importance des formations réactionnelles qui, comme à l’adolescence, « contribuent grandement à intégrer les poussées agressives et auto-agressives dans une objectalité relationnelle d’un niveau suffisant pour maintenir le fonctionnement narcissique en dehors des états de carences qui pourraient engendrer des mouvements dépressifs toujours redoutables » [11]. Ainsi, la crise du vieillissement conduit à un travail de deuil et à un travail d’élaboration et d’intégration des limites naissance/mort [13]. Sous l’effet de l’angoisse émergente, l’appareil psychique du sujet se voit confronté à des bouleversements et réaménagements à effectuer pour trouver une issue et maintenir un équilibre, quel qu’il soit, dont l’enjeu est la permanence du moi. Le vieillissement psychique se construit depuis l’élaboration de ces pertes potentiellement traumatiques en fonction de la structure du sujet, de ses particularités, mais aussi de son environnement actuel.

L’élaboration de la perspective de sa propre mort correspond donc au travail du vieillir : jeu d’équilibre entre investissements, désinvestissements et travail de deuil où les ressources sublimatoires du sujet s’avèrent extrêmement sollicitées. S’il peut donner lieu à un travail de deuil spécifique permettant la réélaboration tardive du complexe d’Œdipe, voire de la position dépressive chez certains, pour d’autres ce sera irréalisable. La seule issue sera alors le déni, le désinvestissement de la réalité avec toutes ses variances possibles. Cette intériorisation de sa propre finitude serait à voir comme un organisateur psychique amenant l’individu à faire son bilan de vie [14] : « la perspective de la mort, comme la vieillesse ou son anticipation, interrogent le Moi dans ses identifications et dans son narcissisme » [13]. Qu’en est-il du couple où chacun des membres est devenu, au fil des années, une partie de l’autre ?

Vieillissement du couple

Certains auront une vision romantique du couple, traversant à deux les épreuves du temps et dont l’union en sort renforcée. D’autres, au contraire, auront une vision plus cynique, voyant l’entrée dans la vieillesse comme une épreuve insurmontable pour le couple amoureux, où chacun sera obligé de vivre avec un autre qui n’est plus tout à fait celui avec lequel il avait choisi de partager sa vie. Ce qui est certain, c’est que « le couple ne peut pas vieillir sans connaître de transformations intérieures » [15]. Il est le lieu d’un double investissement, objectal et narcissique, qui subit de plein fouet les retentissements du vieillissement de chacun de ses membres. Le couple obéit au principe de réalité et doit continuellement confronter sa réalité à celle du monde extérieur.

Ainsi, ce qui fait la crise individuelle de la vieillesse prend également sens dans le couple. Le sujet, en proie à ses propres modifications corporelles, est confronté aux changements physiques et psychiques de son conjoint. Du fait de la mise à la retraite, des enfants qui ont quitté le foyer pour devenir eux-mêmes parents, le couple s’inscrit dans un rythme de vie différent où les époux vont partager plus de temps. Autant de changements liés à la perte des divers rôles sociaux, familiaux et professionnels. Autant d’événements où le principe de plaisir rencontre le principe de réalité, menant ainsi à des transformations de l’investissement d’objet. L’énergie libidinale qui était jusque-là investie sur le monde extérieur resurgit sur le couple sans que la situation soit toujours propice à la liaison des pulsions. L’effet peut être la déliaison des pulsions érotiques et destructrices sur laquelle s’était fondé le lien amoureux, provoquant ainsi une crise conjugale [15].

Pourtant, malgré les modifications biologiques, physiologiques et corporelles qui surviennent chez le sujet âgé, le plaisir a toujours lieu d’être, tout comme la sexualité psychique qui viendra soutenir la sexualité physique. Mais cette sexualité psychique alimente également le complexe de castration et ouvre ainsi la voie à une régression vers des pulsions prégénitales dans leur composante orale et anale. Ces pulsions peuvent réapparaître selon un mode non pathologique en ayant pour effet de renforcer le plaisir éprouvé lors des préliminaires. Mais sous une forme pathologique, elles peuvent également donner lieu à de la perversion [15]. Dès lors, une réapparition brutale des pulsions partielles engendrera crise et souffrance chez le couple âgé [5]. Cependant, l’âge demeure surtout propice au déplacement de la libido vers des buts non-sexuels : grâce à la sublimation, le couple peut continuer d’éprouver le plaisir de créer à deux [15].

De plus, si la vie conjugale engage la bisexualité psychique de chacun des deux conjoints, celle-ci va justement être ré-élaborée avec le vieillissement. La composante prégénitale activité-passivité qui fonde la bisexualité psychique se révèle lors de la dépendance de l’un des conjoints : le mari pourra adopter une attitude maternelle ou encore de passivité féminine, tandis que la femme embrassera une conduite masculine [5].

Le temps voit également s’accomplir certaines identifications inconscientes qui avaient jadis guidé le choix du conjoint. Du fait des modifications corporelles et comportementales, ce qui était latent devient alors manifeste, des caractéristiques de ces identifications qui étaient jusqu’à présent restées inconnues sont dévoilées : « le choix œdipien du conjoint réunissant toujours des fantasmes d’identification à chacun des parents, l’âge ou la maladie dévoile des attentes ou des déceptions, des attitudes de rivalité ou des désirs de vengeance visant à travers le conjoint un des parents » [5]. C’est ce qui va conduire certains à une séparation tardive. Ce sont les couples fondés sur un étayage réciproque qui vont le plus souffrir : chacun étant dépositaire de ce qui manque chez l’autre afin de le consolider narcissiquement, toute faiblesse chez l’un constituera un désétayage traumatique propice à la dépression chez le second ou encore, dans une forme plus perverse, conduira à de la violence physique ou psychique. D’autres encore nieront les changements chez leur époux afin de dénier les leurs, ou le remplaceront par un autre objet, toujours dans le but de rétablir leur équilibre narcissique [5].

Le couple repose sur un autre déni, celui de sa fin : « l’idéalisation de ce lien amoureux primaire subsiste dans l’inconscient de chacun, entretenu par un échange identificatoire sur la base d’un déni commun de la séparation » [5]. Cependant, cette séparation finira souvent par devenir effective sans même la survenue d’un décès, lors de l’hospitalisation de l’un des deux par exemple. Et même, dans certains cas, l’entrée dans la démence donnera lieu à une désunion psychique.

Face à la démence de son époux : entre son rôle d’aidant naturel et son propre vieillissement

En ce qui concerne le sujet âgé dépendant, les psychanalystes dépeignent les répercussions négatives pour l’entourage. Marion Péruchon dit à ce sujet : « L’une des défenses courantes en fin de vie s’articule à la dépendance ; le sujet vieillissant tend à devenir de plus en plus dépendant de l’entourage et une véritable relation anaclitique peut s’instaurer. Le vieillard prendra alors appui sur l’autre au moment même où ses objets internes s’estompent ou se dissolvent. Mesure compensatoire certaine vis-à-vis de structures internes en voie d’effacement où l’objet investi tient lieu de pare-excitation et de moi auxiliaire. Cette dépendance vis-à-vis d’autrui peut être parfois si forte qu’elle peut conduire à un phagocytage de l’objet » [16].

Charazac évoque plus spécifiquement la relation de dépendance chez le couple âgé : outre les satisfactions sadomasochistes pouvant être observées dans cette relation chez chacun des conjoints (dans la position maternante comme dans celle de passivité), le point central de cette dynamique pulsionnelle serait de l’ordre narcissique, comme tend à le prouver la décompensation du conjoint aidant lorsque son époux est hospitalisé [5]. Quant à l’époux du dément, plus particulièrement, il serait entraîné avec son conjoint dans une double régression, comportementale et affective [15]. Deux types de conjoints peuvent alors être différenciés : ceux dont les interdits et idéaux sont assez souples pour que leur moi puisse aller dans le sens de cette régression et les autres, dont la voie de la régression est barrée. Les premiers vont donc se régler sur cette régression comportementale et affective : « ce sont ces maris et ces femmes qui nous disent en souriant vivre avec un garçon ou une fille de quatre ans » [15]. Les seconds, quant à eux, « n’ont pas d’autre choix que de renforcer leur cuirasse caractérielle, en s’aidant d’une idéalisation du couple et de leur fonction » [15]. Cependant, nier ainsi leurs difficultés et leur souffrance ne les atténue pas. Au contraire, cela aurait pour conséquence une « hémorragie de leur narcissisme personnel », ne leur laissant au final pas d’autre choix pour éviter le glissement vers des conduites de violence que l’institutionnalisation de leur conjoint, ce à quoi leur Idéal du Moi s’oppose pourtant farouchement [15].

Il serait donc nécessaire pour ces aidants, dits naturels, de faire un travail de réinvestissement progressif de leurs conjoints pour ce qu’ils sont aujourd’hui, avec leur démence, et non plus pour ce qu’ils ont été autrefois. Le deuil de l’époux ou de l’épouse tels qu’ils étaient représentés est nécessaire, deuil qui ne pourra toutefois qu’être partiel, à l’instar du deuil du moi, puisque ces époux ne seront pas véritablement morts et continueront d’exister dans la vie du sujet. Ce deuil « anticipé » [17] ou encore « deuil blanc » [18] de ce conjoint non-dément paraît nécessaire pour qu’une nouvelle relation puisse s’installer entre le conjoint malade et son époux, pour que ce dernier ne soit pas constamment dans la frustration créée par l’attente inconsciente et fantasmatique due à une confusion entre la représentation intériorisée du conjoint non dément et la réalité de celui désormais démentifié. Ce deuil blanc passe par plusieurs deuils successifs : celui de l’espérance de guérison, de la relation perdue, du conjoint idéal mais également bien souvent de l’estime de soi face aux attaques manifestées lors des troubles du comportement [15].

Mais tout deuil a une composante narcissique et la douleur du deuil vient justement signifier cette blessure [19]. Le narcissisme primaire, tout puissant, ne sait pas tolérer une telle limite, un tel manque, et crie sa douleur de se sentir ainsi amputé. Car la douleur due à la perte du conjoint, c’est la douleur de perdre celui qu’on a aimé, ou du moins avec lequel on a partagé sa vie, mais c’est aussi l’expression d’une nouvelle blessure narcissique. « Le travail de deuil est compromis lorsque l’objet a été investi comme un prolongement de soi, sur le mode d’un complément narcissique bien plus que comme une personne différente dotée d’un dynamisme propre, d’une pensée et d’une sensibilité autre » [20]. Or chez le couple âgé, c’est bien de cela qu’il s’agit. Que le sentiment amoureux perdure ou non, il s’agit surtout de dizaines d’années d’identifications respectives où l’autre est devenu une partie de soi. En même temps que la perte de son conjoint, c’est donc la perte d’une partie de soi que l’on subit.

Quelle substitution demeure possible pour le sujet âgé auquel il ne reste qu’un époux en proie à la démence ? Surtout, quelle anticipation, mise à part celle de sa propre disparition ? C’est là que l’orage pulsionnel dont parle Charazac dans la relation aidant/aidé prend tout son sens. Cette relation nécessite une certaine identification facilitée par le lien conjugal. Mais dans le cas du conjoint, ce lien identificatoire s’ajoute au fardeau de l’aidant, puisque ce dernier, lui-même en proie à la problématique du vieillissement, est confronté de plein fouet, et ce quotidiennement, aux pires fantasmes amenés par les diverses représentations de la vieillesse, et qui nourrissent l’angoisse de mort. Les défaillances chez l’un des conjoints, qui vont amener l’autre à devoir prendre des décisions telles que la séparation du couple, vont ainsi être vécues par ce dernier comme une double atteinte à l’amour de l’autre, mais également de soi lorsqu’il est dépendant de l’idéalisation du couple [15].

Le deuil blanc ou anticipé ne sera possible que s’il y a chez l’aidant un recul par rapport à la situation, pour qu’il puisse intégrer les répercussions cognitives, comportementales et biologiques de la maladie sur son époux, comme sur la relation qu’il entretient avec lui. Mais la relation fusionnelle résultant de la situation d’aide rend difficile cette prise de distance. Nous pouvons également nous demander si tous les conjoints disposent des ressources psychiques nécessaires à cette prise de recul et si toute dynamique relationnelle y est favorable.

La perte d’autonomie physique et ou psychique d’un des conjoints lors de la sénescence va régulièrement porter à l’attention des équipes médico-sociales des couples fonctionnant à l’image de Marguerite et Émile, incarnés au cinéma par Gabin et Signoret en 1971 [6] et pour lesquels a été créé le néologisme médico-psychologique de conjugopathie. Il s’agit de ces couples dont la dynamique relationnelle est organisée autour du conflit. Ce sont parfois les attaques de la vieillesse et de la maladie qui ont altéré le « contrat conjugal inconscient » sur lequel reposait l’équilibre du couple [21]. Est alors évoquée une conjugopathie vieillissante : « souffrance liée à la vie conjugale, touchant l’un ou l’autre des deux partenaires, mais bien souvent les deux, souffrance qui s’avère constante ; cela implique qu’elle dépasse le simple cadre de conflits momentanés telle une séparation, et qu’elle met en jeu des éléments psychopathologiques chez les deux partenaires, lesquels éléments influent bien évidemment sur une modalité de fonctionnement du couple propre à engendrer une souffrance à telle ou telle étape de la vie conjugale » [22]. Le couple n’est plus source de réassurance narcissique ou de satisfaction de besoins inconscients pour chacun des conjoints. La conjugopathie vieillissante s’inscrit donc au sein d’un couple qui s’est organisé progressivement autour d’un mode relationnel conflictuel, plus ou moins violent, plus ou moins manifeste, au cours des divers événements de vie. Le conflit devient le seul mode de communication possible au sein d’un couple qui ne peut penser la séparation.

Un des événements susceptible de révéler une situation de conjugopathie vieillissante est la relation d’aide, relation contenant déjà un fort risque de violence [23]. Une pathologie survenant au quatrième âge est ainsi à même de bouleverser les rapports de force autour desquels un couple s’est construit.

La conjugopathie vieillissante n’est évidemment pas le destin inéluctable de tous couples devant se confronter à la démence. Néanmoins, c’est par l’étude de dynamiques relationnelles singulières qu’il nous semble intéressant de pouvoir réfléchir à nouveau la situation d’aide familiale. C’est ici que l’angle de vue apporté par la psychanalyse sur la singularité de chacune des situations d’aide est en mesure d’apporter des outils de compréhension supplémentaire. « La conviction que la psychanalyse a beaucoup à apporter à la connaissance psychologique, (…) justifie l’intérêt actuel pour la valeur scientifique du cas unique » [24].

Vignette clinique

Mme T., 75 ans, est mariée depuis 47 ans à Mr T., 86 ans, atteint d’une démence mixte diagnostiquée en 2008 et pris en charge en hôpital de jour thérapeutique. Mme T. est régulièrement décriée par l’équipe soignante qui juge qu’elle ne s’occupe pas assez de son mari, le laissant trop souvent seul, libre de se mettre en danger. Il est parfois raccompagné à son domicile par des policiers après s’être égaré dans leur ville de résidence. Mais, après avoir exercé les professions d’infirmière, d’assistante sociale et de thérapeute familiale, Mme T., désormais à la retraite, a des responsabilités dans diverses associations qu’elle tient à conserver. Nous la rencontrons lors d’entretiens proposés dans le cadre de l’accompagnement des familles de patients.

Mme T. décrit son couple comme s’étant organisé, dès le début, sur un mode conflictuel : elle, lui reprochant constamment divers de ses comportements (casanier, introverti et peu enclin à partager ses émotions) et lui, semblant indifférent à toute forme de reproches. Dès le début du mariage, Mme T. essaya de l’emmener chez un sexologue et, lors de sa première grossesse, elle le menaça de divorcer à plusieurs reprises. L’opposition se fait à tous les niveaux et tient même, selon elle, à leurs origines : elle, fille de la côte méditerranéenne, lui, homme des montagnes. Mme T. semble, en réalité, avoir réalisé dès le début de leur mariage les conséquences d’une vie avec un homme de onze ans son aîné, sans pour autant qu’il ait été possible pour elle de revenir sur ce choix. Elle est d’ailleurs très choquée par le récent divorce de sa fille, cette dernière s’autorisant ce qu’elle n’avait pu se permettre : « Mais ce qu’il aurait fallu que je dise, c’est non pas stigmatiser son comportement, mais « Écoute tu es un homme sÛrement remarquable, enfin tout ce que tu voudras, mais pour moi maintenant ça va ! ». « Je veux dire, c’est ce que ma fille a été capable de faire avec son mari maintenant. ». Ce divorce a remis en question les représentations qu’elle avait du couple, représentations issues de l’exemple conflictuel donné par ses propres parents : pour Mme T., quelle que soit l’entente entre époux, un couple ne se sépare pas. Plus encore, l’histoire parentale a amené chez elle le fantasme selon lequel, même si vivre ensemble paraît impossible, mettre fin au couple signifierait la mort pour chacun de ses membres. Mme T. avait toujours connu ses parents en train de se disputer. Alors qu’ils étaient déjà à la retraite et que son père présentait vraisemblablement des signes de troubles cognitifs, à la suite d’une énième dispute extrêmement violente, sa mère a fait hospitaliser son père qui est décédé quinze jours après. Elle n’aurait elle-même plus jamais prononcé une parole jusqu’à son propre décès trois ans plus tard. Ainsi, ni le diagnostic de pathologie neurodégénérative de son mari ni la perte d’autonomie psychique de plus en plus conséquente ne permettent à Mme T. de repenser l’interdit de la séparation « Je ne peux pas imaginer qu’il ne serait plus dans la maison. (…) J’ai l’impression que ce serait une très, très mauvaise action. J’ai eu mes parents avant. ». Seule une dépendance physique nécessitant des soins qu’elle ne serait pas en mesure de réaliser permettrait de penser une séparation qui soit tolérable par les instances surmoïques « Vous me direz peut-être il aurait, je ne pourrais pas le déplacer par exemple si c’était nécessaire, ou des choses de ce genre, quelque chose de physique qui me serait pas possible, je pense que là je ferais certainement avec ça ».

Tout cela ne va pas sans l’émergence de certains vœux de mort à l’encontre de Mr T. : « C’est vrai aussi, on est devant un drôle de dilemme quand on est comme ça dans la vie avec quelqu’un. J’ai une éthique personnelle qui est que j’ai toujours privilégié la vie donc il n’y a pas de raison que je ne le fasse pas pour lui, hein ! Autrement c’est vrai qu’on a envie quelquefois de (trois sifflotements) l’envoyer je sais pas où ! ». Ce n’est pas la maladie qui rend impossible la séparation du couple. La maladie vient s’inscrire au sein d’un couple qui ne peut se séparer. De même la démence à laquelle est confrontée Mme T. quotidiennement n’est pas sans la questionner sur son propre vieillissement. Mais ce lien identificatoire avec son époux, du fait de la différence d’âge, la confrontait déjà auparavant à un miroir lui reflétant un lendemain angoissant. Chez cette personnalité rigide, sujette à l’intellectualisation, l’arrivée de cette maladie et les modifications dans les rôles de chacun que cela entraîne lui permettent justement de s’inscrire dans un rôle d’aidant, certes contraignant, mais plus en accord avec ses instances surmoïques, permettant de réalimenter narcissiquement au passage un moi affaibli par les attaques de la vieillesse. Mme T. fait son devoir en prenant soin de son mari et en réussissant là où sa mère a échoué.

Contrairement à d’autres couples, la démence n’est pas responsable d’une blessure liée à une séparation psychique brutale d’avec son compagnon de vie. Mme T. avait depuis longtemps désinvesti son couple de tout sentiment amoureux. Cette séparation avait même été actée par une relation extraconjugale dont elle parle très librement, y compris à ses enfants, présentant son amant, aujourd’hui décédé, comme le seul amour de sa vie. La maladie de son mari semble au contraire avoir permis à Mme T. de réinvestir ce dernier comme un objet de soin revalorisant plutôt qu’un objet identificatoire angoissant : « Moi j’exécute, on pourrait dire des ordres qui ont été inscrits sur une feuille de maladie ! Enfin, sur une ordonnance. C’est normal, ça. J’estime que c’est normal. ». Ainsi pour cette femme chez laquelle la confrontation au vieillissement est douloureuse, s’occuper d’un vieux malade revêt l’aspect d’une barrière fantasmatique : tant qu’elle s’occupe d’une personne âgée malade, elle demeure du côté de ceux qui soignent, des adultes actifs. Position renforcée pour le moment par la différence d’âge et qui laisse subsister un lien avec son identité professionnelle passée : lors des différents métiers qu’elle a exercé, Mme T. était toujours dans le rôle de celle qui prend soin.

Mr T., celui à l’encontre duquel elle nourrissait tant de griefs, n’a pour autant pas disparu. Elle a d’ailleurs développé une certaine habileté à attaquer son mari avec des descriptions remplies d’agressivité latente. Lorsqu’il lui est demandé, par exemple, si la maladie de son mari a évolué au cours de ces six derniers mois, elle répond « C’est un homme alors on peut dire atypique complet, c’est-à-dire que là où d’autres il y a déjà longtemps qu’il leur serait arrivé beaucoup, beaucoup de choses : lui a un tel rythme de vie, c’est-à-dire très très ralenti, qu’en fait, les jours passent… ». Elle inscrit les comportements actuels de son conjoint dans la continuité de ses défauts passés : « Alors les effets de la maladie, c’est là où moi je, bon d’accord, c’est peut-être accentué, mais je crois que je retrouve tout à fait le fond de ce qu’il était déjà au moment où je l’ai épousé, il avait 39 ans. ». Il semble que cela permette à Mme T. de rationaliser ses propres comportements quand le regard qu’elle porte sur ces derniers est susceptible de nourrir trop de culpabilité : « Moi j’ai l’impression, si vous voulez, qu’il est comme s’il était au théâtre, et moi je suis le spectacle et lui le spectateur. Vraiment, on est comme au théâtre. C’est très usant cette, le, cette compagnie perpétuelle, très, très, très usant. ». Cette représentation de leur relation actuelle rappelle étrangement Thérèse Raquin lorsque, enfin libre de mener sa vie de femme comme elle le souhaitait, elle se sent entravée par le jugement dans le regard de sa belle-mère aphasique que lui fait interpréter sa culpabilité. D’autant que si Mr T., comme le concède son épouse, a toujours été quelqu’un d’extrêmement gentil, sur lequel glissaient les reproches sans que jamais il ne réponde, c’est au décours de sa maladie qu’il développe de l’agressivité envers elle. Il a notamment été hospitalisé plusieurs semaines car il devenait extrêmement violent, jusqu’à essayer de lui casser le bras. Or ces épisodes débutaient toujours de la même façon, en évoquant le moment où Mme T. avait voulu divorcer. Il lui dit alors à son tour : « J’aurais bien mieux fait de ne jamais te rencontrer ». Mais là encore, la maladie de Mr T. offre à son épouse des éléments qui lui permettent, en rationalisant, d’abaisser sa culpabilité. Se refusant à comprendre certains des comportements actuels de son mari comme la résultante de ses troubles cognitifs, elle les met en lien avec la représentation qu’elle en avait déjà. Cela lui permet même une reconstruction d’un passé justifiant les reproches qu’elle a pu lui faire. Si son mari dit aux médecins qu’il lit encore alors qu’il ne le fait plus, c’est forcément qu’il est dans sa nature de mentir. Elle remet donc en question ce qu’il avait pu lui dire au début de son mariage : « Donc ce côté-là, maintenant, je suis assez à l’aise avec ça parce que je sais que c’est, au fond je redécouvre que j’aurais peut-être mieux fait de me rendre compte beaucoup plus tôt, j’aurais évité bien des problèmes ! Il me dit que quand… Il avait 40 ans quand je l’ai épousé. Donc il ne jouait déjà plus au foot et tout ça. Mais vous dire si c’était vrai ou… je n’en suis pas si sÛre que ça. ». S’il lui a menti au début de leur relation, ce n’est pas elle qui s’est trompée en l’épousant mais elle qui a été trompée, ce qui justifie ses propres comportements, voire le fait de pouvoir penser la séparation.

Car si pour le moment Mme T. semble trouver suffisamment de bénéfices secondaires pour que cette situation ne soit pas encore trop délétère psychiquement, il nous semble qu’il y a bien quelque chose qui pourrait devenir insoutenable dans le fait d’être face à un miroir reflétant un futur probable, ne semblant plus si éloigné pour une femme chez laquelle il est déjà douloureux d’inscrire noir sur blanc ses 75 ans. « C’est bon de savoir soi-même le point, où on ne pourrait pas aller plus loin. Ça, ça serait très bien. Mais peut-être que c’est par rapport à soi, pas par égoïsme mais au contraire par nécessité à un moment donné de, de se dire aussi qu’on existe ! (…) Je crois qu’on ne peut être efficace avec des personnes âgées que soi-même quand on est jeune, vraiment. Moi c’est une réflexion que je me fais maintenant. Quand j’avais 19-20 ans, quand j’ai commencé mes études d’infirmière, on se sent pas concerné. Vous comprenez ? Plus tard, on commence à se sentir concerné. En se disant, voilà, les déficits, les, toutes ces choses qui peuvent peut être… Mais moi je me suis dit, c’est peut-être possible que ça m’arrive, un certain type de, de handicap, mais je veux dire, pour le moment, bon ! Je sais pas, je sais pas. ». Ce qui l’empêche de concevoir les troubles de son mari comme découlant de sa maladie est peut-être que le fait de le reconnaître comme malade ouvrirait à de l’empathie, or l’empathie sous-tend une certaine identification…

Conclusion

Mme T. a une compréhension intellectuelle parfaite des pathologies neurodégénératives dans leur ensemble. Elle continue néanmoins à attribuer certains signes psychologiques et comportementaux de démence à une perduration de comportements antérieurs chez son mari, et ce, avec une certaine rigidité. Mais n’est-il pas moins culpabilisant de conserver une certaine liberté en pensant que son conjoint ne veut pas partager ses activités que réaliser qu’il ne le peut plus ? Ainsi, nous voyons que l’incapacité chez certains aidants à comprendre les comportements de leurs conjoints comme résultant de la maladie a une fonction. « Le couple communique par le symptôme » [25] : c’est par l’interprétation que l’aidant fait de certains troubles présentés par son conjoint comme étant dans la continuité de leur relation passée qu’il permet la pérennité du couple. Chez un couple s’étant organisé autour d’une dynamique conflictuelle, il en sera de même. Peu importe qu’il faille parfois continuer à s’inscrire dans un rôle de victime, du moment que la relation conserve un sens. Être dans la vaine tentative d’annihiler toute forme de fantasme chez l’aidant mettant en cause son proche dans l’apparition de certains de ses troubles peut comporter le risque de détruire ce qui permet au couple de demeurer couple. Si celui dont je porte le fardeau n’a plus aucun lien avec celui que j’ai connu, pour quelle raison m’en occuper ?

Les études portant sur l’aide informelle avaient au départ pour objectif de témoigner des nombreuses difficultés, aussi bien économiques, physiques que psychologiques, rencontrées par les aidants. Il était important de mettre en avant le coÛt de l’aide informelle. Néanmoins, toutes les situations d’aides ne sont pas dramatiques et tous les aidants ne s’écroulent pas psychiquement. Il est donc intéressant de s’attacher désormais à comprendre la relation d’aide également à travers les bénéfices secondaires qu’elle est susceptible d’apporter à l’aidant. C’est là que les outils psychanalytiques peuvent donner matière à penser ces dynamiques relationnelles. Il est certes toujours difficile de saisir rétrospectivement le fonctionnement d’un couple. Pourtant nous pouvons imaginer que c’est justement cette inscription dans un rôle d’aidante de son mari malade qui a permis à Mme T. d’être dans un mode relationnel apaisé avec ce dernier. La liberté offerte par la maladie de son époux ainsi que la satisfaction de faire son devoir supplante le fardeau de tout ce qu’elle a désormais à gérer et semble permettre d’amoindrir la situation de conjugopathie. Si Emile et Marguerite dans « Le Chat » sont obligés de s’ignorer pour couper tout lien identificatoire, pour Mme T., c’est la maladie de son mari qui revêt ce rôle : elle n’est pas la vieille épouse d’un vieux monsieur, elle demeure du côté de ceux qui soignent.

L’exemple d’aidants informels s’inscrivant dans une conjugopathie vieillissante peut paraître difficile à comparer avec d’autres situations peut-être plus courantes. Nous pensons cependant que c’est grâce à ces situations, effectivement singulières, mais qui nous poussent à nous questionner sur la singularité de chacune d’entre elles, que nous allons être amenés à réfléchir de façon plus poussée à l’orientation que nous faisons prendre à l’aide aux aidants ces dernières années : est-il pertinent de n’avoir de cesse de chercher la meilleure formule d’accompagnement susceptible de s’appliquer au plus grand nombre ? Est-il réellement souhaitable de systématiquement encourager les familles à prendre en charge à domicile le plus longtemps possible leur proche atteint d’une pathologie démentielle ?

Nous disposons actuellement d’une grande quantité de données sur les aidants familiaux et en particulier sur leur fardeau [26, 27]. Mais, jusqu’à présent, nous n’avons pas réussi à fournir des éléments de compréhension quant à l’un des éléments qui semble central dans cette dynamique relationnelle : « Qu’est-ce qui détermine leur investissement et le retrait de leur investissement » ? [25]. Qu’est ce qui permet à certains aidants de se saisir suffisamment des bénéfices secondaires offerts par leur situation pour ne pas se perdre dans leur rôle d’aidant ? L’articulation du normal et du pathologique, de ce qui lie l’un à l’autre, permet de comprendre que, dans une situation donnée, les dynamiques internes du couple iront dans une direction ou dans une autre [28]. La compréhension de ce qui se joue entre aidant et aidé ne peut faire l’économie de l’étude des situations singulières au sein desquelles s’inscrivent ces relations d’aide.

Remerciements

Nous remercions la fondation Mederic Alzheimer pour le soutien financier qu’elle accordé à notre travail de recherche.

Conflits d’intérêts: aucun.

Références

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