ARTICLE
pnv.2011.0273
Auteur(s) : Pierre-Olivier Lang pierre.o.lang@hcuge.ch
Département de médecine interne, réhabilitation et gériatrie,
Hôpitaux universitaires et Faculté de médecine de Genève,
Suisse
Tirés à part : P. Lang
Points clés
- •. La quasi-totalité de la population adulte est à
risque de développer un zona à un moment ou un autre de son
existence car 95 % a été en contact avec le VZV durant son
enfance.
- •. En cas de survenue d’un zona, un traitement antiviral
doit être impérativement initié dans les 72 premières heures de
l’éruption afin de tenter de diminuer le risque de survenue de
douleurs post-zostériennes (DPZ – < -50 %).
- •. Compte tenu de l’importance du fardeau individuel
mais aussi économique et social associé au zona, une démarche
préventive par la vaccination doit être proposée à toute personne
âgée de 60 ans ou plus ayant un antécédent de varicelle durant
l’enfance.
- •. La vaccination a démontré son efficacité à la fois
sur la réduction de l’incidence du zona (- 51 %), de la
survenue de DPZ (- 66 %) et du fardeau associé
(- 61 %)
Le virus de la varicelle et du zona (VZV) est un virus
exclusivement humain qui comme tout virus de la famille des
herpesviridae a la particularité de pouvoir devenir latent
[1], puis de se réactiver après plusieurs décennies [2]. La
varicelle étant une maladie infantile touchant 95 % de la
population, généralement durant l’enfance, toute la population
adulte doit être considérée comme à risque de développer un zona à
un moment ou un autre de son existence [3]. Cependant, les
personnes âgées représentent une population particulièrement à
risque. En effet, si dans la population générale l’incidence
annuelle du zona est estimée à 1,5-4,0 cas pour
1 000 personnes [4], elle est très faible avant l’âge de
50 ans [5] et 8 à 10 fois plus fréquente après la
6e décennie [6, 7]. Cette susceptibilité est
expliquée par la diminution de l’immunité spécifique contre le VZV
[8-11], l’immunosénescence elle-même associée à la susceptibilité
accrue à développer des maladies tumorales et auto-immunes avec
l’avancée en âge [11, 12], ainsi que l’augmentation du recours
aux thérapies immunosuppressives et/ou altérant l’immunité
cellulaire [8, 11, 13, 14]. D’autres facteurs
individuels tels que le sexe, l’origine ethnique, certaines
susceptibilités génétiques, des désordres immunitaires affectant
particulièrement l’immunité cellulaire, les traumatismes physiques,
le stress psychologique voire l’exposition à certaines toxines ont
également été décrits [6].
Si cliniquement, le zona est responsable d’une éruption cutanée
le plus souvent limitée et d’évolution spontanément favorable
[8, 15], il est généralement associé à des douleurs aiguës
suffisamment sévères et prolongées (< 3 mois) pour
interférer avec la réalisation des activités de la vie quotidienne
et altérer significativement la qualité de vie [8, 15-17].
Chez certains, les douleurs ne se résolvent pas et persistent
pendant des mois voire des années. Ces douleurs définissent les
douleurs post-zostériennes (DPZ – si supérieures à
3 mois) qui représentent la complication la plus fréquente du
zona [15]. Les DPZ concernent de 13 à 26 % des patients ayant
un zona selon les études. Ce chiffre s’élève à plus de 50 %
après l’âge de 70 ans [8, 17-19]. Les DPZ sont souvent
invalidantes, déclenchées par un simple effleurement, et altèrent
sévèrement la qualité de vie [16, 17, 20, 21].
L’objectif de cette revue est non seulement de décrire le fardeau
associé au zona dans la population âgée, mais aussi de présenter
l’efficacité des différentes approches préventives actuellement
disponibles.
Le zona : un fardeau individuel mais aussi économique et
social
D’une façon générale, le fardeau associé à une maladie est
traduit par le retentissement de la maladie sur la santé et le
bien-être de l’individu. Cependant, il doit aussi considérer les
aspects économiques et sociaux de sa prise en charge par l’individu
et par la communauté [22]. Nombreuses sont les études
épidémiologiques qui ont pointé le poids ou le fardeau associés au
zona et aux DPZ en décrivant les perturbations personnelles,
sociales et économiques engendrées [16, 17, 20, 21].
Ainsi par une vaste étude observationnelle réalisée dans la
communauté, Chidiac et al. ont mesuré l’impact du zona et de
ses complications sur la qualité de vie des patients [20]. En
analysant près de 7 600 questionnaires de qualité de vie (MOS
SF36), les auteurs ont observé un impact négatif dans toutes les
dimensions de la qualité de vie explorées comparativement à une
population française contrôle appariée sur l’âge et le sexe. Les
valeurs les plus basses des scores étaient observées chez des
patients présentant des DPZ et notamment pour les scores
d’autonomie fonctionnelle et de charge émotionnelle. Un taux de
recours plus élevé aux médecines alternatives était également
mesuré dans ce groupe ; un sujet sur cinq avait eu recours à
l’acupuncture, l’homéopathie ou l’auriculothérapie. Ce résultat
traduit le désarroi de certains face à la difficulté de prise en
charge thérapeutique des DPZ [13, 23]. De façon plus récente,
au Canada, la sévérité des DPZ et leur retentissement sur la
fonctionnalité et la qualité de vie ont été étudiés chez
261 sujets âgés de 50 ans ou plus suivis par
83 médecins généralistes durant 6 mois [24]. Les douleurs
aiguës interféraient avec tous les domaines de la santé explorés
par l’EuroQOL EQ-5D, et spécialement le sommeil (64 % des
patients), la joie de vivre (58 %) et les activités générales
(53 %). La durée moyenne des douleurs était de 33 jours
avec une durée moyenne de limitation fonctionnelle dans la
réalisation des activités quotidiennes comprise entre 27 et
30 jours. Un sujet sur quatre a présenté des DPZ. L’anxiété,
la dépression, la joie de vivre, l’humeur et le sommeil étaient les
domaines de la vie les plus affectés par leur survenue. En milieu
hospitalier cette fois, un travail rétrospectif a considéré
112 cas de zona dont 25 % chez des sujets
> 90 ans et 5 % > 100 ans [17]. Les
douleurs aiguës étaient rapportées chez 92 % des
98 patients vus à la phase aiguë (en moyenne EVA
6,3 ± 2,0). Les DPZ concernaient par contre
14 individus et étaient le motif d’hospitalisation.
L’évaluation fonctionnelle globale selon la MIF (mesure de
l’indépendance fonctionnelle) [25, 26] réalisée à la phase
aiguë et deux semaines après a permis de confirmer le fardeau
fonctionnel associé à la survenue d’un zona. De façon
complémentaire, à partir des données d’activité d’un service
d’urgence et d’un hôpital en Australie, Stein et al. ont
estimé la consommation des ressources hospitalières [21]. Les
consultations au service des urgences pour un zona augmentaient
significativement avec l’âge des patients. Si le taux des
hospitalisations consécutives concernait 6 % des patients
avant l’âge de 59 ans, il s’élevait à plus de 30 % après
80 ans. La durée moyenne de séjour était de 6,8 jours
pour un zona aigu lorsqu’il était le motif d’hospitalisation
(6 jours pour un zona simple et > 14 jours si une
encéphalite était associée). Lorsque le zona se développait en
cours de séjour, la part de la prolongation de séjour qui y a été
attribuée était de 6,1 jours. Dans une étude prospective de
8 mois, conduite auprès de 96 patients avec un zona
vivant à domicile, Scott et al. ont pu estimer le fardeau
économique et social associé au zona et aux DPZ [16]. Ainsi, si les
hospitalisations, les douleurs sévères et les déficits
neurologiques secondaires étaient plus fréquents chez les patients
âgés, les deux tiers des épisodes de zona survenaient chez des
sujets de moins de 65 ans. Bien que la sévérité fÛt moindre
dans ce groupe d’âge, le coÛt global pour la société tendait à y
être plus élevé en raison de la cessation temporaire d’activité
professionnelle occasionnée. Les études économiques ont permis
d’estimer le coÛt annuel du zona et des DPZ à plus de
108 millions d’euros par an en Grande-Bretagne [16, 27].
Les coÛts dévolus à la santé (incluant les médicaments, les
consultations médicales et les hospitalisations) ont été estimés
entre 82 et 220 euros pour chaque épisode de zona et à
860 euros lorsque des DPZ étaient présentes [27].
Comparativement, pour un patient de moins de 65 ans, un
épisode de zona aigu, en prenant en considération l’arrêt
temporaire de l’activité professionnelle, s’élève en moyenne à
585 euros [16].
Peut-on identifier les individus à risque de développer des
complications ou des DPZ ?
Dans une démarche préventive du fardeau associé au zona,
l’identification des sujets à risque de développer des
complications et des DPZ est un élément crucial. Plusieurs facteurs
ont été proposés. Cependant ces facteurs apparaissent soit trop
aspécifiques, soit ils sont les témoins d’une activité virale déjà
importante et alors de détection trop tardive pour permettre une
approche efficace. Ainsi être âgé de 50 ans ou plus, être une
femme, avoir eu des douleurs sévères à la phase aiguë ou des
douleurs prodromales, le caractère disséminé des lésions cutanées,
une virémie détectée par PCR ont été décrits comme des facteurs de
risque de la survenue de DPZ [28]. De façon intéressante, il a été
récemment montré que l’intensité de la réponse immune cellulaire
induite par le VZV ou la vaccination étaient inversement corrélées
au risque de survenue et à la sévérité des DPZ [29, 30].
Inversement, l’intensité de la réponse anticorps était directement
associée [30]. Ces données ouvrent la voie à l’identification de
nouveaux marqueurs biologiques, plus spécifiques, qui permettront
l’indentification des sujets à risque de réactivation du VZV et/ou
de survenue de complications.
La prévention du fardeau associé au zona
La démarche de prévention actuelle vise principalement à limiter
la survenue des DPZ, dont la prise en charge nécessite le plus
souvent le recours à des traitements antalgiques complémentaires
[18, 31]. Cependant, au-delà du retentissement fonctionnel,
physique, psychique et économique des DPZ, l’utilisation des
antalgiques recommandés est souvent délicate voire contre-indiquée,
notamment chez des personnes âgées, fragiles, souvent multimorbides
et déjà polymédiquées [23].
Les deux principaux modes de prévention actuellement disponibles
se basent directement sur la physiopathologie de la réactivation du
VZV. Ainsi, comme les névralgies aiguës et chroniques sont
consécutives à l’intensité de la réplication du virus et à
l’inflammation associée à la migration des particules virales
conduisant aux dommages tissulaires et nerveux [2, 32], la
première approche vise à réduire l’activité virale le plus
rapidement possible et éventuellement à lutter contre
l’inflammation. Ainsi il est actuellement fortement recommandé de
prescrire des antiviraux dans les 72 premières heures de l’éruption
[13, 23].
La seconde est fondée sur la limitation de la réactivation
virale par stimulation de l’immunité spécifique par la vaccination
[9, 10]. En effet, la diminution de l’immunité cellulaire est
la principale cause de la réactivation du VZV chez la personne âgée
et chez les sujets immunodéprimés [11, 33]. Il a été observé
que des contacts réguliers avec le VZV favorisaient, sans
manifestations cliniques, une réactivation de l’immunité cellulaire
spécifique. Des stimulations comparables ont été également
retrouvées chez des sujets immunodéprimés au décours de virémies
silencieuses à VZV [34]. Deux études cliniques réalisées chez des
sujets âgés ont permis de montrer que l’immunité spécifique contre
le VZV pouvait être stimulée par l’administration du vaccin à virus
atténué contre la varicelle [35, 36].
Une approche complémentaire de prévention des DPZ spécifiquement
a également été proposée. Elle consistait en l’association de
médicaments antalgiques aux antiviraux dès l’apparition des lésions
cutanées. Cette approche potentielle est basée sur les résultats
d’un essai randomisé contrôlé incluant 72 patients avec un
zona, âgés d’au moins 60 ans. Ils recevaient 25 mg
d’amitriptyline par jour durant 90 jours ou un placebo [37].
Le traitement était initié dans les 48 premières heures de
l’éruption. Les antiviraux étaient administrés à la préférence du
médecin. Après 6 semaines, la prévalence des DPZ était
diminuée d’environ 50 % dans le groupe traité. Cependant, la
fréquence des hypotensions orthostatiques et les effets
indésirables anticholinergiques associés à la prise
d’antidépresseurs tricycliques limitent fortement une utilisation
systématique, en particulier dans la population âgée. Chez
l’animal, l’administration d’un traitement précoce par gabapentine
a été associée à une réduction de l’incidence de DPZ [38]. Jusqu’à
présent, à notre connaissance, aucune étude clinique chez l’homme
évaluant cette démarche n’est disponible. Les injections
intrathécales de corticostéroïdes ou d’anesthésiques locaux sont
largement utilisées dans plusieurs pays comme traitement du zona,
mais elles apparaissent n’avoir aucun bénéfice dans la prévention
des DPZ [39].
La prescription d’antiviraux dans les 72 premières heures
de l’éruption
Les traitements antiviraux actuellement disponibles (aciclovir,
valaciclovir, famciclovir), débutés dans les 72 premières
heures de l’éruption, sont associés à une réduction de la sévérité
et de la durée des douleurs aiguës. Plusieurs méta-analyses et de
nombreuses études randomisées contrôlées, mais pas toutes, ont
démontré que leur prescription précoce réduisait la durée de la
douleur aiguë d’environ 50 %, et pourrait influencer
l’incidence et la durée des DPZ [18, 40]. L’aciclovir (ACV)
bien qu’ayant un excellent profil de tolérance n’est en réalité que
modérément actif in vitro sur le VZV. S’il a été longtemps
le traitement de référence du zona, sa mauvaise biodisponibilité et
la nécessité de 5 prises par jour ont rapidement incité à
rechercher de nouvelles molécules [41]. En dépit de ces
limitations, l’ACV utilisé dans les 48 à 72 premières heures
de l’éruption a démontré un bénéfice clinique. Dans une
méta-analyse regroupant 4 études contrôlées contre placebo,
l’ACV réduisait la durée des douleurs aiguës, notamment chez les
sujets de 50 ans ou plus [42]. Dans une seconde méta-analyse,
le traitement par ACV réduisait significativement l’incidence des
DPZ à 6 mois de 46 % [41]. Il est cependant important de
relever que dans toutes ces études, près de 20 % des patients
de plus de 50 ans présentaient encore des douleurs après
6 mois [18]. Afin d’augmenter l’effet préventif des antiviraux
par la réduction de l’inflammation associée à la multiplication des
particules virales, Whitley et al. ont étudié l’efficacité
des corticostéroïdes en association à l’ACV dans un essai randomisé
incluant 201 sujets immunocompétents âgés de 50 ans ou
plus. La qualité de vie, le temps de cicatrisation cutanée et
l’incidence des DPZ ont été évalués [43]. Dans le groupe traité, la
durée de l’éruption et le temps de cicatrisation étaient
significativement réduits. La qualité du sommeil, les taux de
retour au niveau d’activité antérieur et d’arrêt des antalgiques
étaient également supérieurs dans le groupe traité comparativement
à l’ACV seul. Il est important de noter que les sujets présentant
une contre-indication à l’utilisation des corticostéroïdes avaient
été préalablement exclus et de nombreux effets indésirables graves
durant l’étude ont été cependant rapportés. Le valaciclovir (VCV),
bien absorbé au niveau du tractus digestif, est rapidement converti
in vivo en ACV avec une biodisponibilité 3 à
5 supérieure à celle de l’ACV. Son efficacité a été démontrée
par Beutner et al. dans un essai randomisé en doubles
aveugle contre ACV chez 1 141 patients immunocompétents âgés
de 50 ans ou plus [44]. Le VCV raccourcissait
significativement la durée des douleurs aiguës et des DPZ en
diminuant significativement la proportion de patients présentant
des douleurs persistantes au-delà de 6 mois (19 vs
26 %).
Le famciclovir (FCV), bien absorbé au niveau gastro-intestinal,
est rapidement converti dans la paroi intestinale et le foie en
penciclovir (principe actif). Trying et al., dans un essai
randomisé contrôlé contre placebo, ont évalué le FCV chez 419
adultes immunocompétents (âge moyen 50 ans) [45, 46]. Le
FCV, bien toléré, accélérait la cicatrisation des lésions et la
résolution des DPZ était deux fois plus rapide. La durée médiane
des DPZ était réduite de 2 mois.
Ainsi, avec un objectif principal de limitation de l’incidence
des DPZ, initiés dans les 72 premières heures de l’éruption,
les trois antiviraux actuellement disponibles ont démontré leur
efficacité en réduisant l’incidence de 50 % environ
[4, 8, 18]. L’effet antalgique sur les douleurs aiguës et
les DPZ apparaît malgré tout plus modeste chez les patients les
plus âgés [4]. L’indication à initier un traitement antiviral
au-delà de la 72e heure n’a pas clairement été
démontrée. Malgré tout, lorsque des nouvelles lésions apparaissent,
l’initiation d’un antiviral doit être discutée [8]. Les
recommandations pour la prescription des antiviraux chez le sujet
âgé sont présentées dans le tableau
1.
Tableau 1 Ajustement des doses des médicaments antiviraux
prescrits dans le traitement du zona chez le sujet âgé
immunocompétent en fonction de la clairance de la créatinine selon
la formule de Cockcroft et Gault.
Adjustment of antiviral drugs prescribed for treating herpes
zoster in immunocompetent old age patients according to creatinine
clearance based on Cockcroft and Gault formula.
| Antiviraux |
Dose/fréquence |
Durée du traitement |
Efficacité |
Notes |
|
| Dose en mg/jour |
Ajustement selon la clairance de
créatininea |
|
| Aciclovir |
800 mg5 x/jour |
> 25 mL/min |
7-10 jours |
Réduction de la douleur et de
l’apparition de douleur post zostériennes |
Efficacité accrue lorsque débuté
dans les 72 heures après l’éruption |
| 4 000 mg/jour |
| 10-25 mL/min |
| 2 400 mg/jour |
| < 10 mL/min |
| 1 600 mg/jour |
| Valaciclovir |
1 000 mg3 x/jour |
> 25 mL/min |
7 jours |
Réduction de la douleur et de
l’apparition de douleur post zostériennes |
Efficacité accrue lorsque débuté
dans les 72 heures après l’éruption |
| 3 000 mg/jour |
| 10-25 mL/min |
| 2 000 mg/jour |
| < 10 mL/min |
| 1 000 mg/jour |
| Famciclovir |
750 mg/jour
ou250 mg3 x/jour |
> 25 mL/min |
7 jours |
Réduction de la douleur et de
l’apparition de douleur post zostériennes |
Efficacité accrue lorsque débuté
dans les 72 heures après l’éruption |
| 750 mg/jour |
| 10-25 mL/min |
| 500 mg/jour |
| < 10 mL/min |
| 250 mg/jour |
a Clairance de créatinine en mL/min :
(140-âge) x poids) x K/créatinine, avec :
K = 1,24 pour l’homme et 1,04 pour la femme ; âge en
années ; poids en kg et créatininémie plasmatique en
μmol/L.
Une vaccination pour la prévention du zona et des DPZ
Dans une vaste étude randomisée contre placebo, Oxman et
al. ont démontré que l’immunité cellulaire spécifique contre le
VZV était non seulement stimulée par le vaccin à virus vivant
atténué Oka/Merk mais diminuait l’incidence du zona de 51 %
[9]. Ce vaccin contient 18 700 à 60 000 unités virales, soit
bien plus que dans le vaccin contre la varicelle. Un des critères
de jugement, sur les 3 années de suivi, était le fardeau de la
maladie. Il s’agissait d’un critère composite associant
l’incidence, la sévérité et la durée des douleurs et l’inconfort
associé au zona [9, 10]. Ainsi la vaccination était associée à
une réduction significative du fardeau de 61 % et de 66 %
de l’incidence des DPZ. La tolérance au vaccin était bonne avec
uniquement des réactions modérées au site d’injection. En cas de
survenue d’un zona malgré la vaccination, l’incidence, la durée et
de l’intensité des DPZ étaient également diminuées. Plus récemment,
la vaccination contre le zona a montré son efficacité dans la
réduction du fardeau fonctionnel associé au zona dans la
réalisation des activités de base de la vie quotidienne et dans
l’amélioration de la qualité de vie ressentie [47]. De façon
complémentaire, il a aussi été démontré que la réponse immune
cellulaire induite par la vaccination était identique voire encore
supérieure à l’immunité induite par la réactivation chez les sujets
âgés de moins de 75 ans [48] et que l’intensité de réponse
immune cellulaire suivant la vaccination ou la réactivation est
associée à la diminution de l’incidence des DPZ [30]. Bien que le
rapport coÛt-efficacité de la vaccination soit constamment remis en
question par l’absence d’information concernant la durée de la
protection vaccinale [49], l’Advisory Committee on Immunization
Practices (ACIP) recommande la vaccination contre le zona pour
la prévention à la fois de la réactivation du VZV et des DPZ chez
l’adulte immunocompétent de 60 ans ou plus. De plus, l’ACIP
recommande que la vaccination puisse être proposée systématiquement
au patient lors des consultations médicales de routine. Le vaccin
n’est actuellement pas recommandé pour les femmes enceintes, les
personnes ayant un déficit immunitaire primaire ou acquis et chez
les sujets prenant un traitement immunosuppresseur. Cependant, les
individus immunosupprimés sont hautement à risque de développer un
zona [33]. Ainsi, la vaccination pourrait être proposée avant toute
situation conduisant à une immunosuppression telle que l’initiation
d’une corticothérapie pour une polyarthrite rhumatoïde, lupus ou
une autre maladie auto-immune, une chimiothérapie anticancéreuse ou
chez les sujets infectés par le VIH à un stade précoce et
asymptomatique ou bien contrôlés sous HAART (highly active
anti-retroviral therapy).
Bien que la disponibilité de ce vaccin pour la prévention du
zona et de ses complications représente un progrès majeur pour les
personnes âgées et vieillissantes, les taux de couverture vaccinale
après la première année de disponibilité aux États-Unis étaient
inférieurs à 2 % chez les personnes âgées de 60 ans ou
plus [50]. Près de 72 % des personnes interrogées signalaient
ne pas avoir été informées de l’existence du vaccin et 78 %
déclaraient qu’ils auraient accepté la vaccination si leur médecin
le leur avait proposée. Les principales raisons associées à ne pas
accepter la vaccination étaient : « la vaccination n’est
pas nécessaire » (35 %), « ne pas se considérer
comme à risque » (13 %), et « ne pas avoir confiance
en la médecine et les médecins » (10 %). Dans leur
conclusion, les auteurs ont proposé des stratégies pour améliorer
les taux de couverture vaccinale dont l’administration combinée
avec d’autres vaccinations courantes, une proposition au cours des
campagnes systématiques de vaccination et la mise en place de
systèmes de rappel automatisés rappelant aux praticiens de proposer
le vaccin à leurs patients non encore vaccinés. De plus, les sujets
de 60 ans ou plus vivant en institution devraient également
être considérés. Bien entendu, lors de l’administration du vaccin
contre le zona, les praticiens sont également invités à vérifier le
statut vaccinal du patient pour tous les vaccins. De plus, les
recommandations officielles en matière de vaccination doivent
impérativement être très largement diffusées auprès de tous les
praticiens [49, 51].
Conclusion
Le zona et ses complications pèsent un lourd fardeau à la fois
sur les individus atteints mais également sur le système de santé
et la société. Si cette revue apporte une estimation de
l’efficacité des mesures préventives actuellement disponibles, elle
renforce l’idée générale que la vaccination est un bon moyen de
prévention des DPZ, mais également le seul moyen de prévention du
zona lui-même. Cependant, elle souligne également que le zona et
les DPZ restent encore un problème médical majeur important pour
l’avenir conduisant à privilégier plusieurs axes de recherche.
L’identification de marqueurs biologiques spécifiques permettant
d’identifier les personnes à risque de développer des DPZ et/ou de
réactiver une infection à VZV devrait être entreprise. Une
meilleure compréhension de la pathogénicité du VZV et des
mécanismes sous-jacents de la latence virale pourrait conduire au
développement des antiviraux plus performants et/ou un vaccin plus
adapté aux sujets immunosupprimés, favorisant par là même une
meilleure protection pour les sujets âgés immunosénescents.
Conflits d’intérêts: aucun.
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