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Alchimie des mots. Action théâtrale au sein du service d’Oncologie du Centre hospitalier de Longjumeau


Bulletin infirmier du Cancer. Volume 11, Number 4, 117-21, Octobre - Novembre - Décembre 2011, Initiative originale



Author(s) : Elisabeth Drulhe, Carine Cotillon, Comédiennes « En corps et en jeu » Réseau Essononco 128, boulevard des Champs Elysées, 91000 Evry À l’origine de ce projet, deux comédiennes, Carine Cotillon et Elisabeth Drulhe de l’association « En corps et en jeu », ont exprimé l’envie d’aller à la rencontre d’un terrain de création théâtrale nouveau. .

ARTICLE

En 2010, Essononco, le réseau de cancérologie de l’Essonne, qui fédère les structures hospitalières essonniennes, a permis au projet Alchimie des mots de se mettre en place. L’action a débuté en novembre 2010 au CHI de Villeneuve- Saint-Georges (adhérant du réseau Essononco), en janvier 2011 au Centre hospitalier de Longjumeau et en mai 2011 à l’Hôpital privé Claude Galien. En 2011, la DRAC et l’ARS soutiennent également ce projet dans le cadre de « Culture à l’hôpital ». Le Conseil général de l’Essonne est également partenaire. Le positionnement de cette équipe artistique n’est pas dans l’art-thérapie. Leur démarche est de réunir et d’intégrer, dans le processus d’une création théâtrale à venir, un public varié (personnel hospitalier, patients et leurs proches) et de prendre en compte chaque individualité pour former une histoire commune qui touche à l’universel. Le lieu de cette exploration créative se trouve dans le milieu hospitalier, un espace singulier, à mi-chemin entre la vie et la mort, où l’émotion intense côtoie un quotidien souvent douloureux. Comment dépasser cet état de fait ? Les comédiennes sont convaincues qu’un service hospitalier est chargé émotionnellement et qu’il est donc propice à l’exploration théâtrale. Le seul moyen est d’amener l’artiste dans cet univers singulier pour y apporter un temps d’évasion… ludique et créatif. Cette action est une étape de travail, une rencontre entre la proposition artistique décrite ci-dessous et un service hospitalier d’oncologie. Elle s’inscrit dans une démarche qui, à long terme, s’étendra à d’autres établissements du réseau Essononco. Outre l’objectif principal de proposer à un service de cancérologie un spectacle vivant (lecture déambulatoire publique), l’action favorise un échange de vécus, une rencontre, hors du contexte de soins habituel, entre le personnel hospitalier, les patients et leurs proches. Elle les convie à verbaliser, énoncer et partager à l’oral et à l’écrit avec d’autres. Contribuer à faire de l’hôpital un lieu de vie ouvert sur l’individu et la cité, donner une restitution de la parole enregistrée et des écrits produits lors des rencontres pour permettre une confrontation avec le public ordinaire d’un théâtre sont également les objectifs de cette aventure.

Le thème de cette action théâtrale

Le frisson, élément du quotidien en service d’oncologie, est le point de départ de cette exploration créative. Présent dans de nombreux moments de la vie, il ouvre de multiples horizons, au-delà même de la mala die : la mémoire, le travail, la famille, le couple, l’enfermement, le bonheur, le plaisir, le rêve, le cauchemar, les cinq sens, le désir, la souffrance, la peur, le sentiment amoureux, l’admiration. Il est le fil conducteur qui permet cette exploration de chacun (soignés, soignants et accompagnants) dans leur intimité et leur imaginaire.

Les outils

La parole et l’écriture des participants sont au centre de ce laboratoire de recherche artistique. C’est en allant vers l’autre (enjeu capital), que le spectacle petit à petit se construit. Professionnels hospitaliers, patients et accompagnants se rencontrent hors du contexte habituel de soin. L’imagination et les vies de chaque personne impliquée dans cette création sont le terrain d’investigation propice à l’écriture des livrets. Pour étendre le champ des possibles et l’exploration, immense, qui s’offre, beaucoup d’outils sont nécessaires : des exercices d’écriture avec contraintes de forme littéraire ou de thèmes, des interviews (dictaphone et/ou caméscope) en groupe ou en individuel, des groupes de discussions, de la musique, de la chanson (du répertoire ou inventée, support ludique à la création), des objets (photo, lettre, instruments de musique, etc.)

L’action « Alchimie des mots » s’organise en deux volets indivisibles

Le projet se veut être une immersion de la compagnie En corps et en jeu au sein des hôpitaux choisis du territoire essonnien et de leur service d’oncologie, avec des rencontres créatives, chantiers d’une création artistique, puis une restitution en ville par un spectacle inventé et nourri de ces rencontres.

L’action débute au sein de la structure hospitalière

Elle se déroule en trois étapes : Six séances collectives ou individuelles regroupant la totalité de notre public (professionnels de santé, patients et proches) sont proposées dans le service d’oncologie. La retranscription des échanges devient texte théâtral, lors des deux lectures. Le public circule dans le service où chaque espace est réinventé (ascenseur, escaliers, office, placard, bureau, toilettes, etc.) au rythme des tableaux proposés. Acteurs et public se retrouvent dans un même espace, sans frontière, sans regard frontal. Les comédiennes circulent et déplacent le public. C’est à la fois un hôpital et un décor de théâtre, transformé selon la scène à voir. Des projections sonores et visuelles sont utilisées. Les acteurs sont mobiles et les images surgissent de toute part. Les regards se croisent sans cesse. Le public est assis, debout, les spectacteurs serrés les uns aux autres. Chacun est tour à tour acteur de l’action ou spectateur passif de ce qui se joue devant lui. Le texte créé est ensuite édité sous forme de livret, donné à chaque participant et laissé en libre consultation au service concerné.

L’action se prolongera ultérieurement dans un théâtre en ville

Après ce travail de terrain mené dans six établissements hospitaliers essonniens, l’équipe artistique démarrera sa création au vue de représentations dans des théâtres essonniens. Les livrets, traces écrites des échanges, seront le support à l’écriture du spectacle. La compagnie démarrera les répétitions pour faire au minimum six représentations dans des structures culturelles essonniennes. L’équipe artistique va regrouper un autre comédien, un musicien et une chorégraphe. Et surtout, l’aventure de cette compagnie professionnelle vise à accueillir sur scène tous les participants qui le souhaiteront.

Quelques chiffres

Centre hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges
41 personnes ont participé à cinq séances : 12 patients/2 proches/27 personnels hospitaliers.
Un public d’environ 50 personnes a assisté aux 2 lectures.

Centre hospitalier de Longjumeau
43 personnes ont participé à cinq séances : 13 patients/5 proches/25 personnels hospitaliers
Un public d’environ 75 personnes a assisté aux 2 lectures.

Hôpital Privé Claude Galien
50 personnes ont participé à six séances : 14 patients/6 proches/30 personnels hospitaliers
Un public d’environ 70 personnes a assisté aux 2 lectures.

Calendrier prévisionnel

Septembre-octobre 2011 : Centre hospitalier Sud Essonne Dourdan-Étampes
Novembre-décembre 2011 : Centre hospitalier d’Orsay
Mars-avril 2012 : Clinique Mousseau à Evry
Mai-Juin 2012 : Centre médical de Bligny à Briis-sous- Forges

Quelques impressions de notre action au centre hospitalier de Longjumeau

Des difficultés rencontrées. Au chemin parcouru
La parole de l’autre, au centre de notre démarche : Comment la provoquer ? Comment la partager ? Comment la restituer ? Autant de questions qui nous ont habité, au fil de nos présences, dans le souci constant d’être à l’écoute sans aller trop loin, de chercher le témoignage intime sans qu’il soit douloureux à livrer, de repenser les paroles échangées sans les trahir… et faire exister ces moments de vie « affectueusement volés » pour revisiter ensemble ces instants qui raisonnent en chacun de nous. Ce projet cherche à confronter deux univers très différents, le jeu théâtral et le milieu du soin. Chaque milieu a ses contraintes propres et pourtant ces deux univers peuvent se côtoyer sans se gêner et bien sûr, s’enrichir l’un l’autre. Une des grandes difficultés réside dans le fait que le théâtre puisse envahir le rythme du service. La notion du respect pour le travail de l’équipe hospitalière était constante. Les lectures déambulatoires ont bien évidement modifié un peu son fonctionnement, mais d’après les retours que le personnel nous a livrés, il semble que cela a été surtout un temps suspendu, pour habiller l’hôpital d’un autre regard. Les lectures ont surpris les visiteurs, le personnel, les patients, beaucoup se sont joints aux spectateurs. Une musique lancée dans un couloir, des images de paysages projetées sur un mur, un groupe qui déambule en dansant, une intimité dévoilée devant un lavabo, sont autant de moments que nous avons vécus ensemble.

La rencontre avec les patients

Elle a lieu au cours de leur soin, durant leur chimiothérapie. Lorsque le patient accepte de partager ce moment extrêmement intime, angoissant et surtout fatigant, le temps semble reprendre un rythme plus rapide. Les patients ont assez facilement parlé et échangé aussi bien en individuel qu’en groupe avec les profesionnels de santé. Écrire a été pour certains plus difficile pour des raisons physiques (grande fatigue, perfusion au bras, etc.). Nous les avons alors soutenus en prenant le relais du stylo. Certains patients ont cependant eu des difficultés à mettre en suspens leur maladie et à parler d’autres choses. Mais le travail sur l’imaginaire ou le souvenir a tout de même su trouver un chemin. La mixité des groupes (professionnels des santé et patients) n’a pas paru gêner les patients ni freiner la richesse de leurs échanges.

La rencontre avec les proches

Aucun rendez-vous n’a pu être pris en amont de l’action avec les proches. Nous les avons toujours rencontrés de façon fortuite, au cours d’une visite à un des patients. Certains ont accepté de participer à un groupe, d’autres ont participé a une interview familiale dans la chambre du soigné. Ce moment partagé autour du frisson a ravivé, entre des parents et leur enfant, entre un frère et une soeur, beaucoup de souvenirs que chacun redécouvrait. La maladie n’avait plus la première place dans ces échanges.

La rencontre avec les équipes soignantes

Celle-ci a lieu durant leur temps de travail. Les équipes hospitalières ont une lourde charge de travail, il ne paraît pas évident pour elles d’accorder du temps à une activité ludique. Dès le début, les professionnels de santé ont su envisager les bienfaits que cette action pourrait avoir sur les patients mais ils n’imaginaient pas qu’elle pourrait être importante pour eux-mêmes. Comme si le personnel n’avait pas besoin de temps d’échanges, de moments ludiques et créatifs, et comme si ces moments étaient du temps perdu. Or, persuadés que ces rencontres permettent à chacun de se voir différemment, de s’enrichir les uns les autres et de s’éloigner un temps de la maladie, nous avions absolument besoin de les rencontrer. Notre projet repose sur la mixité de nos groupes. Certains appréhendaient ce qui allait se passer, et surtout avaient peur de nos attentes. Le théâtre peut faire peur. Dès que le personnel hospitalier a participé au premier groupe, il nous a semblé que leur inquiétude cessait. L’autre réticence concernait, pour les professionnels de santé, la mixité des groupes. Comment se livrer devant des patients dont on s’occupe ? Nous avons proposé des groupes ouverts, chacun pouvant venir et repartir quand il le souhaitait, et pouvant participer activement à son gré. Nous n’avons rien imposé, il s’agit d’un temps d’échange et de recherche, ensemble, où chacun est libre de se dévoiler. Finalement, beaucoup se sont prêtés au jeu, échangeant avec, semble-t-il, assez de liberté sur leurs souvenirs ou acceptant, assez facilement, les contraintes d’écriture proposées. Au fil de nos présences, nous avons senti s’accroître une réceptivité au projet jusqu’à la participation active de plusieurs professionnelles hospitalières (les hommes étaient absents !) aux deux lectures. Nous avons notamment perçu de l’entraide entre les membres de l’équipe soignante pour permettre un roulement dans le travail et offrir du temps à qui le souhaitait pour venir aux séances. Et c’est également grâce à l’organisation du planning que Sylvie Lozano, cadre de santé, a mis en place durant notre présence, que les professionnels ont pu se libérer de leur charge de travail. Nous la remercions infiniment de son aide ainsi que de celle de la psychologue du service Jacqueline Maillard. Toutes deux ont cru en ce projet et ont permis sa réalisation à Longjumeau dans les meilleures conditions. Elles ont su également en parler aux autres services de l’hôpital, ce qui nous a permis de rencontrer beaucoup de personnes différentes et de réunir des membres de plusieurs services lors de la lecture déambulatoire. Ce genre d’action a besoin d’être soutenu par les professionnels de santé du service, c’est même la condition sine qua non.

Témoignages des trois structures où l’action s’est déroulée

Selon nous, cette expérience est unique au sein de l’hôpital, non pas l’art comme thérapie mais l’Art pour l’Art : le théâtre, la lecture. Nous avons eu l’impression de sortir de notre fonction d’infirmiers et d’aller à la rencontre d’un autre monde, différent de notre quotidien. Avec les ateliers, la relation « soignant-soigné » se transforme, la maladie est toujours là, mais elle est reléguée au second plan, nous ne sommes plus là en tant que soignants mais comme citoyens pour partager des moments d’intimité. Il est question de rencontres, de partages, d’émotions, de ressentis, d’imaginations que nous avons échangés avec les patients alors que notre quotidien de soignants ne nous le permet pas toujours.

Enfin, il n’est plus question à l’hôpital uniquement de maladies, de traitements, ou de douleurs, mais juste de moments de vie, de créativité, partagés afin qu’au sein d’une telle institution, un instant unique, une scène théâtrale artistique, un peu de rêves et un peu plus d’humanité se mettent en place … Cette expérience nous permet de constater que nous avons tous en nous une petite âme créative, qui ne demande qu’à être révélée dans un lieu où a priori elle n’aurait pas sa place. Alors pourquoi ne pas la vivre ici justement à l’hôpital ?
(Deux infirmiers)

Voici le petit témoignage que je peux apporter, suite à ma participation à la première séance collective du projet « Alchimie des mots » à l’hôpital de Longjumeau. C’est à la fois un regard personnel mais aussi nourri de ma formation et de mes expériences en psychologie. Ce fut une expérience inédite pour moi de participer en tant que « membre » de ce que je qualifierais être un « groupe de paroles », membre participant au même titre que les autres personnes présentes ce jour et qui étaient venues partager cette expérience. Jusqu’à présent, au travers de mes expériences en tant que stagiaire psychologue au sein des groupes, je me situais plutôt du côté de celle qui « anime »… Expérience inédite donc, et particulièrement enthousiasmante ! Le thème du frisson tout d’abord… C’est un excellent support pour aller bien au-delà de la sensation physique qu’il évoque. Il stimule l’imagination et les représentations, favorise la parole, l’expression de ressentis, l’évocation de situations personnelles à forte charge émotionnelle, dans un contexte sécurisant, de confiance réciproque et de respect mutuel particulièrement enrichissant. Chacun a pu partager avec les autres une petite part de sa réalité, de son monde intérieur, de ses joies, de ses souffrances, de ses espoirs et de ses désirs. Ce fut toujours sincère, souvent émouvant, parfois drôle aussi (beaucoup de rires ont ponctué les échanges). Ainsi, au travers de la démarche que vous avez mise en oeuvre et de la façon dont vous avez animé le groupe, j’ai personnellement expérimenté les effets bénéfiques de ce cadre de paroles et d’échanges : la stimulation certes, l’émergence de liens (liens de pensée, liens aux autres), la créativité, mais aussi l’effet de contenance et d’étayage, et (ce n’est pas le moindre de ses effets) le plaisir partagé.
(Stagiaire psychologue)

C’était une très belle expérience, de voir que tous ensemble, nous pouvons exprimer nos sentiments. Chaque participant a donné un peu de son intimité sentimentale, ce qui donne toute l’importance de ce moment théâtral. La dernière partie était particulièrement riche en émotion, la beauté des mots a très bien accompagné la mise en scène, et à ce moment précis, on ne se sentait plus à l’hôpital. Merci pour toute cette découverte, le concept est très bien établi et réalisé.
(Agent d’entretien)

Quelle belle idée et concept original de réunir autour d’une table patients et soignants avec pour thème les mots (pas les maux) même si les premiers instants sont déstabilisants (le face à face, en laissant notre statut de soignants de côté). Avec plus ou moins de pudeur, de retenue nous avons réussi à formuler des souvenirs, images à partager, réflexions. Dans un deuxième temps, très touchant, émouvant la mise en scène de ces extraits de texte formulés par chacun, en se déplaçant dans le service ensemble. La note finale avec l’écran, la projection d’images, de sons, ont été apaisantes et ont fait oublier un passage difficile, joué dans le noir, parlant de la mort. Merci beaucoup.
(Personnel soignant)

Très beau spectacle. Nous fait partir dans des rêves.
(Aide soignante)

Un moment très agréable. Quelques souvenirs d’enfance revenus en mémoire. Vous avez fait un merveilleux travail.
(Aide soignante)

Les thèmes abordés étaient graves, pourtant l’ambiance et la légèreté avec lesquels ils ont été traités étaient justes. Le moment était agréable et m’a permis de m’évader. Bravo d’avoir réussi à faire passer autant d’émotions et d’avoir restitué nos paroles sans les trahir.
(Psychologue)

Super ! Super-émouvant. Génial. À bientôt…
(Infirmière)

Un seul mot : magnifique, ça m’a donné des frissons ! Merci beaucoup.
(Infirmière)

Quelle variété en un moment si condensé, quelle vie et que d’émotions. Bravo.
(Personnel soignant)

Cela a été très agréable. A recommencer et à demain. Merci
(Une patiente)

Ce moment était annoncé comme un événement. Sans attente particulière, ça a été frissonnant ! Un vrai plaisir. Merci beaucoup.
(Cadre de santé)

Merci ! Merci ! Merci !
(Infirmière)


 

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