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Virologie

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Rôle d’un nouveau coronavirus dans la maladie de Kawasaki Volume 9, numéro 3, MAI-JUIN 2005

Auteur
Laboratoire de bactériologie‐virologie, Faculté de médecine Jacques‐Lisfranc, CHU de Saint‐Étienne

Auteur(s) : S. Pillet

Laboratoire de bactériologie‐virologie, Faculté de médecine Jacques‐Lisfranc, CHU de Saint‐Étienne

Rubrique coordonnée par Dominique Challine <dominique.challine@hmn.aphp.fr>coronavirus, maladie de Kawasaki Récemment, l’épidémie de SRAS a donné un regain d’intérêt pour les coronavirus humains (HCoV) jusqu’alors considérés comme des agents impliqués dans le rhume banal. Leur prévalence en pathologie humaine a été longtemps sous‐estimée, en raison probablement de la culture difficile du virus prototype HCoV‐229E et de l’absence de sa recherche systématique dans les pathologies respiratoires. Cependant, ces virus sont responsables d’infections respiratoires sévères, notamment chez les immunodéprimés, et ont été impliqués dans des encéphalites. Tout récemment, de nouveaux coronavirus humains, HCoV‐NL [1], HCoV‐NL63 [2] et HCoV‐NH [3], ont été isolés en culture à partir de prélèvements respiratoires. Une polémique est née entre laboratoires hollandais et américains qui en revendiquent la paternité puisque la séquence nucléotidique de ces virus semble très similaire  ¡ Leur recherche par RT‐PCR est positive dans 2 à 9 % des prélèvements issus de patients souffrant de pathologie respiratoire [2‐4] et dans plus de 80 % des prélèvements en cas d’infection respiratoire basse sévère [4]. HCoV‐NH a été également retrouvé dans les prélèvements respiratoires d’enfants souffrant de maladie de Kawasaki [5]. L’étiologie de cette vascularite systémique touchant les enfants reste inconnue. Sa survenue sur un mode épidémique, souvent en hiver et au printemps, suggère qu’un agent infectieux pourrait jouer le rôle d’élément déclenchant : la maladie de Kawasaki surviendrait chez des enfants qui élaborent une réaction immunitaire, en particulier T CD8 +, inadéquate en réponse à un agent infectieux. Cette hypothèse infectieuse est renforcée par l’observation rare de cette maladie chez les enfants de moins de 3 mois, probablement protégés par les anticorps maternels. Une infection respiratoire semble précéder l’apparition de la maladie de Kawasaki, élément cependant peu spécifique en raison de la fréquence de ces infections chez les enfants. De nombreux agents pathogènes ont été suspectés… puis innocentés. Dans une étude cas‐témoins, Esper et al. ont recherché HCoV‐NH par RT‐PCR dans les sécrétions respiratoires de 11 enfants souffrant de maladie de Kawasaki et de 22 sujets témoins [5]. HCo‐NH a été retrouvé chez 8 malades (72,7 %) et chez un des témoins (4,5 %). Devant ces chiffres impressionnants, les auteurs concluent à l’implication de HCo‐NH dans la maladie de Kawasaki. Alors simple portage au niveau respiratoire ou rôle physiopathologique réel du HCo‐NH dans la maladie de Kawasaki  ? L’analyse de cohortes plus importantes et des études de séroprévalence permettront d’incriminer ou non ce coronavirus dans la maladie de Kawasaki. Références

1 . Van der Hoek L, Pyrc K, Jebbink MF, et al. Identification of a new human coronavirus. Nature Med 2004, 10 : 368‐73.

2 . Fouchier RA, Hartwig NG, Bestebroer TM, et al. A previously undescribed coronavirus associated with respiratory disease in humans. Proc Natl Acad Sci 2004 ; 101 : 6212‐6.

3 . Esper F, Weibel C, Fergusson D, Landry ML, Kahn JS. Evidence of a novel human coronavirus that is associated with respiratory tract disease in infants and young children. J Infect Dis 2005 ; 191 : 492‐8.

4 . Arden KE, Nissen MD, Sloots TP et Mackay IM. New human coronavirus, HCoV‐NL63, associated with severe lower respiratory tract disease in Australia. J Med Virol 2005 ; 75 : 455‐62.

5 . Esper F, Shapiro ED, Weibel C, Fergusson D, Landry ML, Kahn JS. Association between a novel human coronavirus and Kawasaki disease. J Infect Dis 2005 ; 191 : 499‐502.