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Virologie

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Les Polydnavirus, un exemple unique de machinerie virale domestiquée par des insectes parasitoïdes Volume 24, numéro 2, Mars-Avril 2020

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4

Tableaux

Auteurs
UMR Diversité génomes Interactions microorganismes insectes (DGIMI), Inrae 1333, Université de Montpellier, CC101, place Eugène Bataillon, Montpellier, France
* Correspondant

Les Polydnavirus illustrent un exemple unique d’interactions symbiotiques entre un virus et un organisme eucaryote. Ces sont des mutualistes obligatoires, associés à de nombreuses espèces d’hyménoptères parasitoïdes. Ils sont caractérisés par un génome encapsidé constitué de plusieurs molécules d’ADN et sont nécessaires à la réussite parasitaire. Les particules virales sont produites dans les ovaires à partir d’un corpus de séquences « virales » intégrées au génome de la guêpe. Les associations polydnavirus/guêpe telles qu’observées aujourd’hui résultent d’événements d’intégration de génomes viraux dans le génome des guêpes survenus au cours de l’évolution. Ces dernières années ont été marquées par la découverte des ancêtres viraux des deux types de Polydnavirus connus, les Bracovirus et les Ichnovirus, ce qui a permis d’éclairer en partie l’évolution de la symbiose. Une partie des gènes viraux a été conservée dans le génome du parasitoïde, permettant à ce dernier de produire des particules virales non réplicatives, car contenant un génome constitué essentiellement de gènes dits de « virulence », probablement d’origine insecte. Les Polydnavirus peuvent être considérés comme des éléments endogènes viraux (EVE) qui ont été domestiqués par la guêpe pour devenir au fil du temps une « arme » garantissant sa survie.