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Virologie

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Compartimentation du VIH au niveau du système nerveux central, un modèle d’évolution virale : de la théorie à la clinique Volume 23, numéro 6, Novembre-Décembre 2019

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5
Auteurs
1 Université de Tours,
Inserm U1259,
Tours,
France
2 CHRU de Tours,
Laboratoire de virologie et Centre national de référence du VIH – laboratoire associé,
2 boulevard Tonnellé,
37000 Tours France
* Correspondance

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) infecte l’ensemble de l’organisme humain. La diversité génétique au sein de la population virale d’un individu infecté est considérable et hétérogène. Des sous-populations virales se développent au cours de l’infection, pouvant aboutir au phénomène de compartimentation virale c’est-à-dire à des évolutions indépendantes selon les compartiments anatomiques – organes, tissus ou cellules. La mise en évidence d’une compartimentation repose sur différents tests basés sur l’analyse phylogénétique des séquences des populations virales, la topologie de l’arbre et les distances génétiques. On observe des populations virales compartimentées au niveau du système nerveux central chez près de la moitié des individus infectés par le VIH. C’est notamment le cas lorsque sont présents des troubles neurocognitifs sévères, pouvant aller jusqu’à la démence. Différentes propriétés génétiques et phénotypiques sont associées aux variants VIH compartimentés dans le système nerveux central, en particulier la meilleure capacité à infecter les macrophages. Il s’agit d’un modèle d’étude intéressant de la compartimentation virale compte tenu de l’étanchéité de la barrière hématoencéphalique, de l’environnement cellulaire singulier pour ce virus, et des implications cliniques concernant la physiopathologie de l’infection par le VIH.