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Virologie

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Apoptose et virus : les voies de signalisation de la mort cellulaire et les stratégies virales mises en jeu pour moduler ces voies Volume 5, numéro 5, Septembre - Octobre 2001

Auteur
Institut Pasteur, Département sida et rétrovirus, 28, rue du Dr-Roux, 75724 Paris Cedex 15

L'apoptose est un processus actif d'autodestruction génétiquement contrôlé, qui contrôle notamment l'homéostasie cellulaire, la morphogenèse tissulaire ou le développement et le fonctionnement du système immunitaire. Deux voies principales conduisent à l'apoptose : 1) la voie des récepteurs de mort, représentés par les molécules CD95 et les TNF-R, dont l'oligomérisation conduit à la formation d'un complexe de mort, le DISC, qui active la caspase 8 et recrute les caspases effectrices responsables de la destruction cellulaire ; 2) la voie de la mitochondrie qui, sous l'influence de signaux proapoptotiques, relargue le cytochrome c dont l'association à Apaf1 et à la caspase 9 constitue l'apoptosome, qui activera la caspase 3 puis la cascade des caspases effectrices. Cette deuxième voie est influencée par les membres proapoptotiques (Bax) et anti-apoptotiques (Bcl2, BclxL) de la famille Bcl2. Un grand nombre de protéines virales interfèrent avec les voies de l'apoptose par homologie structurale, mimétisme fonctionnel ou au niveau de la transduction des signaux pro- ou anti-apoptotiques. Ainsi certains virus codent des molécules v-FLIP, qui empêchent le formation du DISC, d'autres codent des analogues anti-apoptotiques de Bcl2, inhibant la voie mitochondriale, ou des inhibiteurs de caspases (CrmA, p35, IAP), bloquant la phase effectrice, d'autres activent les gènes p53, pRB ou la voie des IFN. L'apoptose précoce de la cellule infectée représente un mécanisme de défense de l'hôte, limitant l'abondance des particules virales ; l'apoptose retardée de la cellule hôte permet au virus de se répliquer et de se disséminer, et la suppression de l'apoptose entraîne la latence virale ou l'immortalisation cellulaire.