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Risque cardiovasculaire et maladie d’Alzheimer : rôle de l’hypertension artérielle. De l’épidémiologie aux modèles animaux Volume 28, numéro 1, Janvier-Février 2016

Illustrations

  • Figure 2
  • Figure 1
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5
Auteurs
1 Hôpital Lariboisière, Institut des Vaisseaux et du Sang, 2 rue Ambroise Paré, 75475 Paris cedex 10, France
Inserm U 965 et U970
2 Hôpital Lariboisière, service de physiologie clinique, explorations fonctionnelles, Paris, France
* Tirés à part

Les anomalies cérébrovasculaires sont fréquentes chez les patients souffrant d’une maladie d’Alzheimer ; elles pourraient participer aux manifestations cliniques et à la gravité de la maladie. Les facteurs de risque cardiovasculaires, en particulier l’hypertension artérielle, sont associés au risque de présenter une maladie d’Alzheimer. Pour déchiffrer les mécanismes impliqués dans les relations entre hypertension et maladie d’Alzheimer, nous avons mis au point un modèle murin de souris transgéniques (APPPS1) hypertendues. Elles surexpriment le précurseur de la protéine bêta-amyloïde et la présélinine 1 auxquelles on implante une minipompe osmotique qui délivre une dose hypertensive d’angiotensine 2. À l’âge de 4,5 mois, au stade précoce de la maladie, seules les souris APPPS1 hypertendues présentaient des troubles de la mémoire temporale épisodique. Ce déficit cognitif était associé avec une augmentation du nombre de dépôts amyloïdes corticaux (223 ± 5 versus 207 ± 5 plaques/mm2 ; P < 0,05) et une augmentation par un facteur 2 du niveau de la protéine amyloïde soluble dans le cerveau et dans le plasma. Les souris APPPS1 hypertendues présentaient, de plus, une réduction de 25 % de la densité microvasculaire cérébrale, et de 30 % à 40 % des dépôts amyloïdes périvasculaires, en même temps qu’une diminution de l’expression du VEGFA dans le cerveau, par rapport aux souris APPPS1 normotendues. De plus, le niveau de NO synthétase 1 et 3 et ceux de nitrites/nitrates étaient plus faibles chez les souris APPPS1 hypertendues (respectivement de 49 %, 34 %, et 33 % par rapport aux souris témoins ; P < 0,05). Ces résultats suggèrent que l’hypertension artérielle accélère le développement des altérations fonctionnelles et structurelles liées à la maladie d’Alzheimer, en partie en raison d’anomalies microvasculaires et d’une libération diminuée d’oxyde nitrique.