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Les antioxydants en pathologie cardiovasculaire Volume 18, numéro 4, Avril 2006

Auteur
Laboratoire des Lipides, hôpital de la Pitié, 83, boulevard de l’Hôpital, 75651 Paris Cedex 13, Laboratoire de Biochimie métabolique et clinique (EA 3617), faculté de Pharmacie, 4, avenue de l’Observatoire, 75270 Paris Cedex 06

Les résultats des grands essais cliniques de supplémentation par des vitamines antioxydantes en pathologie cardiovasculaire ont été décevants et n’ont généralement pas mis en évidence d’effet protecteur de ces vitamines, en particulier de la vitamine E. Pourtant, la théorie oxydative de l’athérosclérose, proposée il y a une quinzaine d’années et soulignant le caractère athérogène des lipoprotéines oxydées, avait suscité beaucoup d’espoir dans le domaine des traitements antioxydants. Par opposition aux études de supplémentation, beaucoup d’études d’observation ont montré une association entre la consommation d’antioxydants (en particulier de vitamine E) et un risque réduit de maladie coronarienne ; les sujets consommant un régime riche en fruits et légumes présentent un moindre risque de maladie cardiovasculaire (MCV). Ceci pose donc la question de l’opportunité d’une supplémentation par les antioxydants. Les facteurs pouvant expliquer la relative inefficacité des supplémentations antioxydantes seront discutés dans cette revue. À l’heure actuelle, les données des essais randomisés s’avèrent insuffisantes pour justifier l’établissement de recommandations quant à l’utilisation de la vitamine E à des fins préventives dans les MCV. Un régime équilibré apportant suffisamment de fruits et légumes riches en antioxydants est recommandé, et, même si des essais cliniques ultérieurs montraient un rôle bénéfique indiscutable des supplémentations antioxydantes, celles-ci ne devraient constituer que des traitements adjuvants, la priorité revenant au respect strict des comportements cardioprotecteurs (activité physique, contrôle de la tension artérielle et de la dyslipidémie, limitation des facteurs de risque tels que tabac et obésité).