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L’athérosclérose et le rein Volume 16, numéro 5, Mai 2004

Auteur
Service de Néphrologie, hôpital Broussais et HEGP, 20, rue Leblanc, 75015 Paris, France

L’athérosclérose sténose les artères rénales dans 15 à 30 % des cas, risque corrélé à l’atteinte coronarienne. L’ischémie induit une production d’angiotensine 2 qui par une vasoconstriction de l’artériole glomérulaire efférente préserve longtemps la filtration glomérulaire. L’ischémie doit être soupçonnée en cas d’asymétrie rénale, d’insuffisance rénale apparaissant après un traitement antihypertenseur, surtout par un antagoniste de l’angiotensine, d’une hypertension devenant résistante au traitement, ou devant. la survenue d’œdèmes pulmonaires « flash ». La meilleure méthode de diagnostic est l’écho‐doppler, qui permet aussi d’apprécier l’évolutivité et de prédire si la revascularisation améliorera la fonction rénale, ce qui dépend des index de résistance. L’indication de revascularisation, quand le rein n’est pas atrophique, doit tenir compte du rapport bénéfice\risque de l’angioplastie ou de la chirurgie. En fait la fonction rénale peut rester stable et une majorité de malades meure à court terme d’infarctus du myocarde. La maladie des embolies de cholestérol fait suite à une chirurgie, une angiographie ou une angioplastie des artères d’origine aortique ou à un traitement anticoagulant. Elle peut être spontanée, avec une insuffisance rénale lentement progressive ou évoluant par poussées. La migration de cristaux dans les artères intrarénales de petit calibre les obstrue, puis survient une réaction inflammatoire. Le tableau est celui d’une angéite accompagnée d’un syndrome inflammatoire et d’une éosinophilie. Le diagnostic repose sur les lésions cutanées d’orteils pourpres, de nécroses parcellaires, de livedo des membres inférieurs, la découverte de cristaux au fond d’œil. Les biopsies de peau et de muscle rendent en général inutile la biopsie rénale. Les autres localisations intéressent la circulation mésentérique et encéphalique. Il existe des arguments cliniques et expérimentaux indiquant que l’athérosclérose et la dyslipidémie peuvent à elles seules conduire à des lésions du parenchyme rénal. Un traitement par les statines parait toujours indiqué dans les maladies vasculo‐rénales d’origine athéroscléreuse.