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Gestion du traitement anticoagulant chez la femme enceinte porteuse d'une prothèse valvulaire mécanique Volume 14, numéro 3, Mars 2002

Auteur
hôpital Robert-Ballanger, 93602 Aulnay-sous-Bois.

La gestion du traitement anticoagulant pendant la grossesse d'une femme porteuse d'une prothèse mécanique pose de délicats problèmes. L'hypercoagulabilité contemporaine de la grossesse aggrave nettement les risques thromboemboliques propres à la prothèse, plus particulièrement pour les prothèses mitrales, pour les patientes en fibrillation auriculaire et pendant les périodes d'héparinothérapie. Le traitement anticoagulant entretient un risque hémorragique aussi bien pour la mère que pour l'enfant. Enfin, le risque malformatif propre aux anticoagulants oraux peut se manifester en cas d'usage de ces derniers au cours du premier trimestre par la survenue d'embryopathies coumariniques. Les recommandations internationales proposent actuellement de réserver l'héparinothérapie aux deux dernières semaines de la grossesse. Pour le premier trimestre, le choix entre héparine et anticoagulant oral est déterminé en accord avec la patiente, correctement informée des avantages et risques de chacun des deux produits. Le deuxième trimestre et la majeure partie du troisième se déroulent sous anticoagulant oral. La place des héparines de bas poids moléculaire, dont les avantages sont reconnus dans la plupart des pathologies thromboemboliques veineuses et artérielles y compris pendant la grossesse, est encore très limitée chez les porteurs de prothèse, faute d'études suffisantes dans cette pathologie et son utilisation chez les femmes enceintes porteuses de prothèse n'a été qu'exceptionnellement rapportée.