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Cahiers Santé Médecine Thérapeutique

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Peste : perception, connaissance et contraintes de prise en charge à Madagascar Volume 30, numéro 3, Mai-Juin 2021

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteurs
1 Faculté de Médecine d’Antananarivo, centre hospitalier universitaire Mère-Enfant Ambohimiandra, Antananarivo, Madagascar
2 Faculté de médecine d’Antananarivo, centre hospitalier universitaire Joseph Raseta Befelatanana, service de médecine interne, Antananarivo, Madagascar
* Tirés à part

Une épidémie de peste sans précédent, avec 2 119 cas suspects et un taux de décès de 8,6 %, s’est déclarée à Madagascar en 2017. Les difficultés rencontrées dans la lutte contre ce fléau nous ont incités à étudier quelles étaient la perception, la connaissance et les contraintes de prise en charge de la maladie dans notre environnement. Méthodes :c’est une enquête transversale et descriptive, réalisée à Antananarivo, pendant deux mois, incluant toute personne âgée de plus 18 ans après un échantillonnage en grappe sur les 192 divisions administratives. Résultats :parmi les 210 individus interrogés, 40,7 % n’arrivaient pas à expliquer l’origine de la peste et 18,6 % ne croyaient pas en son existence. Cependant, plus de 90 % connaissaient la gravité, la contagiosité, le mode de transmission et les signes cliniques de la maladie. La lutte contre les rats était une modalité connue par 95,23 % des enquêtés, mais seulement 9,93 % la pratiquaient ; celle contre les puces vectrices était identifiée par 58 % de la population d’étude, et appliquée par 3,3 %. Le traitement injectable a été refusé dans 17,14 % des cas, l’isolement des cas suspects dans 4,28 %, la limitation de la manipulation dans 6,66 %, l’absence de veillée mortuaire dans 8,54 %, l’incinération des cadavres dans 22,38 %, l’inhumation hors caveau familial dans 11,42 % et la non-exhumation dans 14,28 %. Conclusion : la complexitéde la lutte a été surtout liée à des perceptions erronées de la maladie et à des barrières culturelles.