John Libbey Eurotext

Revue de neuropsychologie

MENU

L’infection au SARS-CoV-2 entraîne-t-elle des troubles neuropsychologiques ? Volume 12, numéro 2, Avril-Mai-Juin 2020

Auteurs
1 Laboratoire de Neuropsychologie clinique et expérimentale, Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, Université de Genève, 40 boulevard du Pont d’Arve, 1205 Genève, Suisse
2 Unité de Neurologie cognitive, Service de Neurologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse
3 Faculté de Médecine, Université de Genève, Suisse
* Correspondance

Initialement caractérisé par un syndrome respiratoire aigu, de récentes observations cliniques durant la phase aiguë de l’infection suggèrent que le Covid-19 entraînerait la présence de troubles neurologiques. Ces observations sont étayées par des études de cohorte qui indiquent la présence de troubles neurologiques chez 36,4 % des patients atteints d’une infection sévère au SARS-CoV-2, dans certains cas avant même l’apparition des symptômes respiratoires [1]. L’encéphalopathie est la manifestation neurologique la plus courante observée pendant la phase aiguë, mais l’apparition d’un ou plusieurs AVC a également été observée. Au niveau neuropsychologique, la confusion, un dysfonctionnement exécutif sévère et des fluctuations attentionnelles majeures semblent être les caractéristiques les plus fréquemment observées [2].

Comme nous le verrons dans cet article, bien que les hypothèses étiologiques soient compatibles avec la présence de troubles neuropsychologiques, et que de rares observations suggèrent la présence du virus dans l’endothélium du cerveau et en particulier du lobe frontal, nous ne savons pas encore s’il existe des séquelles cognitives directement liées au Covid-19. S’il y en avait, ces troubles auraient un impact majeur en termes individuels et sociétaux. Or nous n’en connaissons ni les facteurs prédictifs, ni la durée, la nature ou encore leur cinétique.