John Libbey Eurotext

Revue de neuropsychologie

MENU

La singularité du voyage mental dans le temps dans le trouble de stress post-traumatique Volume 14, numéro 4, Volume 14, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2022

Illustrations

  • Figure 1.
Auteurs
Normandie Université, UniCaen, PSL EPHE, Inserm, U1077, CHU de Caen, Neuropsychologie et Imagerie de la mémoire humaine, GIP Cyceron, Caen, France
* Correspondance : L. Charretier

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est considéré comme une véritable « pathologie de la mémoire ». Le syndrome est caractérisé par la présence simultanée d’une hypermnésie des éléments centraux (sensoriels et émotionnels) de l’événement traumatique et une hypomnésie de ses éléments périphériques (contextuels). Cette perturbation mnésique peut modifier la capacité à effectuer un voyage mental dans le temps, c’est-à-dire à constituer un fil conducteur entre les expériences passées et les expériences futures. Plusieurs études ont démontré, dans le TSPT, une difficulté à imaginer et à pré-expérimenter des événements futurs détaillés, positifs et non-reliés au traumatisme initial. Les individus souffrant de TSPT sont dès lors plus susceptibles d’attribuer un rôle central à l’événement traumatique dans leur image de soi, cette expérience devenant un point de référence dans l’organisation de leurs connaissances autobiographiques et dans leur identité. Ainsi, les conséquences mnésiques et psychopathologiques du TSPT peuvent conduire à une rupture entre les représentations personnelles précédemment acquises par le soi pré-traumatique et les représentations de soi actuelles et induire des croyances et des attentes négatives concernant le soi ou le monde extérieur.