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Revue de neuropsychologie

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Activités signifiantes chez des personnes atteintes de troubles neurocognitifs majeurs vivant en institution : l’importance des activités sociales Volume 16, numéro 2, Avril-Mai-Juin 2024

Auteurs
Université de Bordeaux, Inserm U1219, Bordeaux Population Health (BPH) Center, 146 rue Léo-Saignat,33076 Bordeaux cedex, France
* Correspondance : M. Sendra

Pour des personnes présentant un déclin cognitif et fonctionnel progressif et vivant en institution, la poursuite des activités considérées comme signifiantes est complexe. Identifier ces activités s’avère important pour personnaliser leur accompagnement. L’objectif de cette étude est de décrire ces activités au sein de cette population et de déterminer si elles diffèrent en fonction du niveau de sévérité des troubles cognitifs. 203 personnes atteintes de troubles neurocognitifs et vivant dans 13 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ont été divisées en trois groupes selon le niveau d’altération cognitive (modérée, modérément sévère et sévère). Chaque résident devait citer jusqu’à 3 activités signifiantes. Les activités ont été classées en trois catégories : activités sociales impliquant des relations au sein de l’établissement, activités sociales impliquant la famille et activités non sociales. En moyenne, les participants citent 2,55 activités signifiantes. Parmi elles, 56,9 % sont des activités non sociales, 34,5 % sont des activités sociales en lien avec de l’établissement et 8,6 % avec la famille. Le nombre moyen d’activités citées diminue significativement avec la sévérité des troubles (respectivement, 2,79, 2,62, 2,27, p < 0,05). De manière intéressante, les activités non sociales sont de moins en moins citées avec l’avancée des troubles (respectivement 1,18, 1,57, 1,57, p < 0,05) alors que le nombre d’activités sociales (en lien avec l’établissement ou la famille) reste le même dans les 3 groupes d’altérations cognitives. Ainsi, avec l’avancée des troubles, même si les résidents verbalisent moins d’activités signifiantes, l’importance des activités sociales reste inchangée y compris dans la démence sévère.